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Actualités - Opinion

Sur la ligne de front

D’erreurs de calcul en obstructionnisme délibéré, de soumission à des agendas régionaux en blocages systématiques, ils ont ouvert la voie au pire des forfaits : l’irruption au cœur de notre existence d’une mafia planétaire qui a pour nom terrorisme. Un monstre qui s’incruste dans notre âme, qui plonge dans notre inconscient, qui détermine nos moindres faits et gestes. Du sit-in « innocent » du centre-ville à la grande peur, à l’angoisse qui conditionne désormais notre quotidien, la finalité est la même, l’objectif, à quelques nuances près, similaire : paralyser les institutions, induire une implosion qui enfouirait dans les oubliettes de l’histoire le fameux « miracle libanais », le « Liban message » tant de fois célébré, tant de fois assassiné. « Oui », il y a complicité de crime, « oui », il y a alliance objective avec les terroristes. Quand une nation est menacée dans son existence, quand des hordes sauvages lui déclarent la guerre, les conflits internes, les rancœurs, les frustrations propres à toute vie politique sont naturellement, automatiquement rangés au placard. Une seule urgence doit alors prévaloir : faire bloc, résister en rangs unifiés, colmater les brèches à travers lesquelles l’ennemi pourrait s’engouffrer. Or, en ce Liban si riche mais ô combien victime de ses pluralités, c’est le scénario, le processus inverses qui sont privilégiés : l’État est attaqué, sus donc à l’État, l’Exécutif est affaibli, haro donc sur l’Exécutif, et l’on assiste alors à la plus folle des aberrations : l’hydre terroriste nourrie par ceux-là mêmes qu’elle s’apprête à dévorer. Attitude suicidaire ? Pire : une dramatique erreur de calcul qui coûtera cher, un jour ou l’autre, à ses auteurs, des apprentis sorciers aveuglés par le tourbillon de leurs vaines ambitions. Répétons-le, n’arrêtons pas de le rappeler : le monde, aujourd’hui, est engagé dans une guerre sans merci contre le terrorisme, une guerre où les armes classiques sont balayées comme fétus de paille. Des pays arabes et musulmans à l’Occident laïc ou chrétien, les exemples foisonnent, les preuves sont assénées, exhibées dans des bains de sang. Et le Liban se retrouve, bien malgré lui, à son corps défendant, aux avant-postes de la bataille. Une première ligne de défense dans une région transformée en vivier de « fous d’Allah », d’islamistes renégats, de mercenaires au service d’États voyous qui mènent leur combat au nom de la cause palestinienne, une cause qu’ils ont fourvoyée sur les sentiers de la délinquance, de la déliquescence. Terrorisme à visages cachés à Khiam, hallucinés du Fateh el-Islam à Nahr el-Bared, assassins en errance du Nord au Sud, le Liban est quasiment sur la ligne de front. La communauté internationale en est pleinement consciente qui a clairement affiché sa détermination à ne pas laisser le pays du Cèdre tomber sous les coups des criminels, à ne pas se laisser intimider par les tireurs de ficelles cachés dans leurs bunkers ou installés dans leur fauteuil de despote. Assistance à pays en danger, mais aussi politique préventive à l’échelle planétaire pour empêcher l’extension du fléau : si la première ligne de défense est enfoncée, ce sera alors l’engrenage, la traînée de poudre qui ne manquera pas de traverser les océans, de tenter de rééditer le cataclysme du 11 septembre. La découverte, vendredi dernier à Londres, de deux voitures piégées, l’attentat survenu le lendemain à Glasgow ont sonné comme un double avertissement : l’internationale terroriste est en marche et ses bases restent actives, celles-là mêmes qui s’étaient déjà manifestées il n’y a pas longtemps à Madrid, mais également dans la capitale britannique. Pour traquer, pour éradiquer cette internationale du crime, il faut aller à la source, il faut cibler les commanditaires, les manipulateurs, les « faciliteurs », les mêmes qui prennent le Liban en otage. À ce jour, la politique du dialogue a démontré ses limites : les terroristes sont encore plus terroristes et les États voyous encore plus voyous. D’où la nécessité de passer à la vitesse supérieure : généraliser et renforcer la politique des sanctions, frapper là où ça fait mal, où ça fait réfléchir et, surtout, tracer des lignes rouges, donner aux pays menacés les moyens de se défendre. Si le Liban tombe aujourd’hui, plus rien n’arrêtera la déferlante terroriste, plus rien ne ramènera la stabilité dans la région. Le monde a d’ailleurs pris la mesure du danger et commence à agir en conséquence. Mais les Libanais, tous les Libanais, en ont-ils seulement conscience ? La réponse se trouve sur les hauteurs dédaigneuses de Baabda, au Parlement verrouillé par oukase présidentiel, au sit-in cancérigène du centre-ville. Une triple prise d’otages qui frappe ses auteurs du sceau de l’imposture. Nagib AOUN
D’erreurs de calcul en obstructionnisme délibéré, de soumission à des agendas régionaux en blocages systématiques, ils ont ouvert la voie au pire des forfaits : l’irruption au cœur de notre existence d’une mafia planétaire qui a pour nom terrorisme. Un monstre qui s’incruste dans notre âme, qui plonge dans notre inconscient, qui détermine nos moindres faits et gestes.
Du sit-in « innocent » du centre-ville à la grande peur, à l’angoisse qui conditionne désormais notre quotidien, la finalité est la même, l’objectif, à quelques nuances près, similaire : paralyser les institutions, induire une implosion qui enfouirait dans les oubliettes de l’histoire le fameux « miracle libanais », le « Liban message » tant de fois célébré, tant de fois assassiné.
« Oui », il y a complicité de crime, « oui...