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Plessis, un dinosaure dans le moteur

Autodidacte passionné, gouailleur au franc-parler détonant, Jean-Claude Plessis, président de Sochaux qui a réussi à mener son club à trois finales de Coupe en 7 ans, fait partie de ces dirigeants paternalistes en voie d’extinction dans le football français. Le président sochalien appartient à cette caste rare, celle de ces dirigeants « grandes gueules », catalogués « à l’ancienne », ces bons clients pour les journalistes, attachants, mais aussi caractériels, parfois susceptibles. Bref, de ces personnalités à part. Ils ne sont plus beaucoup en activité. À vrai dire, ces dinosaures se comptent sur les doigts d’une main, et encore : Louis Nicollin, au bord du national avec Montpellier, Pascal Urano, qui, lui, va descendre en L2 avec Sedan, Gervais Martel, le président lensois, et donc Plessis. Ce profil hors du temps a malgré tout permis au FC Sochaux de se faire une place de choix en L1 depuis son arrivée à la tête du club en 1999, privilégiant la formation maison et les recrutements malins, à l’heure où le président lyonnais Jean-Michel Aulas, par exemple, décide d’introduire l’OL en Bourse. Le CV du club sous son ère est sans aspérité : le 8e budget de L1, c’est aujourd’hui une Coupe de la Ligue (2004), après la finale perdue face à Monaco en 2003, deux participations en Coupes de l’UEFA, et donc au minimum une finale de Coupe de France ou peut-être plus... « Aura d’un commercial » « J’ai toujours eu le goût du résultat, quoi que je fasse », explique ce Tourangeau d’origine, ancien vendeur chez Simca, avant d’être absorbé par Talbot puis Peugeot, ayant gravi un à un les échelons au sein de la firme française jusqu’à devenir un proche de la famille du même nom. C’est d’ailleurs à la demande de la famille qu’il prit les rênes du club en 1999. « Ils (la famille Peugeot, ndlr) me voyaient dans le sport et ont pensé qu’avec mon tempérament, je pouvais diriger leur équipe de football », explique-t-il. « Après moult hésitations, j’ai fini par accepter et je m’éclate car c’est avant tout une affaire de passion plus qu’une question d’argent », ajoute-t-il. Pari gagnant. Lui qui, dans les années 80, a été président de l’AS Brestoise – au moment où un certain Paul Le Guen y faisait ses premiers pas –, impose alors sa patte et façonne un club qui va petit à petit prendre pied dans la L1. « J’avais l’aura d’un commercial un peu fêtard, explique-t-il dans France Football, je n’en n’ai jamais eu honte. Ça m’a beaucoup servi dans le foot. Tu apprends à déléguer. Tu dois être un très bon généraliste. » Père fouettard Sa méthode : une sorte de syncrétisme d’une gestion rigoureuse, sans risque, sans folie, doublée du charisme d’une figure paternelle parfois imposante. Le divorce difficile avec son ex-entraîneur Guy Lacombe en 2005, autre caractère bien trempé, montre qu’il est difficile de se mettre en travers de sa route, et qu’à l’image du bon père de famille, peut très vite succéder celle d’un père fouettard revanchard. Mais, comme il le dit, s’il fait tout cela, c’est bien parce que le « club doit survivre à tout ». « Dans notre projet d’entreprise, nous souhaitons devenir un élément incontournable de la Ligue 1. Nous souhaitons nous inscrire dans la durée et, de temps en temps, faire un coup », assure-t-il. Des coups qui se répètent de plus en plus fréquemment : « Pour un président, disputer trois finales en cinq ans, c’est le pied », avoue cet amateur de cigares qui ne s’est jamais caché derrière un écran de fumée.

Autodidacte passionné, gouailleur au franc-parler détonant, Jean-Claude Plessis, président de Sochaux qui a réussi à mener son club à trois finales de Coupe en 7 ans, fait partie de ces dirigeants paternalistes en voie d’extinction dans le football français.
Le président sochalien appartient à cette caste rare, celle de ces dirigeants « grandes gueules », catalogués « à l’ancienne », ces bons clients pour les journalistes, attachants, mais aussi caractériels, parfois susceptibles. Bref, de ces personnalités à part.
Ils ne sont plus beaucoup en activité. À vrai dire, ces dinosaures se comptent sur les doigts d’une main, et encore : Louis Nicollin, au bord du national avec Montpellier, Pascal Urano, qui, lui, va descendre en L2 avec Sedan, Gervais Martel, le président lensois, et donc Plessis.
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