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Actualités - Opinion

Perspective Le temps de la réflexion Michel TOUMA

Au-delà du brouhaha et des polémiques fiévreuses qui ont marqué la campagne électorale, la voix de la raison, celle de la jeunesse, de la nouvelle élite politique montante, a quand même pu se frayer un bout de chemin à quelques heures du scrutin au Metn. Au cours de la conférence de presse qu’il a tenue samedi soir à Bickfaya, M. Samy Gemayel a su ainsi transcender le déchaînement des passions pour souligner, fort à propos, que lorsque les joutes verbales se seront apaisées, les différentes fractions chrétiennes, aujourd’hui rivales, sont appelées à s’asseoir autour de la même table pour débattre ensemble de l’avenir de la collectivité chrétienne et des moyens de refaire l’unité des divers courants souverainistes chrétiens. Samy Gemayel a effectivement mis le doigt sur la plaie en annonçant la couleur de ce que devrait être la phase postélectorale, indépendamment du résultat définitif du scrutin et du report réel des voix par communauté et par zone géographique. Lorsque les passions se seront apaisées de part et d’autre, il serait particulièrement utile que les responsables et les députés du courant aouniste initient une réflexion profonde sur les raisons qui ont poussé un très grand nombre de jeunes, de cadres, d’universitaires, d’intellectuels, de journalistes et de simples citoyens à adopter une attitude farouchement hostile à l’égard du général Michel Aoun, alors que nombre de ces universitaires, journalistes, cadres et jeunes étaient jusqu’à très récemment des inconditionnels du chef du Courant patriotique libre et certains d’entre eux étaient même à titre personnel très proches du général Aoun. Une telle désaffection qualitative n’est certainement pas due à des considérations politiciennes ou clientélistes. Elle est motivée, à n’en point douter, par la forte contestation provoquée par les alliances contractées depuis près d’un an et demi par le général Aoun et par la ligne de conduite qu’il n’a cessé de suivre depuis son alignement sur le Hezbollah et l’alliance du 8 Mars. Un alignement dont les retombées et les conséquences directes ont des effets qui sont aux antipodes de l’esprit de la révolution du Cèdre et des acquis de l’intifada de l’indépendance. Il ressort des chiffres enregistrés dans les différentes localités du Metn, hier, que ces alliances et ces options nationales suivies par le général Aoun dans le sillage du 8 Mars sont également largement contestées par la base chrétienne. Si l’on exclut en effet le cas particulier de Bourj-Hammoud, où les voix obtenues par le candidat aouniste appartiennent politiquement au parti Tachnag et nullement au CPL, il ressort des résultats du scrutin que le général Aoun a perdu au Metn en deux ans, soit depuis son alliance avec le Hezbollah, une très grande proportion de l’électorat chrétien. Le président Amine Gemayel a, de fait, largement devancé son concurrent dans la quasi-totalité des localités, des villages et des agglomérations du Haut-Metn, du Metn central et du littoral. On est donc très loin du raz-de-marée de 2005 lorsque les candidats aounistes avaient remporté, avec exactement les mêmes alliances électorales qu’hier, plus des deux tiers des suffrages. Les chiffres parlent d’eux-mêmes sur ce plan : le nombre de votants hier a été sensiblement le même qu’en 2005 ; or en 2005, les candidats aounistes avaient obtenu plus de 57 000 voix, contre près de 39 000 hier, avec les mêmes alliances. Ce vote de contestation exprimé par la base populaire rejoint ainsi la désaffection manifestée par une large fraction d’universitaires, d’intellectuels, de jeunes et de cadres. Et c’est ce double message qui devrait offrir matière à réflexion aux députés et responsables du CPL. Comme le soulignait Samy Gemayel, le temps de la réflexion a sonné. La répartition des voix enregistrée hier apporte la preuve dans le contexte présent que nul ne peut désormais se targuer de monopoliser la représentation chrétienne. Puisse un tel résultat inciter les acteurs et leaders concernés à faire preuve de plus de modestie, et surtout de moins de populisme, pour engager enfin un débat, véritable et responsable, sur les grandes options engageant le sort du pays et le devenir des chrétiens.
Au-delà du brouhaha et des polémiques fiévreuses qui ont marqué la campagne électorale, la voix de la raison, celle de la jeunesse, de la nouvelle élite politique montante, a quand même pu se frayer un bout de chemin à quelques heures du scrutin au Metn. Au cours de la conférence de presse qu’il a tenue samedi soir à Bickfaya, M. Samy Gemayel a su ainsi transcender le déchaînement des passions pour souligner, fort à propos, que lorsque les joutes verbales se seront apaisées, les différentes fractions chrétiennes, aujourd’hui rivales, sont appelées à s’asseoir autour de la même table pour débattre ensemble de l’avenir de la collectivité chrétienne et des moyens de refaire l’unité des divers courants souverainistes chrétiens.
Samy Gemayel a effectivement mis le doigt sur la plaie en annonçant la couleur...