Un semblant de souhait dément, à l’approche de la présidentielle : tenir compte des premiers concernés par les élections, les Libanais eux-mêmes, dans ce pays démocratique qui est le nôtre. En dehors des contraintes d’ordre politique, affiliations, allégeances, associations, adhérences, attirances de tout genre, en réalité, quelles sont les attentes du commun du peuple ?
Le peuple veut d’abord que sa sécurité soit préservée à l’intérieur de son territoire, simple règle de survie ! Mais encore, que les frontières soient contrôlées, qu’il n’y ait plus de contrebande d’armes qui nous tombent du ciel – ou carrément de Dieu –, comme par miracle.
Le peuple veut pouvoir vivre et travailler décemment, trouver un emploi digne et équivalent à l’investissement de tant d’années d’études. Pourvoir aux besoins de ces familles, dont le pouvoir d’achat baisse vertigineusement. Ne plus être tenté, continuellement, par l’émigration.
Le peuple veut pouvoir éduquer ses enfants dans des écoles et universités de qualité, sans se demander quand viendra le jour où l’interruption des études sera une nécessité, faute de moyens financiers.
Le peuple veut une égale et équitable contribution de tous aux frais de la vie quotidienne (électricité, eau, etc.) et non pas que ce fardeau soit assumé par une partie, une seule, de la population.
Le peuple veut une protection sociale et médicale juste et indépendante de la volonté des bienfaiteurs ou de la fortune des infortunés.
Le peuple veut le développement humain et économique de son pays. Le potentiel y est, il suffit de créer les opportunités.
Le peuple veut accéder aux loisirs sans avoir à s’endetter pour cela.
Le peuple veut participer à la vie politique, avoir droit à l’expression, sans avoir peur des conséquences fâcheuses et fatidiques de cette participation.
Le peuple veut de ses dirigeants des comptes : l’origine de leurs richesses, la déclaration de leurs fortunes, leurs projets et leurs bilans, leurs corrections de tir.
Le peuple veut des politiciens qui ont du courage. Dont celui de se rebeller contre le versement à vie d’indemnités parlementaires accordées aux anciens députés et à leurs héritiers.
Le peuple veut enfin vivre, comme tous les peuples du monde, en paix, avec des droits et devoirs bien tracés et, pour une fois, respectés.
Pour cela, le peuple réclame un président intègre, compétent, impartial et sensé, qui ne soit pas à la traîne des grandes promesses, ni soudoyé par elles, ou aveuglé par ses propres intérêts. Un homme de parole et de bonne volonté, qui sache trancher, quand il le faut, avec les personnes qu’il faut, au moment qu’il faut. Que son oui soit un vrai oui et son non un vrai non. Qu’il sache travailler pour le bien de ce peuple qui ne demande qu’à vivre et sans qui, un président n’aurait nulle raison d’exister !
Sera-t-il jamais écouté, ce peuple, laissé-pour-compte ?
Carla ARAMOUNI
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