Je m’adresse à vous aujourd’hui, général Michel Aoun, en tant qu’homme, père et grand-père, et non pas en tant que politicien. Je m’adresse au général que nous avons tant admiré, espéré et attendu quinze ans durant, buvant ses paroles et ses discours empreints de patriotisme et de liberté. Je m’adresse à l’homme à qui nous avons servi de boucliers contre l’aviation syrienne qui menaçait de le tuer, à l’homme qui a su nous faire croire, nous chrétiens, à un Liban libéré de toute
occupation.
Je ne m’adresse pas à l’homme qui, revenu après toutes ces années d’exil, a détruit nos espoirs de revivre libres et indépendants, et qui, livré à ses états d’âme d’homme blessé, s’est allié avec le diable, au détriment du peuple, de ce peuple qui le soutenait. Est-ce ce peuple-là que vous espérez conquérir le jour où vous accéderiez au pouvoir ?
Non, général. Ce peuple attend de vous un geste que l’histoire retiendra, car il viendrait du cœur et non de la raison. Ce peuple attend de vous que vous fassiez taire vos rancœurs et votre hargne, face à la souffrance d’un père qui a perdu son enfant, assassiné à la fleur de l’âge dans d’atroces conditions et à la douleur d’une mère inconsolable. Je ne peux pas croire, général, que la politique ait fait de vous un homme insensible aux malheurs des autres, qui a pu même penser qu’un père puisse « profiter de la mort de son fils » pour accéder à un siège tant disputé. L’auriez-vous fait, général, si vous aviez été dans le même cas ? Ce n’est pas cette image que nous avions de vous.
Croyez-moi, je ne défends aucun parti, aucune faction, aucun homme. Je défends la douleur d’un père qui se voit disputer le triste rôle de remplacer son fils. Lorsque l’on a dû pourvoir au siège laissé vacant par la tragique disparition du regretté Gebran Tuéni, ce fut son père qui reprit tristement ce flambeau, une façon de le consoler de la perte de son fils en perpétuant son nom et son souvenir.
Alors, général, pour ces chrétiens qui espèrent encore entrevoir une dernière lueur d’espoir, pour ce père qui porte encore le deuil de son fils (et qui le portera à jamais), nous vous demandons un dernier geste que seuls les grands hommes savent faire : épargnez une bataille à un peuple qui n’en peut plus d’agoniser, et rendez aux autres le droit qui leur revient.
Seul l’avenir nous dira, général, si vous avez la trempe de ces grands hommes qui ont su un jour se sacrifier pour la survie d’un peuple et pour l’unité de ce pays que vous espérez tant présider un jour.
Lamia SFEIR DAROUNI
Je m’adresse à vous aujourd’hui, général Michel Aoun, en tant qu’homme, père et grand-père, et non pas en tant que politicien. Je m’adresse au général que nous avons tant admiré, espéré et attendu quinze ans durant, buvant ses paroles et ses discours empreints de patriotisme et de liberté. Je m’adresse à l’homme à qui nous avons servi de boucliers contre l’aviation syrienne qui menaçait de le tuer, à l’homme qui a su nous faire croire, nous chrétiens, à un Liban libéré de toute
occupation.
Je ne m’adresse pas à l’homme qui, revenu après toutes ces années d’exil, a détruit nos espoirs de revivre libres et indépendants, et qui, livré à ses états d’âme d’homme blessé, s’est allié avec le diable, au détriment du peuple, de ce peuple qui le soutenait. Est-ce ce peuple-là...
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