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Actualités - Analyse

ENTREPRISE Conservation, entre art et commerce

« Conservation » SARL, comme son nom l’indique, est une société qui s’occupe de conseil et d’intervention dans les domaines de la conservation/restauration de matériel archéologique, historique et moderne, la conservation préventive des biens culturels et leur présentation au public. Conservation a rapidement élargi son champ d’activités pour diversifier sa base clientèle. Cette dernière était formée essentiellement du secteur public, puisque par définition ce secteur est responsable de la préservation du patrimoine national. Désormais, la société s’occupe de la préservation et de la conservation d’objets qui appartiennent à des particuliers et qui ont une valeur sentimentale, ainsi que de la restauration de tableaux de peinture. Contrairement à ce qu’on est enclin à croire, les Libanais sont des collectionneurs d’objets rares de toutes sortes : verres, céramiques, porcelaines, etc. Conservation, fondée par Isabelle Skaff en 2002, essaie d’asseoir sa compétence et de construire son image. La mission de la société n’est pas évidente dans un pays où, d’une manière générale, le travail manuel n’est pas valorisé. La pari, qui était risqué il y a encore quelque temps, va à la longue se révéler payant. C’est que l’approche des Libanais du métier de conservateur/restaurateur a évolué. Les Libanais sont aujourd’hui prêts à rémunérer un travail professionnel de conservation, qui est une entreprise unique loin de toute standardisation. « À présent, les clients sont conscients que travailler avec Conservation coûte plus cher que de travailler avec des artisans », souligne Isabelle Skaff, qui ajoute qu’en contrepartie, les clients ont une garantie de durée dans le temps pour l’objet restauré et préservé. Aussi le maître mot dans les interventions du conservateur/restaurateur est-il la réversibilité de la manœuvre. C’est que le professionnel dans le domaine ne peut et ne doit pas hypothéquer l’objet restauré pour les générations futures. Il faut permettre aux professionnels de l’avenir d’intervenir une nouvelle fois, si le cas se présente, aisément et sans occasionner de dommages. « L’image fait venir. Mais si elle n’est pas au niveau, elle reste du one shot », martèle Isabelle Skaff. Conservation a opté pour la politique des petits pas, mais des pas sûrs. Si Isabelle Skaff est décidée à valoriser au mieux son investissement, elle ne va pas le faire à n’importe quel prix. La fondatrice de Conservation avoue que certains clients s’étonnent du fait qu’elle refuse parfois des projets de travail. La finalité de l’entreprise est coordonnée entre l’opérateur et le propriétaire de l’objet, mais le choix de la technique à utiliser relève exclusivement de l’opérateur. Les experts de Conservation interviennent dans le cadre des dispositions rigides des conventions internationales d’éthique dans le domaine. Il est inconcevable pour la société de restaurer, à titre d’exemple, un objet à partir de fragments d’objets divers. D’où une sélection éclectique des projets à retenir. Même si le service fourni est « nickel », la critique n’est pas toujours du côté du conservateur/restaurateur. « Il s’agit d’un choix et tout choix est discutable », souligne Isabelle Skaff. Le conservateur/restaurateur a-t-il une âme plutôt d’artiste ou de commerçant ? « Ni tout à fait l’un ni tout à fait l’autre », dit-elle. C’est que l’intervention est une intervention technique et scientifique. Il ne s’agit nullement d’une opération d’embellissement ponctuelle. Le métier de conservateur/restaurateur est-il rentable ? La réponse de la fondatrice de Conservation est sans aucune ambiguïté. Oui, l’entreprise est rentable, s’il y a des projets. Liliane MOKBEL
« Conservation » SARL, comme son nom l’indique, est une société qui s’occupe de conseil et d’intervention dans les domaines de la conservation/restauration de matériel archéologique, historique et moderne, la conservation préventive des biens culturels et leur présentation au public. Conservation a rapidement élargi son champ d’activités pour diversifier sa base clientèle. Cette dernière était formée essentiellement du secteur public, puisque par définition ce secteur est responsable de la préservation du patrimoine national. Désormais, la société s’occupe de la préservation et de la conservation d’objets qui appartiennent à des particuliers et qui ont une valeur sentimentale, ainsi que de la restauration de tableaux de peinture. Contrairement à ce qu’on est enclin à croire, les Libanais sont des...