Finance
Les États-Unis ménagent une nouvelle fois la Chine sur le yuan
le 14 juin 2007 à 00h00
Dans un rapport publié hier par le Trésor, les États-Unis se sont une nouvelle fois abstenus d’accuser la Chine de manipuler sa devise, malgré les appels de plus en plus pressant aux États-Unis pour sanctionner Pékin.
Cependant, le rapport a considérablement durci sa rhétorique sur les risques « d’atterrissage brutal » que court l’économie chinoise.
« Bien que la monnaie chinoise soit sous-évaluée, la Chine ne répond pas aux critères » permettant de la classer parmi les pays manipulant leur taux de change, a estimé le Trésor dans son rapport semestriel très attendu sur les changes.
D’ailleurs, aucun pays ne satisfait à ces critères, a ajouté le rapport.
« Le Trésor n’a pas pu déterminer si la politique de taux de change de la Chine était menée dans le but d’empêcher la balance des paiements de s’équilibrer ou de s’octroyer un avantage compétitif déloyal dans le commerce mondial », ajoute le rapport.
Le rapport se contente d’exhorter Pékin à « prendre des mesures plus vigoureuses pour rééquilibrer son économie, promouvoir un mouvement immédiat du yuan afin de s’attaquer à la sous-évaluation de la monnaie et atteindre une flexibilité beaucoup plus grande des taux de change ».
Quelques heures avant la publication de ce rapport, la Chine avait pressé les États-Unis de « ne pas politiser » la question du yuan.
Mais ce constat devrait décevoir les industriels et parlementaires américains qui sont de plus en plus nombreux à appeler à des sanctions plus musclées contre la Chine. L’accuser de manipuler sa politique de change aurait pu ouvrir la voie à des mesures de rétorsion commerciales.
Dans la foulée du rapport du Trésor, quatre sénateurs américains ont présenté hier un projet visant à « s’attaquer aux monnaies sous-évaluées qui affectent le commerce et les intérêts économiques américains », ce qui vise en filigrane la Chine.
Le rapport donne toutefois un avertissement beaucoup plus musclé sur les risques que court l’économie chinoise.
« La hausse rapide des investissements et de la croissance au premier trimestre 2007, et l’accélération de l’inflation ont renouvelé les inquiétudes sur les risques de surchauffe, de surcapacité industrielle (...) et de bulles des actifs », égrène le rapport.
« Si ces conditions venaient à disparaître rapidement, cela pourrait conduire à un atterrissage brutal de l’économie chinoise », ajoute le Trésor.
La croissance chinoise a atteint 11,1 % au premier trimestre, et ses forts déséquilibres inquiètent le reste du monde qui voudrait voir la Chine dépendre moins des exportations et plus de sa demande intérieure.
De plus, « ces tendances augmentent incontestablement le risque d’un nouveau cycle d’expansion et de contraction » de l’activité, « ce qui pourrait fortement affecter l’économie mondiale », ajoute le rapport.
Les Bourses mondiales avaient dégringolé en février, notamment à la suite d’inquiétudes sur la formation d’une dangereuse bulle boursière en Chine.
Dans un rapport publié hier par le Trésor, les États-Unis se sont une nouvelle fois abstenus d’accuser la Chine de manipuler sa devise, malgré les appels de plus en plus pressant aux États-Unis pour sanctionner Pékin.
Cependant, le rapport a considérablement durci sa rhétorique sur les risques « d’atterrissage brutal » que court l’économie chinoise.
« Bien que la monnaie chinoise soit sous-évaluée, la Chine ne répond pas aux critères » permettant de la classer parmi les pays manipulant leur taux de change, a estimé le Trésor dans son rapport semestriel très attendu sur les changes.
D’ailleurs, aucun pays ne satisfait à ces critères, a ajouté le rapport.
« Le Trésor n’a pas pu déterminer si la politique de taux de change de la Chine était menée dans le but d’empêcher la balance des paiements...
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