Arsenal, en arrachant le nul contre Chelsea (1-1), courageux champion d’Angleterre sortant, a offert dimanche son 16e titre à Manchester United, son grand adversaire, parfois acrimonieux, jusqu’au début des années 2000.
Victorieux à City dans un derby qui a vu Edwin Van der Sar arrêter un penalty (1-0), Manchester compte sept points d’avance, alors qu’il reste deux matches à disputer aux deux cadors. Après trois ans à Londres (Arsenal en 2004, puis Chelsea deux fois), le titre repart à Manchester qu’il avait quitté en 2003.
Longtemps annoncé comme la finale du championnat, leur duel mercredi à Stamford Bridge ne sera qu’une passation des pouvoirs sans doute amère pour l’entraîneur des Blues, Jose « The Special One » Mourinho, sacré en Premier League lors des quatre dernières saisons (2003 et 2004 à Porto, puis à Londres).
Ce sera une revanche savoureuse pour Alex Ferguson, qui remporte son 9e titre avec les Red Devils, deux ans presque jour pour jour après avoir demandé à ses joueurs d’accueillir par une haie d’honneur, sur la pelouse des Londoniens, ceux de Chelsea, déjà sacrés, puis d’y perdre ses dernières chances de titre en avril 2006 avec une défaite 3 à 0.
Mais malgré une seconde période pleine de fierté de son équipe à l’Emirates Stadium, pourtant réduite à dix, Mourinho aurait mauvaise grâce à remettre en cause sa défaite.
Meilleure attaque du championnat (83), 2e défense derrière Chelsea (26 buts encaissés) avec seulement quatre défaites, en tête quasiment sans discontinuer depuis la première journée, Manchester mérite son titre.
Il est la récompense d’un jeu porté vers l’offensive, après deux ans de règne de Chelsea qui avait appuyé son hégémonie sur une organisation sans faille et une défense de fer. Il est aussi la réponse d’un homme, Ferguson, que beaucoup disaient dépassé.
Tant qu’il s’accompagnait de trophées, il était difficile pour le propriétaire de Chelsea, le milliardaire russe Roman Abramovitch, de critiquer trop ouvertement un spectacle souvent guère enthousiasmant.
Une saison au final décevante, risque fort de relancer l’hypothèse d’un départ en fin de saison de Mourinho, dont le mythe d’infaillibilité a pris un sérieux coup dans l’aile en une semaine, avec une deuxième élimination en trois ans par Liverpool en demi-finale de Ligue des champions et un titre envolé.
Même si elle s’accompagnait d’une revanche sur Manchester en finale de Coupe d’Angleterre le 19 mai, la Coupe de la Ligue remportée aux dépens d’Arsenal ne suffit pas à justifier les investissements pharaoniques de Chelsea.
Recrutés à prix d’or, l’Ukrainien Andreï Shevchenko a été catastrophique et l’Allemand Michael Ballack juste acceptable. Le match de dimanche a été à l’image de la saison d’Arsenal : décevant. Les Gunners avaient clamé toute la semaine qu’ils voulaient montrer qu’ils avaient le niveau, que leurs 21 points de retard étaient un accident.
La réponse sur le terrain a été cruelle. Arsenal, il est vrai privé de Thierry Henry, William Gallas et Robin Van Persie une bonne partie de la saison, est une moins bonne équipe que Manchester et Chelsea.
Après l’ouverture du score sur penalty (43), l’équipe d’Arsène Wenger a été surclassée par les Blues, dont la seconde période en infériorité numérique aurait mérité meilleur sort que juste une égalisation, par Michael Essien.
À Portsmouth la semaine prochaine, il leur faudra être bien meilleur pour arracher la 3e place à Liverpool, qui reçoit Charlton.
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Victorieux à City dans un derby qui a vu Edwin Van der Sar arrêter un penalty (1-0), Manchester compte sept points d’avance, alors qu’il reste deux matches à disputer aux deux cadors. Après trois ans à Londres (Arsenal en 2004, puis Chelsea deux fois), le titre repart à Manchester qu’il avait quitté en 2003.
Longtemps annoncé comme la finale du championnat, leur duel mercredi à Stamford Bridge ne sera qu’une passation des pouvoirs sans doute amère pour l’entraîneur des Blues, Jose « The Special One » Mourinho, sacré en Premier League lors des quatre dernières saisons (2003 et 2004 à...