C’est bizarre cette journée qui vient de commencer, où les relents des égouts m’agressent très tôt à mon balcon du sixieme étage… Je ne sais par où commencer tant les dégâts sont nombreux, la dégradation désastreuse. Mais en fin de compte, je me permets de vous écrire au nom de tous les habitants et visiteurs de Jounieh, qui seraient soucieux de réagir, mais ne trouvent ni le temps ni les moyens de le faire. La capitale du caza du Kesrouan se trouve aujourd’hui dans un état indescriptible. Essayons quand même.
1 - L’odeur qui se dégage des égouts, depuis deux ans déjà, serpente tout le long de la côte de Maameltein.
2 - La dégradation des routes est d’une ampleur effroyable, désolante, voire pathétique. Pas un seul mètre sans des mini-tranchées. L’asphalte est si mal étalé que la route en vient à comporter plusieurs niveaux.
3 - La gestion du trafic aux abords des écoles et des hôtels brille par son absence, les agents de la municipalité, quelques policiers à peine, se postent à de rares ronds-points et se manifestent de temps à autre par un coup de sifflet. Résultat : des embouteillages monstres et l’insécurité totale pour les élèves.
4 - Le suivi, la maintenance et l’entretien sont des mots inexistants dans le vocabulaire des responsables (s’il en existe…). Tout est laissé à la merci du temps qui finira par faire son œuvre de destruction.
5 - La zone verte établie par le grand urbaniste et architecte Michel Ecochard dans les années 60-70 a complètement disparu, laissant place à d’énormes et larges parkings bitumeux ! Le pire est que ces parkings sont fermés au public. Quant aux pullmans et voitures touristiques, ils se disputent quelques places aux abords des routes, créant ainsi des embouteillages monstres. Le bitume, qui était supposé revêtir les routes, a tout simplement et de façon insidieuse recouvert tout le tapis vert longeant l’École allemande et le téléphérique.
6 - Les espaces publics sont quasiment absents. Les trottoirs ? N’en parlons pas… Le piéton longe et slalome entre les pots d’échappement des voitures. Pourquoi ne pas aménager un grand parc ou bien un jardin public face au stade Fouad Chéhab, plutôt que d’opter pour l’asphaltage sauvage ? On attend une réponse convaincante…
7 - J’aurais tant aimé me promener au bord de la mer plutôt que d’observer la Méditerranée du haut de mon sixième étage. Au fait, pourquoi pas une somptueuse corniche ? Mais ce serait trop simple, trop esthétique, trop utile.
8 - L’économie de Jounieh est au point mort. Pas un seul programme, pas une idée novatrice. Les souks sont rouillés, les propriétaires sont fatigués, les responsables sont sans imagination.
9 - Là-haut, la montagne de Harissa achève de disparaître, noyée sous le tsunami du béton.
La liste serait interminable. Pourtant, les caisses de la municipalité de Jounieh sont remplies et les habitants nombreux.
Abdallah BARAKAT
Étudiant en 4e année
d’architecture – ALBA
Jounieh, Maameltein
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1 - L’odeur qui se dégage des égouts, depuis deux ans déjà, serpente tout le long de la côte de Maameltein.
2 - La dégradation des routes est d’une ampleur effroyable, désolante, voire pathétique. Pas un seul mètre sans des mini-tranchées. L’asphalte est si mal étalé que la route en...