Rechercher
Rechercher

Actualités

Le temps n’est plus au temps

Il fut un temps où la route de la Palestine passait par Jounieh. Aujourd’hui, ce sont les routes de Bagdad, de Ryad, et même de Washington, qui passent par Tripoli et Beyrouth. Une excroissance cancéreuse qui avait déjà provoqué l’implosion de la cause palestinienne et qui se métastase dans le corps arabe à une cadence infernale. L’été chaud était redouté au Liban-Sud, voilà qu’il s’annonce brûlant partout ailleurs, confirmant les indications et les avertissements sécuritaires qui circulaient depuis plusieurs mois dans les milieux diplomatiques et même au sein des associations humanitaires. Que le terrorisme, qui a pris, hier, Tripoli en otage,et qui a sauvagement frappé, en soirée, à Achrafieh, soit directement lié à el-Qaëda ou qu’il soit manipulé par des services de renseignements syriens, qu’il soit la conséquence des enjeux régionaux, du conflit irakien en particulier, ou qu’il constitue une réaction, pressentie à plus d’un niveau, à la création annoncée du tribunal international, tout cela reste du domaine des analyses, des conclusions qu’en tireront les services sécuritaires et de renseignements. L’important, aujourd’hui, est d’étouffer la conspiration dans l’œuf, d’empêcher que ces graves atteintes à la paix civile ne se transforment en plaies béantes sur lesquelles se greffera le virus des ressentiments, des divisions intercommunautaires. Les cellules terroristes, dormantes jusque-là, se sont réveillées, et l’attentat survenu il y a trois mois à Aïn Alak, dans le Metn, dont les auteurs ont reconnu être liés à Fateh el-Islam, en a été le signe annonciateur, une mise en garde qui aurait dû être aussitôt suivie de mesures dissuasives de la part des autorités engluées, alors, dans les turpitudes de la politique politicienne. Face à l’irruption sur la scène libanaise de groupuscules qui ont fourbi leurs armes sous d’autres cieux, qui ont déjà fait leurs criminelles preuves en Irak, groupuscules rejetés par toutes les factions libanaises et par les principales organisations palestiniennes implantées dans les camps, il n’est plus acceptable, il n’est plus tolérable que les divisions internes se perpétuent et que l’État reste l’objet des critiques acerbes de ceux-là mêmes qui sont considérés comme des renégats par les mouvements terroristes. Le Hezbollah doit comprendre, aujourd’hui, que son meilleur allié, face aux extrémistes islamistes, est le sunnisme traditionnel modéré dont tout affaiblissement sera mis à profit par les groupes inféodés à el-Qaëda, ces mêmes groupes qui sont en train d’attiser les dissensions intercommunautaires en Irak et de commettre les pires crimes que le monde musulman ait jamais connus dans son histoire. Les élucubrations politiques, les polémiques insensées doivent immédiatement cesser. Dès aujourd’hui, toutes les parties doivent se rassembler autour de l’État, autour de son armée, de ses soldats qui ont payé, hier, le lourd tribut du sang, qui ont fait sacrifice de leurs vies pour protéger celles des autres, les civils réfugiés dans leurs demeures et pris en otages par les terroristes. Que s’arrêtent donc les bêtises, sans cesse ressassées, sur un gouvernement de 19-11 ou de 19-10-plus un, que soient rangées au placard les revendications qui tiennent plus du partage du gâteau que des intérêts supérieurs de la nation. Qu’un terme immédiat soit mis aux procès d’intention truffés de mensonges, enrobés de désinformation. Des parties, désormais clairement identifiées, des professionnels de la politique du chaos, de l’anarchie, s’évertuent à vouloir irakiser le Liban. Aussi bien les forces de l’opposition que celles de la majorité sont dans leur collimateur, sont la cible de leurs machiavéliques desseins. Pour le Hezbollah, comme pour le Courant patriotique libre, et par-delà le conflit sur la part, légitime, qu’ils réclament au sein de l’Exécutif, l’urgence devrait, désormais, être ailleurs : la survie de l’État des institutions, seul rempart face aux extrémistes de tout acabit. Le temps n’est plus aux bouderies, à la simple expédition des affaires courantes, à la paralysie des instances vitales du pays : le gouvernement doit décider, le Parlement doit légiférer. Retour donc au bercail, non contraints ou la mort dans l’âme, mais la tête haute, partenaires fondamentaux dans la mission de sauvegarde de la nation. Le temps est, dorénavant, comme une bombe minutée et ses tic-tac nous rapprochent, chaque jour un peu plus, de l’explosion planifiée. Le Hezbollah et le CPL aideront-ils à la désamorcer ? Nagib AOUN
Il fut un temps où la route de la Palestine passait par Jounieh. Aujourd’hui, ce sont les routes de Bagdad, de Ryad, et même de Washington, qui passent par Tripoli et Beyrouth. Une excroissance cancéreuse qui avait déjà provoqué l’implosion de la cause palestinienne et qui se métastase dans le corps arabe à une cadence infernale.
L’été chaud était redouté au Liban-Sud, voilà qu’il s’annonce brûlant partout ailleurs, confirmant les indications et les avertissements sécuritaires qui circulaient depuis plusieurs mois dans les milieux diplomatiques et même au sein des associations humanitaires.
Que le terrorisme, qui a pris, hier, Tripoli en otage,et qui a sauvagement frappé, en soirée, à Achrafieh, soit directement lié à el-Qaëda ou qu’il soit manipulé par des services de renseignements syriens, qu’il...