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Actualités - Reportage

REPORTAGE Triomphe et pleurs de joie

Les cinq infirmières et le médecin bulgares visiblement fatigués après huit années et demie dans les prisons libyennes, ont été accueillis dans la liesse par leurs familles sur le tarmac de l’aéroport de Sofia à leur descente d’un avion du gouvernement français. « Je n’ai vécu que pour ce moment », a déclaré, larmes aux yeux, l’infirmière Snejana Dimitrova, âgée de 54 ans. Yeux cernés, cheveux grisâtres, cette femme épuisée s’est jetée dans les bras de son fils Ivaïlo et sa fille Paulina en répétant : « Je suis innocente, je n’ai jamais été condamnée. » « Maintenant, j’y crois », a dit son fils Ivaïlo qui, après maintes déceptions, déclarait ne vouloir croire à une libération que s’il pouvait voir et toucher sa mère. À côté d’elle, Valentina Siropoulo, 48 ans, retrouvait son fils, collégien à son départ en Libye dans les années 1990 et désormais étudiant à l’université. « Je suis en Bulgarie, la grande Bulgarie ! » se félicitait le médecin d’origine palestinienne Achraf Joumaa Hajouj récemment naturalisé bulgare. La famille de ce jeune homme qui avait été poursuivie en Libye a réussi à émigrer aux Pays-Bas en 2004. Achraf qui a partagé pendant huit ans le sort des infirmières a finalement pris la nationalité bulgare pour profiter de l’accord bulgaro-libyen permettant une extradition. Les familles éprouvées, qui avaient attendu toute la nuit à l’aéroport l’arrivée de leurs proches, ballottées entre espoir et désespoir, ont couru vers les cinq femmes à leur descente d’avion. Les deux filles âgées d’une vingtaine d’années de Valia Tcherveniachka, 55 ans, entouraient leur mère et ne laissaient personne s’en approcher. Portant une belle robe rouge, la mère de Kristiana Valtcheva, Zorka Anatchkova, a tenu à embrasser chacune des infirmières. « Je les aime toutes, elles ont vécu ensemble un grand malheur », disait-elle. « Nous avons été informées de notre libération à quatre heures du matin. À six heures, nous avons traversé la grande porte de la prison Djoudeida. Je n’éprouvais rien. Même maintenant, je suis comme dans un rêve », a déclaré d’une voix claire Kristiana Valtcheva, 48 ans. Les plus hautes institutions bulgares et les principaux dirigeants des partis politiques étaient présents à l’aéroport de Sofia, fleurs à la main. « La certitude de mon innocence m’a fait tenir en prison » « Ce qui m’a fait tenir pendant toutes ces années, après ces tortures horribles, cette incertitude, ces verdicts, c’était la certitude dans mon for intérieur d’être innocente, et le fait que nous ne pouvions pas accepter toutes ces accusations qui avaient été créées artificiellement », a expliqué Valentina Siropoulo, une des cinq infirmières bulgares quelques heures après son retour à Sofia. Interrogée sur les circonstances de leur retour au pays, elle a raconté qu’ils avaient été prévenus à la dernière minute. « Nous dormions, on nous a dit d’être prêtes en deux-trois heures. Nous nous sommes levées (...), nous ne savions pas ce qui arrivait. On se demandait si c’était vrai, si ce n’était pas un nouveau mensonge », a-t-elle raconté. « Lorsqu’un diplomate bulgare s’est présenté dans la prison, nous avons été rassurées. À 6h25 (heure locale), nous étions déjà dans l’avion français (...). Nous sommes partis presque sans nous en rendre compte et nous voilà en Bulgarie », s’est-elle réjouie. Lors du voyage de retour à bord d’un avion du gouvernement français, « tout le monde était très gentil avec nous, les gens comprenaient que notre état était précaire, ils se sont comportés très aimablement, très gentiment », a-t-elle précisé.
Les cinq infirmières et le médecin bulgares visiblement fatigués après huit années et demie dans les prisons libyennes, ont été accueillis dans la liesse par leurs familles sur le tarmac de l’aéroport de Sofia à leur descente d’un avion du gouvernement français. « Je n’ai vécu que pour ce moment », a déclaré, larmes aux yeux, l’infirmière Snejana Dimitrova, âgée de 54 ans. Yeux cernés, cheveux grisâtres, cette femme épuisée s’est jetée dans les bras de son fils Ivaïlo et sa fille Paulina en répétant : « Je suis innocente, je n’ai jamais été condamnée. » « Maintenant, j’y crois », a dit son fils Ivaïlo qui, après maintes déceptions, déclarait ne vouloir croire à une libération que s’il pouvait voir et toucher sa mère. À côté d’elle, Valentina Siropoulo, 48 ans, retrouvait son...