Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Un engagement exceptionnel en faveur de la création

Mstislav Rostropovitch aura marqué l’histoire de la musique par un engagement exceptionnel et éclectique en faveur des compositeurs de son temps, contribuant comme personne à enrichir la littérature d’un instrument, en l’occurrence le violoncelle, au XXe siècle. C’est au Conservatoire de Moscou que « Slava» a développé un vif intérêt pour les œuvres nouvelles. Admis en 1943 dans la classe d’orchestration de Dimitri Chostakovitch (1906-1975) auquel il présentera un concerto pour piano de sa main empruntant à la tradition russe, il est marqué par l’écriture de son professeur et par celle de Serge Prokofiev (1891-1953). « Dès que j’ai compris que je n’avais pas moi-même de vrai talent pour la composition et que j’étais voué à répéter les formules de ces deux maîtres vénérés, la communion d’un créateur et d’un interprète dans une musique en train de naître est devenue une passion », expliquera-t-il en 2001 à un magazine français. Au total, plus de 70 sonates et concertos pour violoncelle auront été créés pour ou inspirés par Rostropovitch. De et avec Prokofiev, son « idole», le jeune virtuose crée en 1950 la Sonate pour violoncelle et piano. Deux ans plus tard, le violoncelliste présente, sous la direction de Sviatoslav Richter, l’une des dernières œuvres majeures de Prokofiev, la Symphonie concertante, qui explore les riches possibilités expressives du violoncelle. Même après la disparition du compositeur, le même jour que Staline (5 mars 1953), Rostropovitch enrichira son corpus d’œuvres d’un Concertino achevé par Dimitri Kabalevski et créé dans sa version finale en 1960. Chostakovitch, le maître et l’ami, lui dédiera en 1959 et 1966 ses deux concertos pour violoncelle, puis réorchestrera pour lui en 1963 celui de Schumann, l’une des plus célèbres pages consacrées à cet instrument. Les premiers pas de Rostropovitch sur la scène internationale, dans les années 1960, lui ouvriront d’autres horizons. L’Anglais Benjamin Britten, qui a formé avec le ténor Peter Pears un couple très lié à Rostropovitch et à sa femme, la soprano Galina Vichnievskaïa écrira six pièces pour le violoncelliste, dont trois suites, une sonate et une symphonie concertante. Durant ses années d’exil, Rostropovitch noue des relations qui lui vaudront de nombreuses propositions de créations : en Grande-Bretagne (Arthur Bliss, William Walton), en France (Henri Dutilleux, André Jolivet, Maurice Ohana), aux États-Unis (Lukas Foss) ou encore auprès de compositeurs polonais (Witold Lutoslawski et Krzysztof Penderecki, qui ira jusqu’à intituler une pièce Per Slava). Les compositeurs russes vivants occupent une place particulière dans son cœur, tels Rodion Chédrine et Alfred Schnittke, auxquels il commande des œuvres en tant que chef d’orchestre. Moderniste ou non, l’esthétique des œuvres importe peu pour Rostropovitch, qui peut servir avec la même envie l’Italien Luciano Berio ou le Français Marcel Landowski. Le musicien a toutefois dû faire le tri dans les innombrables partitions qu’il a reçues au cours d’un demi-siècle au service de la création. Beaucoup plus rares furent les compositeurs qui se firent prier pour écrire pour lui : ainsi, Rostropovitch s’était dit prêt à « payer cher pour ne recevoir qu’une page d’Olivier Messiaen », qui lui dédiera finalement un Concerto à quatre. Benoît FAUCHET (AFP)

Mstislav Rostropovitch aura marqué l’histoire de la musique par un engagement exceptionnel et éclectique en faveur des compositeurs de son temps, contribuant comme personne à enrichir la littérature d’un instrument, en l’occurrence le violoncelle, au XXe siècle.
C’est au Conservatoire de Moscou que « Slava» a développé un vif intérêt pour les œuvres
nouvelles.
Admis en 1943 dans la classe d’orchestration de Dimitri Chostakovitch (1906-1975) auquel il présentera un concerto pour piano de sa main empruntant à la tradition russe, il est marqué par l’écriture de son professeur et par celle de Serge Prokofiev (1891-1953).
« Dès que j’ai compris que je n’avais pas moi-même de vrai talent pour la composition et que j’étais voué à répéter les formules de ces deux maîtres vénérés, la communion...