Dix-neuvième semaine de 2007.
Un patriarche et une impératrice ont donné ces sept derniers jours, toutes proportions gardées et chacun comme il/elle sait le faire, un signal fort en faveur d’un court terme, d’un semestre libanais à venir ressuscité et pourquoi pas flamboyant.
En rompant un boycottage historique et pourtant absolument justifié d’un palais de Baabda annexé et transformé en sinistre caïmacamat par Émile Lahoud ; en se rendant au palais présidentiel quelque 48 heures après un communiqué mensuel des évêques maronites on ne peut plus clair sur l’échéance préautomnale, quelques jours à peine après des réunions au Vatican et au lendemain d’un entretien avec Jeffrey Feltman, le patriarche Sfeir a placé la question de l’élection du 25 septembre au plus haut de l’échelle de valeurs et de priorités libanaises. Nasrallah Sfeir a décidé de répondre positivement au souhait silencieux d’une immense majorité de Libanais : il a pris en main le dossier de la présidentielle, clé de voûte du démarrage du processus de sortie de crise, surtout que la question du tribunal spécial est désormais quasiment bouclée. En ce (beau et bon) sens qu’il a compris l’urgence de mener ce scrutin à bon port, de faire en sorte qu’il se tienne à la date prévue et en harmonie avec la Constitution ; ensuite, que chacun assume ses responsabilités. D’ailleurs, le sage parmi les sages s’est justement employé à responsabiliser, à, en quelque sorte, désinfantiliser ce locataire de Baabda que plus aucun de ses compatriotes ou presque ne croit, auquel plus personne ou presque n’accorde de l’attention : en affirmant qu’il serait inutile de parier sur la formation d’un gouvernement transitoire par Émile Lahoud, qui connaît la Constitution et qui sait ce qu’il a à faire, Mgr Sfeir a placé le dernier des prosyriens devant ce qui sera son ultime acte politique ; soit une microrédemption, soit les oubliettes honteuses de l’histoire.
En prenant le risque de venir passer plusieurs jours dans ce pays déchiré jusqu’à l’âme ; en acceptant de tourner, gratuitement dit-on et au Liban-Sud de surcroît, pour l’excellent couple Joreige-Hadjithomas ; en se promenant dans les rues de Beyrouth et en notant sans aucun doute, comme toujours, quelques-uns de ses feelings sur ses calepins ; en allant dîner dans ses restaurants, boire ses alcools, acheter dans ses boutiques, regarder ses mers et ses montagnes, Catherine Deneuve a asséné le plus beau des pieds de nez à ceux, ici comme là-bas, qui fantasment jour et nuit sur un Liban autarcique, (ren)fermé sur ses miasmes, perclus dans des odyssées mortifères contre quelques petits ou grands Satan et déserté par ceux qui veulent en faire un Himalaya de vie(s). Plus encore : probablement sans le savoir, celle qui vient de donner sa voix à l’indispensable Marjane Satrapi a aussi donné le la à une urgente, une essentielle saison touristique libanaise ; Deneuve au Liban, et pourquoi pas moi ? C’est un peu, d’ailleurs, l’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la Lune : ma Belle de jour, mon absolue Merteuil et ma Peau d’âne en robe couleur de lune, ma Sirène du Mississippi, ma Diane Lubey et mes 8 femmes, mon Hélène dans la nuit, mon Émilie préférée, ma Marion Steiner et ma Tristana ad vitam est effectivement au Liban : anartiste ultime, rebelle YSL, sacrée monstresse qui a tout compris.
Ziyad MAKHOUL
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Un patriarche et une impératrice ont donné ces sept derniers jours, toutes proportions gardées et chacun comme il/elle sait le faire, un signal fort en faveur d’un court terme, d’un semestre libanais à venir ressuscité et pourquoi pas flamboyant.
En rompant un boycottage historique et pourtant absolument justifié d’un palais de Baabda annexé et transformé en sinistre caïmacamat par Émile Lahoud ; en se rendant au palais présidentiel quelque 48 heures après un communiqué mensuel des évêques maronites on ne peut plus clair sur l’échéance préautomnale, quelques jours à peine après des réunions au Vatican et au lendemain d’un entretien avec Jeffrey Feltman, le patriarche Sfeir a placé la question de l’élection du 25 septembre au plus haut de l’échelle de valeurs et de...