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Un peu plus de... La langue dans laquelle on chante

Le débat fait rage depuis longtemps. Doit-on chanter dans sa langue maternelle ou peut-on embrasser n’importe quel autre dialecte ? Et, comme toujours, il y a les pour, les contre et ceux qui sont indifférents. Finalement, c’est du ressort de l’artiste. Si un Français a envie de chanter en anglais ou un Chinois en arabe, il fait ce qu’il veut. Somme toute, chacun a ses raisons. Prenons certains exemples qui ne font pas avancer le « schmilblik », mais qui permettent de mieux comprendre ce phénomène dont les artistes français sont particulièrement friands en ce moment. Charlotte Gainsbourg en premier. La jeune femme, marquée par le premier disque que son père lui avait écrit, a préféré sortir son deuxième opus dans la langue de Shakespeare. Le français lui aurait donné le goût amer de la comparaison. Impossible et inégale selon elle. On la comprend. Elle a donc décidé de travailler avec Air (excellent choix) qui en plus, lui, a toujours opté pour l’anglais. Au final, un album qui a marché, mais qui n’a pas été sélectionné aux Victoires de la musique, malgré son carton en France. Problème de langage ? Peut-être. En tout cas, Air en fait les frais depuis toujours, puisque le tandem est souvent boudé par les gros médias français alors qu’il est adulé aux États-Unis… C’est que les quotas radios (50 % de chansons françaises) prennent en compte la langue. Donc Billy Crawford, qui chante un refrain incompréhensible dans la langue de Baudelaire, fait partie des quotas et Charlotte, non. Trêve de polémique. Carla Bruni, tiens… Ce qui a inquiété l’ex-top model, c’est également la comparaison, mais, là, avec son premier album. Quand on a si bien réussi un premier disque, comment faire pour sortir le suivant avec autant de succès ? Et bien, on change de langue, de registre et on appelle ledit album : No Promises. Bien joué ! C’était ici deux cas avec des choix assez personnels, à l’instar de Keren Ann (lire plus haut), qui habite entre Paris et New York… Habituellement, on rencontre deux autres motivations : réussir ailleurs et plus grand, ou respecter le genre musical qu’on a choisi. Je m’explique. Céline Dion a connu la gloire avec ses chansons anglo-saxonnes aux USA plus qu’avec Billy ou La religieuse ; quelque part, ça se comprend aussi. Retour de bâton, son dernier album en français, Une fille et quatre garçons, signé Goldman, est passé inaperçu. La Dion est trop labellisée Vegas pour revenir chanter dans la langue qui l’a lancée. Et cela, elle l’a compris. D’où son tout dernier disque dont est extrait : « S’il ne doit en rester qu’une »… Idem pour Lara Fabian, qui a tenté sa chance outre-Atlantique et qui s’est pris un bien joli râteau. S’exporter, ne veut pas forcément dire changer d’expression. Il suffit de voir le succès d’Aznavour aux States ou des Tokio Hotel (groupe allemand) un peu partout dans le monde, pour réaliser que « quand la musique est bonne, bonne, bonne, bonne… » Enfin, deuxième et dernière intention : respecter le style musical dans lequel on chante. Il y a, en effet, des artistes qui préfèrent chanter du rock en anglais, plutôt que de massacrer le genre avec du français. Ça se discute… Patrick Hernandez, chanteur français, a fait quelques-unes des heures de gloire du disco avec Born to be Alive et, accessoirement, Madonna comme choriste. Chacun son truc. Idem pour la musique électronique : Air, Daft Punk, Étienne de Crecy, Martin Solveig, David Guetta ou Bob Sinclar préfèrent mettre en scène dans leur musique la langue du prince Charles. C’est mieux, c’est plus approprié c’est vrai et cela reste de la « french touch », la reine du genre ! C’est l’exemple que devraient suivre tous les petits jeunes du R’n’B français… Les Tragédie, M. Pokora, Nadiya et autres rejetons du style. Arrêtez de chanter en français un style purement américain ! En fait, non, arrêtez de chanter tout court !

Le débat fait rage depuis longtemps. Doit-on chanter dans sa langue maternelle ou peut-on embrasser n’importe quel autre dialecte ? Et, comme toujours, il y a les pour, les contre et ceux qui sont indifférents. Finalement, c’est du ressort de l’artiste. Si un Français a envie de chanter en anglais ou un Chinois en arabe, il fait ce qu’il veut. Somme toute, chacun a ses raisons. Prenons certains exemples qui ne font pas avancer le « schmilblik », mais qui permettent de mieux comprendre ce phénomène dont les artistes français sont particulièrement friands en ce moment. Charlotte Gainsbourg en premier. La jeune femme, marquée par le premier disque que son père lui avait écrit, a préféré sortir son deuxième opus dans la langue de Shakespeare. Le français lui aurait donné le goût amer de la comparaison. Impossible...