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Actualités - Opinion

La visite de Welch continue à faire couler beaucoup d’encre… chinoise

En diplomatie, c’est bien connu, le non-dit est plus important que le dit. Il en va un peu de même en politique intérieure. Surtout lorsqu’elle obéit principalement à des considérations d’ordre extérieur, qu’elle se trouve « drivée » par ce que l’on appelle la lutte des axes. Ainsi, l’on entend les cadres du Hezbollah fulminer publiquement contre Welch, traitant ses propos d’ingérence flagrante, et suprêmement arrogante, dans les affaires intérieures libanaises. Ils affirment que le responsable US est venu donner des consignes aux majoritaires, les pousser à durcir le ton à l’occasion de la présidentielle, les mobiliser à fond contre la Syrie et contre la minorité. Cependant, en privé, c’est un autre son de cloche que l’on entend généralement du côté de l’opposition, prosyrienne ou non. Certes, on reste loin d’applaudir aux faits et gestes de l’Administration Bush. Mais on avoue qu’on peut y voir une tentative d’initier un début de règlement de l’imbroglio libanais. Ce qui implique une approche prenant forcément en compte les cartes dont Damas dispose sur la scène locale. Ainsi que la ligne suivie par la contestation locale non prosyrienne. À preuve d’ailleurs, peut-on observer, les échanges approfondis que Welch a tenu à avoir avec le président Berry. Ou avec le général Aoun. Yarzé On sait par ailleurs que Welch a pris soin de ne pas négliger l’armée, soulignant tout autant l’assistance US à cette institution que le soutien constant au gouvernement comme au peuple libanais. Pour bien marquer ce point, il a rendu visite à Yarzé au commandant en chef, le général Michel Sleimane. Les professionnels de tous bords s’intéressent beaucoup à cette démarche inopinée. Pour se demander, les uns avec espoir et les autres avec inquiétude, si elle n’est pas en rapport avec l’échéance présidentielle. Certains estiment que l’initiative de Welch tend principalement à mettre en exergue le rôle que l’institution militaire peut jouer par rapport, en quelque sorte, à la sécurisation du climat d’ensemble, dans le contexte précis de la présidentielle. En d’autres termes, l’armée se porterait garante non pas d’un climat politique assaini, ce qui n’est pas de son ressort, mais du minimum vital qui consiste à prévenir tout risque de troubles, de déstabilisation provoqués par les tensions politiques. Il s’agirait également, par exemple et par référence au précédent d’empêchement de 1988 villa Mansour, de veiller à ce que les députés qui souhaitent participer à la séance électorale afin d’en assurer le quorum puissent arriver sans entrave place de l’Étoile. Neutralité vigilante L’armée est la gardienne vigilante des institutions, dans le respect de la loi et du droit d’expression de chacun. Elle l’a montré à la veille du déclenchement du sit-in dans le centre-ville, quand certains ont songé à prendre d’assaut le Sérail. Tout comme elle l’avait montré en interdisant un rassemblement de masse qui entendait marcher pour déloger M. Émile Lahoud de Baabda. Tout en s’abstenant de couper, devant les particuliers, les routes menant au palais présidentiel. En même temps, ajoutent ces sources, Welch a voulu (tout comme d’ailleurs l’opposition et les Syriens eux-mêmes) rendre hommage au comportement national de la troupe, notamment lors des journées noires des 23-25 janvier. Et de la sorte, l’encourager à persévérer sur la même ligne de cohésion propre et d’équidistance de toutes les parties politiques, loin de tout danger d’éclatement interne. Pour rester un creuset d’union, dans le respect de la loi comme de l’autorité politique légale. Sous le seul emblème national. Pour ce qui est de Welch, poursuivent ces sources, il est également certain que sa visite à Yarzé confirme le satisfecit américain relatif au déploiement de l’armée au Sud, après trente ans d’absence, ainsi que la part de mission qui lui incombe dans la concrétisation de la résolution 1701. Dissociation Dans le prolongement de la visite de Welch, une délégation militaire américaine est attendue à Beyrouth où elle doit prospecter les besoins en équipements, en recrutement et en armes de l’armée libanaise, dans le cadre du programme d’assistance habituel. Cependant, certains vétérans se demandent si les Américains ne pensent pas, comme ils l’avaient fait en 1958, que finalement, l’armée est la seule vraie planche de salut pour le Liban politique en crise. Et s’il ne serait pas bon de voir son commandant en chef s’installer à la présidence de la République, comme Fouad Chehab au sortir de la révolution de 58. Ils affirment qu’il est difficile de voir dans la visite du général Sleimane à Bkerké, presque au sortir de son entretien avec Welch, une simple coïncidence. Pourtant, c’est bien ce dont il s’agit, répondent des sources qualifiées, en rappelant que la visite du général à Bkerké était inscrite à son programme bien avant que Welch ne lui fasse la surprise de se pointer dans son bureau. Les proches du commandant en chef insistent sur ce point : il n’y a aucun lien entre les deux visites. Et les spéculations à ce sujet sont complètement erronées, le général n’étant pas du tout disposé à se laisser engluer dans les tiraillements politiques. Mais les sources de l’ambassade US insistent pour souligner que la démarche de Welch n’avait d’autre but que de confirmer l’appréciation US à l’égard de l’institution militaire ainsi que le développement de l’aide technique que Washington lui apporte depuis de longues décennies. Précisant que la visite à Yarzé n’a rien à voir avec la présidentielle. Philippe ABI-AKL
En diplomatie, c’est bien connu, le non-dit est plus important que le dit. Il en va un peu de même en politique intérieure. Surtout lorsqu’elle obéit principalement à des considérations d’ordre extérieur, qu’elle se trouve « drivée » par ce que l’on appelle la lutte des axes.
Ainsi, l’on entend les cadres du Hezbollah fulminer publiquement contre Welch, traitant ses propos d’ingérence flagrante, et suprêmement arrogante, dans les affaires intérieures libanaises. Ils affirment que le responsable US est venu donner des consignes aux majoritaires, les pousser à durcir le ton à l’occasion de la présidentielle, les mobiliser à fond contre la Syrie et contre la minorité.
Cependant, en privé, c’est un autre son de cloche que l’on entend généralement du côté de l’opposition, prosyrienne ou non....