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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Résistance palestinienne et indépendance libanaise Aujourd’hui, quel est le rôle de la résistance palestinienne au Liban ? Certainement aucun, et sans détour il faut affirmer la souveraineté libanaise sur tout le territoire national. Il n’y a pas à tergiverser, la résistance palestinienne, toute respectable qu’elle soit, est priée de faire de la résistance là où il se doit, c’est-à-dire en Palestine occupée et contre l’occupant israélien. L’intifada a commencé en Palestine occupée avec probablement vingt ans de retard. Les Palestiniens ont perdu beaucoup trop de temps depuis 1970 à vouloir déstabiliser le pays qui les a le plus accueillis jusqu’à faire abstraction de sa propre sécurité. C’était déjà une énorme erreur que les dirigeants libanais ont commise d’avoir accepté sans broncher les fameux accords du Caire. Autrement dit, étant donné le chemin de croix par lequel a été obligé de passer le Liban, la question des armes dans les camps de réfugiés ne devrait même pas se poser. Il est tout simplement hors de question pour le pouvoir libanais d’accepter, et encore moins de concéder sur ce plan-là, un iota de laisser-aller. Nous croyons rêver quand nous lisons dans les médias que les Palestiniens du Liban sont divisés sur la question du désarmement. C’est de leur droit d’être divisés, mais c’est du devoir de l’Exécutif libanais de les désarmer tout en les protégeant. Une autre tentative d’aventure de la part d’une partie des Libanais aux côtés des Palestiniens serait des plus choquantes et des plus destructrices de ce qui reste comme identité à notre cher pays. – Le Liban, pour être indépendant, doit se débarrasser de tout ce qui l’empêche de l’être. Une force armée, quelle qu’elle soit, autre que l’armée régulière libanaise, est un danger potentiel pour la stabilité dont il est inutile d’expérimenter les méfaits. – Pour être souverain, le Liban doit pouvoir appliquer sa loi sur chaque centimètre carré du territoire qu’il représente. – Pour être libre, le Liban doit pouvoir prendre toute décision qu’il jugera opportune sans que celle-ci n’ait été dictée par un quelconque État, aussi « amical » soit-il. Au risque de choquer certains, non, résistance palestinienne ne rime absolument pas avec indépendance du Liban. Dr Riad JREIGE France Ils s’en vont Ils s’en vont à la guerre comme on va au confessionnal, par fidélité, par amour. Ils s’en vont, le cœur en avant et la tête haute, pour une cause, pour la cause (mais quelle cause ?). Ils s’en vont, l’un après l’autre. Avec pour unique bouclier leur courage, leur bonne volonté et la conviction d’accomplir un devoir sacré. Ils sont partis, vulnérables et découverts, cible facile. Ils se sont sacrifiés. Fallait-il en perdre autant ? Ne pouvait-on pas mieux les protéger ? Sur un champ de bataille traître, ils ont été emportés par le vent de mai, mois où tout renaît... Nos hommes, nos soldats sont des pions sur l’échiquier machiavélique international. Nos hommes, nos soldats sont morts pour notre sécurité. Pour que revive un Liban mortifié. Martyrs d’une partie mal jouée, dans une patrie martyrisée. Carla ARAMOUNI Pour que le sang ne coule plus Pour une fois, toutes les forces politiques libanaises se sentent concernées à un niveau égal par la gravité de la situation sécuritaire. Il y a de quoi, puisque l’attaque contre l’armée constitue une ligne rouge (sang) que personne ne voulait voir franchir. D’ailleurs, les différents courants nationaux sont parfaitement conscients qu’une telle agression, si elle devait se poursuivre, risquerait fort de démonter ce qui reste debout de nos institutions. C’est pour cela que non seulement les parties loyalistes, mais aussi celles de l’opposition, condamnent sans ambages les agissements terroristes du groupe salafiste, auteur de ce dimanche sanglant de mai. Pour remédier à ce dérapage terrifiant, elles appellent le gouvernement à remplir son devoir pour rétablir la sécurité. Cette revendication est à mon sens tout à fait légitime et chaque citoyen devrait en manifester l’exigence. Pourtant, les forces opposantes ne pensent-elles pas qu’elles ont un rôle crucial à jouer dans la consolidation de l’autorité de l’État afin que celle-ci puisse s’exercer partout ? Nous les adjurons donc de cesser de faire le jeu de ceux qui veulent la déstabiliser. Nous les exhortons à se rallier au pouvoir pour former urgemment une équipe cimentée contre les ennemis de notre souveraineté. Car le sang de nos soldats est trop précieux pour que les antagonismes politiques priment sur la lutte contre le danger qui menace nos structures nationales. Nous n’avons pas besoin de voir nos jeunes gens devenir martyrs pour saluer leur héroïsme. Nous préférons rendre hommage à leur courage de leur vivant. Sinon, le prix qu’ils continueraient à payer serait démesuré face à l’inconscience de ceux qui refusent leur soutien à la légalité. Afin de couper court à ce gaspillage, et aussi pour stopper l’hémorragie au sein de la population civile, elle aussi victime des féroces conflits d’intérêt, nous demandons à chaque responsable de se recueillir pour soupeser et comparer les priorités. Émergera alors, j’en suis sûre, celle de l’intérêt national. Claude ASSAF Le Liban brûle-t-il ? On ne sait plus où donner de la tête : partis armés, groupuscules terroristes (du nouveau dans le paysage libanais…), armée libanaise (mes frères, ces héros), réfugiés palestiniens, réfugiés du Sud, loyalistes, opposition, assassinats en série de personnalités politiques ou de la presse, marasme (bientôt effondrement ?) économique, émigration en masse, explosions à la chaîne, asphyxie quotidienne des Libanais sur le double plan économique et psychologique, angoisse de ceux qui vivent à l’étranger…..Est-ce le commencement de la fin ? J’en veux à mon gouvernement, à tous les représentants politiques du Liban. Je leur en veux à mourir pour leur bêtise, leur irresponsabilité, leurs haines intestines, leur individualisme, leur passion pour le bien-être et la jouissance. Aujourd’hui, nous assistons tous, impuissants, à la destruction du pays du Cèdre. C’est cela, morceler tous les pays du Proche-Orient ? Nous faire brûler à grand feu pendant plus de trente ans ? Comme on a fait pendant des décennies avec la Palestine et depuis quatre ans avec l’Irak ? Ça me rappelle un poème poignant de Moustapha Darwiche, poète palestinien, dans lequel il dit : « La terre nous est étroite, si étroite que pour pouvoir nous y faufiler, il nous faut nous démembrer… » Nous démembrer. Nous les Arabes, les « terroristes », les méchants, parce que résistants. Ce peuple qu’on méprise : « Les Bédouins du= désert », comme ils disent. Nous démembrer afin qu’Israël vive dans « sa » terre promise, cette terre qui ne lui appartient pas et qu’elle a envahie par la force. Et le tout, sur fond de symphonies inachevées de paroles et de promesses en l’air venant du monde entier, le monde dit civilisé… Michèle AOUN Koweït


Résistance palestinienne
et indépendance libanaise

Aujourd’hui, quel est le rôle de la résistance palestinienne au Liban ? Certainement aucun, et sans détour il faut affirmer la souveraineté libanaise sur tout le territoire national. Il n’y a pas à tergiverser, la résistance palestinienne, toute respectable qu’elle soit, est priée de faire de la résistance là où il se doit, c’est-à-dire en Palestine occupée et contre l’occupant israélien. L’intifada a commencé en Palestine occupée avec probablement vingt ans de retard. Les Palestiniens ont perdu beaucoup trop de temps depuis 1970 à vouloir déstabiliser le pays qui les a le plus accueillis jusqu’à faire abstraction de sa propre sécurité. C’était déjà une énorme erreur que les dirigeants libanais ont commise d’avoir accepté sans...