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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Laure Moughaizel : un souvenir vivace Lorsque j’ai reçu l’invitation de l’Organisation pour la paix civile à participer à une conférence, j’ai appris que l’une des interventions porterait sur le combat mené par Laure Moughaizel. L’évocation de Laure Moughaizel m’a ramené vingt et un ans en arrière. Je me suis rappelé le fameux jour où elle m’a accueilli chez elle en tant que secouriste de la Croix-Rouge, révolté par la sauvagerie d’une guerre ravageant le pays. Rencontre au cours de laquelle j’ai laissé libre cours à ma révolte, à mon indignation, suite à la perte d’un ami cher, Sélim Khairallah, tué pendant l’exercice de ses fonctions de secouriste. Laure Moughaizel, par son écoute attentive, ses qualités humaines, a su apaiser la rage, la haine qui me rongeaient. Sur son conseil, je me suis mis à rédiger des articles dans divers journaux, articles qui m’ont permis d’exorciser mon mal. Certes, nous rencontrons tous, durant notre existence, des êtres qui n’y font que passer. Laure Moughaizel n’était pas de ceux-là. Vingt et un ans se sont écoulés, mais son souvenir reste vivace. Khalil ABBOUD Les enfants de Salzbourg Je m’y suis rendue, j’en reviens et je n’en reviens pas. Nous avons pris l’avion, le train, la voiture et d’autres moyens de locomotion pour une destination nouvelle. Salzbourg, la ville natale de Mozart. Pour un dépaysement, ça l’était. Les enfants de Salzbourg naissent et grandissent dans la possibilité du rêve et de l’espoir. Au tintement des cloches de cathédrales et au son des violons de manoirs, pointant leurs dômes vers le ciel et chantant des hymnes de gloire. Des châteaux perchés sur des montagnes verdoyantes, des airs d’opéra adoucissant les mœurs et purifiant les âmes. Le tout berçant dans une symphonie joyeuse et harmonieuse, conviviale et insouciante. Éducation du regard, de l’oreille et de l’esprit. Les enfants de Salzbourg ont un avenir tracé, les enfants du Liban doivent, à la sueur de leurs fronts, tracer le leur. Les enfants du Liban grandissent et vivent dans l’espoir de croiser l’espoir, dans l’incertitude du lendemain et dans la limite du quotidien douteux. Dans une ville désertée et vide, où surgissent les fantômes de la guerre, ville parée mais sans âme, somnambule de jour. Dans des vestiges trop présents pour être cicatrisés. À chaque jour suffit sa peine, mais cela ne suffit plus. À chaque fois que le glas sonne, c’est un enfant en devenir qu’on sacrifie sur l’autel de la désespérance. Oui, Cesbron, à chaque fois que sonne le glas, c’est effectivement, chez nous, un Mozart qu’on assassine. Carla Bejjani ARAMOUNI NDLR Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.

Laure Moughaizel : un souvenir vivace

Lorsque j’ai reçu l’invitation de l’Organisation pour la paix civile à participer à une conférence, j’ai appris que l’une des interventions porterait sur le combat mené par Laure Moughaizel.
L’évocation de Laure Moughaizel m’a ramené vingt et un ans en arrière. Je me suis rappelé le fameux jour où elle m’a accueilli chez elle en tant que secouriste de la Croix-Rouge, révolté par la sauvagerie d’une guerre ravageant le pays. Rencontre au cours de laquelle j’ai laissé libre cours à ma révolte, à mon indignation, suite à la perte d’un ami cher, Sélim Khairallah, tué pendant l’exercice de ses fonctions de secouriste.
Laure Moughaizel, par son écoute attentive, ses qualités humaines, a su apaiser la rage, la haine qui me rongeaient. Sur son conseil, je...