Darfour
Doutes sur l’impact des sanctions US sur le Soudan
le 31 mai 2007 à 00h00
Les nouvelles sanctions américaines liées à la crise du Darfour, dans l’ouest du Soudan, sont perçues à Khartoum comme un moyen de pression politique et non comme des mesures pouvant avoir un impact réel et immédiat sur l’économie du pays.
Mais un responsable soudanais a dit craindre à long terme des sanctions internationales, tout en déclarant que son pays compte sur ses « amis », notamment la Chine, qui absorbe 60 % de son pétrole, pour les prévenir.
« Je suis sûr que les sociétés visées ont mis en place depuis longtemps des alternatives » pour minimiser l’impact de ce genre de sanctions, a estimé un analyste, Mohammad Mahjoub Haroun, membre d’un institut d’études stratégiques. M. Haroun, comme d’autres analystes interrogés par l’AFP, voit plutôt dans les sanctions annoncées mardi par le président George W. Bush un outil de pression sur Khartoum pour l’amener à accepter une force internationale au Darfour. « Il ne s’agit que du renforcement de sanctions existantes depuis dix ans et qui n’ont pas empêché l’économie soudanaise de se développer grâce à des rapports étroits tissés avec l’Asie », souligne M. Haroun.
M. Bush a annoncé que 31 nouvelles compagnies soudanaises allaient être ajoutées à la liste de celles avec lesquelles les Américains sont interdits de toute transaction commerciale et financière. Des sanctions vont aussi concerner deux hauts responsables gouvernementaux.
Hassen Mekki, professeur de sciences politiques, a relevé qu’elles excluaient des compagnies soudanaises qui commercent avec les États-Unis, comme celle vendant de la gomme arabique, produit entrant dans la composition des sodas des géants américains des boissons gazeuses.
Les responsables soudanais ont souligné de concert le caractère politique des sanctions et affirmé qu’elles risquaient d’être contre-productives alors qu’ils s’apprêtent à négocier avec l’Union africaine et les Nations unies le déploiement de plus de 20 000 soldats de la paix au Darfour.
Le ministre des Finances et de l’Économie, Zoubeir Ahmad al-Hassan, a quant à lui affirmé que son gouvernement était conscient du risque de sanctions internationales et travaillait à les prévenir avec certains « pays influents ». M. Hassan, cité par le quotidien al-Raï al-Aam, faisait référence notamment à la Chine, premier partenaire économique du Soudan, qui a déjà estimé que les sanctions américaines « compliquent » la recherche de la paix au Darfour.
Les États-Unis tentent de pousser les Européens à la suivre et ils peuvent réussir « car dans tous les cas, les pays d’Europe ont peu de relations commerciales avec le Soudan », a estimé M. Haroun. « Mais il est improbable que la Chine fasse de même », a-t-il ajouté à propos du géant asiatique assoiffé de pétrole du Soudan, qui produit 500 000 barils par jour, et d’autres pays du continent africain.
Les nouvelles sanctions américaines liées à la crise du Darfour, dans l’ouest du Soudan, sont perçues à Khartoum comme un moyen de pression politique et non comme des mesures pouvant avoir un impact réel et immédiat sur l’économie du pays.
Mais un responsable soudanais a dit craindre à long terme des sanctions internationales, tout en déclarant que son pays compte sur ses « amis », notamment la Chine, qui absorbe 60 % de son pétrole, pour les prévenir.
« Je suis sûr que les sociétés visées ont mis en place depuis longtemps des alternatives » pour minimiser l’impact de ce genre de sanctions, a estimé un analyste, Mohammad Mahjoub Haroun, membre d’un institut d’études stratégiques. M. Haroun, comme d’autres analystes interrogés par l’AFP, voit plutôt dans les sanctions annoncées mardi par le...
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