L’un renaît et l’autre s’envole : par leurs doublés pleins de classe, Rooney et Kaka ont fait basculer la veille la demi-finale aller entre Manchester United et l’AC Milan (3-2) dans la légende de la Ligue des champions, et prouvé qu’ils comptaient parmi les meilleurs joueurs du monde. On attendait Cristiano Ronaldo, fraîchement auréolé de ses titres de meilleur joueur et meilleur jeune, décernés par ses pairs du championnat anglais, et l’on a vu Wayne Rooney.
Non pas que le Portugais ait été transparent : l’UEFA lui attribue le premier but mancunien, même s’il doit énormément à la fébrilité de Dida. Et il a pesé depuis son aile sur le jeu, tout comme son pendant Ryan Giggs.
« Cristiano Ronaldo n’a pas marqué (sic), mais je m’en fiche, lançait Alex Ferguson. Ce qui compte c’est qu’il continue à évoluer à ce niveau. » Ronaldo en difficulté face aux latéraux Oddo puis Jankulovski, c’est « Roonaldo » qui a repris le costume de sauveur. D’abord en profitant d’une louche de Scholes à la limite du hors-jeu, puis en déclenchant une frappe lourde et soudaine dans les arrêts de jeu.
Muet pendant 30 mois
« Rooney a amené le premier but, a égalisé et a marqué un incroyable 3e but pour la victoire, savourait son entraîneur. Ces joueurs-là savent se mettre au niveau des événements comme celui-ci. » Le jeune attaquant de 21 ans était resté muet pendant plus de deux ans et demi sur la scène européenne, de son triplé contre Fenerbahçe le 28 septembre 2004, lors de sa première apparition dans la compétition, jusqu’au but de l’espoir à Rome (2-1) le 4 avril en quart de finale aller.
Inconsistant en sélection et quelque peu éclipsé cette saison en championnat (13 buts) par l’explosion de Cristiano Ronaldo (16), Rooney avait retrouvé la confiance contre Watford (4-1) en demi-finale de la Coupe d’Angleterre le 14 avril, en marquant un doublé et offrant sur un plateau les deux autres buts. Ce retour en forme tombe à pic pour Sir Alex, qui n’a jamais lésiné sur son soutien au n° 8 malgré ses longues plages d’inefficacité.
Si Rooney ressuscite tel le Phénix, Kaka l’angelot n’en finit plus de planer. Le Brésilien de 25 ans a conforté son statut de meilleur buteur avec ses 8e et 9e réalisations en C1 cette saison, doublant ainsi quasiment son total (20 buts) en Ligue des champions.
« Fuoriclasse »
Pas des buts de raccroc, mais en faisant « des choses qui sont inconcevables », comme le confiait son entraîneur Carlo Ancelotti, béat d’admiration. Combinaison avec Seedorf, accélération, conduite de balle puis coup de patte pour mettre la frappe croisée du gauche hors de portée d’Edwin van der Sar, le premier but douchait tout Old Trafford, avant que le deuxième ne l’éclabousse de sa virtuosité. « Fuoriclasse », disent les Italiens.
« Le second but de Kaka est vraiment très beau, déclare l’illustre ancien attaquant italien, Gianni Rivera, dans la Gazzetta dello Sport. Le Brésilien a bien fait d’anticiper la tête, avec un peu de risque et en faisant se percuter les deux défenseurs. Un timing exceptionnel. »
Là encore, Cristiano Ronaldo, couvert d’éloges et candidat au Ballon d’or, sert de comparatif : le roi Pelé estimait qu’il était « trop tôt pour en faire le meilleur joueur du monde » (comme le clame Ferguson) et surtout que le meneur de jeu de l’AC Milan avait « le même niveau » et postulait donc lui aussi à ce rang honorifique.
« Kaka est un leader malgré son jeune âge, renchérit une autre ancienne gloire italienne, Gigi Riva, dans la Gazzetta. Il ne subit pas la pression du public ou le stress, il ne se fait conditionner par personne. On dirait un gamin qui s’amuse à marquer des buts aux Anglais. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’un renaît et l’autre s’envole : par leurs doublés pleins de classe, Rooney et Kaka ont fait basculer la veille la demi-finale aller entre Manchester United et l’AC Milan (3-2) dans la légende de la Ligue des champions, et prouvé qu’ils comptaient parmi les meilleurs joueurs du monde. On attendait Cristiano Ronaldo, fraîchement auréolé de ses titres de meilleur joueur et meilleur jeune, décernés par ses pairs du championnat anglais, et l’on a vu Wayne Rooney.
Non pas que le Portugais ait été transparent : l’UEFA lui attribue le premier but mancunien, même s’il doit énormément à la fébrilité de Dida. Et il a pesé depuis son aile sur le jeu, tout comme son pendant Ryan Giggs.
« Cristiano Ronaldo n’a pas marqué (sic), mais je m’en fiche, lançait Alex Ferguson. Ce qui compte c’est qu’il...