L’été est là, à deux pas de nous. Pas en ce moment, puisque cela fait quelques jours qu’il fait particulièrement mauvais, mais il est là, l’été, avec ses promesses de festivals, de concerts, de nuits endiablées, de soirées branchées… pour conjurer le sort de l’année dernière, de juillet dernier. Les boîtes, clubs en terrasse et autres bars rouvrent leurs portes, voire ouvrent, eux qui n’ont pas pu il y a un an fêter l’été comme il se devait. Si les rumeurs parlent de Shakira ou de Mika invités pop des festivals de juillet-août, les DJ, quant à eux, n’ont pas attendu le printemps pour venir mettre le feu à Beyrouth. Depuis l’automne déjà, les grands noms de la planète sont venus faire leur « gig » dans notre capitale. Musique électronique et « after » en délire, Beyrouth a vibré grâce aux nouveaux maîtres du son. Un DJ, c’est ce qu’il y a de plus tendance en ce moment. C’est mieux qu’un chanteur, les jeunes ne me contrediront pas, parce qu’il vient jusqu’à vous en boîte de nuit, vous fait danser, bouger jusqu’à pas d’heure. Des DJ, il y en a une multitude, et des « Best DJ of the Planet », vous en entendez parler tous les jours dans la bouche des jeunes Libanais. Mais dans ce style musical qui a le vent en poupe depuis une dizaine d’années, il y a une catégorie qui se démarque, un petit village qui résiste à l’envahisseur anglo-saxon, c’est la french touch ! Un genre à part, propulsé par de jeunes Français au talent incontesté. Laurent Garnier, les Daft Punk, Étienne de Crecy (venu à Beyrouth il y a quelques années), Air, puis les DJ pipole, David Guetta ou Bob Sinclar ; c’est ce beau monde qui donne ses lettres de noblesse à la french touch… depuis le début des années 90 (déjà). C’est Laurent Garnier, 41 ans, 4 albums, qui est un des pionniers du genre. Exilé depuis l’adolescence en Angleterre, c’est en 1991 qu’il sort son premier single… Aujourd’hui, ses performances de DJ, de Tokyo à New York, en passant par Sydney, sont à elles seules un événement. Idem pour les Daft Punk, le tandem formé par Guy-Manuel de Homem Christo et de Thomas Bangalter et dont on ne connaît pas le visage. Le duo qui officie sur les platines depuis dix ans maintenant – depuis Around the World en 1997 – a vendu des millions d’albums aux USA et en France et drainé des dizaines de milliers de spectateurs lors de ses tournées. Dix ans de carrière aussi pour Christophe le Friant, alias Bob Sinclar (nom qu’il a emprunté à Belmondo dans Le magnifique) et qui, avec son tube Love Generation, a supplanté les Daft Punk en tête des artistes français les plus vendus à l’étranger. Enfin, David Guetta qu’on ne présente plus. Roi des nuits parisiennes, père des soirées « Fuck me I’m famous » depuis dix ans également à Ibiza ainsi que producteur, il a vendu quelque 250 000 exemplaires de son premier disque. Son prochain album, Pop Life, sort le mois prochain. De bien jolies carrières pour ces DJ qui mettent le feu à tous les dancefloors de la planète… Mais la french touch est difficile à définir étant donné sa nature même. C’est pourquoi elle est aussi variée et réunit des artistes d’une diversité surprenante : Air, Martin Solveig (véritable petit génie qui a mixé Madan, Everybody ou plus récemment Jealousy), St Germain, Kojak, Cassius ou Antoine Clamaran en font partie. Du vrai art, de l’art français… toujours chanté en anglais (voir numéro de la semaine dernière) et qui a de bien belles années encore devant lui.
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