La Syrie a indiqué à l’émissaire de l’ONU au Proche-Orient qu’elle serait prête à envisager une évolution de ses relations avec l’Iran, le Hezbollah et le Hamas si des progrès étaient réalisés sur la voie d’un règlement de paix avec Israël.
Dans un entretien accordé hier à Reuters, l’émissaire Michael Williams a dit avoir fait part de ses « impressions » aux dirigeants israéliens après les consultations qu’il a menées ces derniers mois auprès des autorités syriennes.
Israël a proposé des pourparlers directs sur la restitution du Golan, plateau conquis en 1967, à condition que le président syrien Bachar el-Assad rompe les relations de Damas avec l’Iran et les groupes palestiniens et libanais hostiles à l’État hébreu.
Williams a cependant reconnu que la méfiance profonde qui persiste de part et d’autre ne facilitait pas la relance du processus de paix. « La partie syrienne dit en substance : “Regardez, le travail est fait. C’est dans la boîte. Les grandes questions comme l’eau, la sécurité, les droits de passage ont déjà toutes été étudiées, débattues de fond en comble. Donc, si des négociations reprenaient, nous serions peut-être en mesure de progresser pour de bon” », a noté Williams. Un responsable du ministère syrien des Affaires étrangères a estimé récemment qu’Israël et la Syrie avaient résolu 85 % des problèmes au fil des négociations passées. Mais le président américain George Bush a montré peu d’intérêt pour le dossier israélo-syrien, ce qui limite les perspectives de paix.
Williams a en outre jugé « quelque peu excessive » l’appréciation syrienne selon laquelle un accord serait « dans la boîte ». « C’est difficile. On observe chez les deux parties une gaucherie qui découle de ce qu’ont été leurs relations pendant soixante ans. Il est très difficile de dissiper les soupçons et les antipathies qui en résultent », a-t-il déclaré.
Les pourparlers israélo-syriens se sont interrompus en 2000 sans avoir permis de résoudre le problème du Golan, occupé durant la guerre des Six-Jours de 1967 et annexé en 1981, initiative non reconnue sur le plan international.
Williams a rendu compte en juin au Premier ministre israélien Ehud Olmert des discussions qu’il avait eues à Damas. Israël cherche à « prendre la température de l’eau » en vue d’une reprise éventuelle des négociations, a indiqué Williams en disant profiter de son rôle d’intermédiaire pour tenter de « clarifier pour chacun ce (qu’il percevait) comme le point de vue de l’autre ». « Je crois que les deux parties peinent à se faire chacune une idée de l’autre », a-t-il ajouté.
Concernant les conditions posées par Olmert pour un retour sur la voie des négociations, à savoir une rupture avec l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, Williams a indiqué : « L’impression que j’ai retirée de ma visite à Damas est que si l’on progresse vers la mise en place d’une voie de la paix, on verrait changer l’attitude syrienne sur les trois points – Iran, Hezbollah et Hamas. » L’émissaire n’a pas précisé comment ces indices lui étaient parvenus ni jusqu’à quel point il les prenait au sérieux.
Mohammad Muslih, professeur d’université et spécialiste des affaires syriennes, estimait le mois dernier que Damas résisterait à toute pression ayant pour objet de l’amener à rompre avec l’Iran, le Hezbollah et le Hamas à titre de condition préalable à des pourparlers. Il ajoutait cependant que si l’État hébreu faisait des concessions dans des négociations, la Syrie se montrerait « plus que disposée » à modifier ses relations avec l’Iran.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Syrie a indiqué à l’émissaire de l’ONU au Proche-Orient qu’elle serait prête à envisager une évolution de ses relations avec l’Iran, le Hezbollah et le Hamas si des progrès étaient réalisés sur la voie d’un règlement de paix avec Israël.
Dans un entretien accordé hier à Reuters, l’émissaire Michael Williams a dit avoir fait part de ses « impressions » aux dirigeants israéliens après les consultations qu’il a menées ces derniers mois auprès des autorités syriennes.
Israël a proposé des pourparlers directs sur la restitution du Golan, plateau conquis en 1967, à condition que le président syrien Bachar el-Assad rompe les relations de Damas avec l’Iran et les groupes palestiniens et libanais hostiles à l’État hébreu.
Williams a cependant reconnu que la méfiance profonde qui persiste de...