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L’élection de Sarkozy inquiète les Turcs, mais ils misent sur son pragmatisme

L’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence française inquiète la Turquie, mais plusieurs commentateurs soulignaient hier qu’une fois président, ce pragmatique pourrait évoluer dans son hostilité militante à une adhésion de leur pays à l’Union européenne. Dogu Ergil, chercheur en sciences politiques, relève chez le candidat Sarkozy « un certain opportunisme, il répond aux préoccupations et aux peurs des électeurs français », mais « une fois élus, les hommes politiques agissent en hommes d’État et non plus de façon personnelle », estime-t-il. Allant dans le même sens, le quotidien Milliyet estimait « pas impossible que Sarkozy, qui est plus un pragmatique qu’un idéologue, change de position une fois élu ». L’analyste politique Semih Idiz voit en Nicolas Sarkozy « une incarnation brute des peurs des Français » sur des questions comme l’intégration des musulmans et des immigrés ou l’adhésion à l’UE de la Turquie. « La montée en puissance d’un pays musulman et la possibilité qu’il ait le même droit de parole que la France dans l’UE est dure à avaler pour les crypto-fascistes déguisés en agneaux » que sont à ses yeux « Sarkozy et ceux qui pensent comme lui », écrit-il dans le quotidien Milliyet. Une virulence qui reflète un soupçon solidement ancré en Turquie voyant dans l’UE un club chrétien rejetant pour des raisons religieuses la Turquie musulmane.
L’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence française inquiète la Turquie, mais plusieurs commentateurs soulignaient hier qu’une fois président, ce pragmatique pourrait évoluer dans son hostilité militante à une adhésion de leur pays à l’Union européenne. Dogu Ergil, chercheur en sciences politiques, relève chez le candidat Sarkozy « un certain opportunisme, il répond aux préoccupations et aux peurs des électeurs français », mais « une fois élus, les hommes politiques agissent en hommes d’État et non plus de façon personnelle », estime-t-il. Allant dans le même sens, le quotidien Milliyet estimait « pas impossible que Sarkozy, qui est plus un pragmatique qu’un idéologue, change de position une fois élu ». L’analyste politique Semih Idiz voit en Nicolas Sarkozy « une incarnation brute des...