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Actualités - Opinion

IMPRESSION Antidotes

Qui a tort ? Qui a raison ? Qui est responsable ? Qui est coupable ? De qui subissons-nous la loi ? De quoi cherche-t-on à nous punir ? Pourquoi la vie du citoyen libanais dérange-t-elle tant de monde ? Pourquoi son aspiration élémentaire à travailler, se déplacer librement, élever ses enfants, profiter de ses loisirs le rend-elle passible de meurtrières sanctions ? À peine oublions-nous l’acharnement du sort que la terre nous redevient étroite et le ciel pesant. Nous ne sortons la tête de l’eau que pour prendre le souffle qui nous aidera à tenir en apnée jusqu’à la prochaine trêve. Nos énergies mentales se perdent en conjectures. Rendu monomaniaque, chacun ressort ses grigris. Une médaille, un souvenir, une petite chose chargée de bonnes ondes pour mieux traverser les embouteillages aux heures de pointe. Pour conjurer le silence des rues quand tout le monde se terre. Pour que les enfants rentrent vite de l’école avant qu’il y ait malheur. On ne s’habitue pas à la peur. On vit avec, mais cette cohabitation est toxique. Elle scie les jambes, annihile la volonté, efface les repères, fige le sang, serre le cœur, ronge les entrailles. La peur est le voyant d’urgence que la vie allume quand elle est menacée. Mais aussitôt, le voyant se transforme en veilleuse. On se protège, on ne vit plus. On rampe dans une pénombre de l’esprit où résonnent les échos sinistres du journal télévisé et les sirènes des patrouilles. La peur a ses antidotes. La foi bien sûr, ou bien une forme de fatalisme, seul privilège des peuples d’Orient. Se dire qu’on ne meurt qu’à son heure. Sortir, faire face, pousser le bouchon plus loin que de raison. À force de prendre sa chance au culot, on finit par y croire. Il y a quelque chose de jouissif dans ces overdoses d’adrénaline. Elles vous décuplent la vie. Cela s’appelle sur-vivre. C’est le combat des sous-vivants. Fifi Abou Dib
Qui a tort ? Qui a raison ? Qui est responsable ? Qui est coupable ? De qui subissons-nous la loi ? De quoi cherche-t-on à nous punir ? Pourquoi la vie du citoyen libanais dérange-t-elle tant de monde ? Pourquoi son aspiration élémentaire à travailler, se déplacer librement, élever ses enfants, profiter de ses loisirs le rend-elle passible de meurtrières sanctions ? À peine oublions-nous l’acharnement du sort que la terre nous redevient étroite et le ciel pesant. Nous ne sortons la tête de l’eau que pour prendre le souffle qui nous aidera à tenir en apnée jusqu’à la prochaine trêve. Nos énergies mentales se perdent en conjectures.
Rendu monomaniaque, chacun ressort ses grigris. Une médaille, un souvenir, une petite chose chargée de bonnes ondes pour mieux traverser les embouteillages aux heures de pointe. Pour...