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Actualités - Opinion

IMPRESSION Pourquoi ?

Oui, pourquoi a-t-on l’impression de n’avoir rien à dire quand on n’a pas de catastrophe à annoncer ? Quelle loi, sinon notre propre complaisance, nous oblige-t-elle à écouter les sempiternelles vindictes des politiciens locaux au rythme du temps de passage et de parole qui leur est accordé selon l’antenne ? Pourquoi les télés libanaises ne parlent-elles que de politique interne ? Même pour les Libanais, le Liban ne devrait pas être le nombril du monde. Pourquoi n’avons-nous pas conscience de la haute toxicité de ce bain de rumeurs qui nous fait vivre le mal plutôt deux fois qu’une ? Pourquoi nous maintient-on dans la psychose des guerres et la peur du lendemain ? Pour le plaisir de qui acceptons-nous la paralysie mentale qui nous englue en attendant ? En attendant quoi ? Pourquoi les optimistes nous font-ils ricaner ? Pourquoi nous résignons-nous à l’idée d’être promis à toutes sortes de guerres et de massacres ? Pourquoi ne pas demander pourquoi, au lieu de demander quand ? Pourquoi les enfants font-ils exploser des pétards à longueur de journée ? Pourquoi les grands déchirent-ils la nuit de leurs feux d’artifice ? Pourquoi avons-nous besoin du bruit des explosions et pourquoi le silence nous est-il insupportable ? Pourquoi le ciel et l’horizon nous sont-ils suspects ? Pourquoi, au lieu de jouir de l’environnement qui nous est offert, nous acharnons-nous à le lacérer ? Par le soin de qui ce pays est-il devenu une pelote d’épines ? Pourquoi avons-nous ces réactions de commères, haïssant les uns, médisant les autres à l’image de ceux qui prétendent nous déniaiser à la messe du 20h ? Pourquoi acceptons-nous d’entrer dans le jeu de répulsion des masses, alors que nous nous acceptons plutôt bien entre individus ? Pourquoi acceptons-nous l’idée que des complots se trament contre nous de toutes parts, qu’un plan précis, tracé sur un agenda, programme notre fin, alors qu’il est clair que les puissances qui nous mènent ne font que se taquiner à travers nous ? Pourquoi acceptons-nous d’adhérer à la paranoïa collective ? Pourquoi l’immobilier continue-t-il sa flambée dans un pays où peu de gens ont encore envie de vivre ? Pourquoi dit-on qu’il y a tant d’argent dans les banques, alors qu’il y en a si peu sur le marché ? Pourquoi dit-on que personne n’est venu cet été, alors qu’on se bat à nouveau pour les voitures à louer et les cartes téléphoniques ? Nous qui avons toujours su construire et reconstruire, nous qui avons su créer dans la diversité la plus amicale des nations, nous, vous, moi, l’autre... Pourquoi avons-nous baissé, ou plutôt levé les bras ? Pourquoi pour qui cette reddition ? Et jusqu’à quand ? Fifi ABOU DIB
Oui, pourquoi a-t-on l’impression de n’avoir rien à dire quand on n’a pas de catastrophe à annoncer ?
Quelle loi, sinon notre propre complaisance, nous oblige-t-elle à écouter les sempiternelles vindictes des politiciens locaux au rythme du temps de passage et de parole qui leur est accordé selon l’antenne ?
Pourquoi les télés libanaises ne parlent-elles que de politique interne ? Même pour les Libanais, le Liban ne devrait pas être le nombril du monde.
Pourquoi n’avons-nous pas conscience de la haute toxicité de ce bain de rumeurs qui nous fait vivre le mal plutôt deux fois qu’une ?
Pourquoi nous maintient-on dans la psychose des guerres et la peur du lendemain ?
Pour le plaisir de qui acceptons-nous la paralysie mentale qui nous englue en attendant ?
En attendant quoi ?
Pourquoi les optimistes nous...