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Actualités - Opinion

Chebaa : Damas continue à mettre des bâtons dans les roues

Au cours de la conférence de presse tenue au Caire avec Amr Moussa, le président Fouad Siniora a rappelé que, durant la guerre de juillet, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, lui avait assuré que Damas n’avait aucune objection à ce que Chebaa fût placée sous tutelle de l’ONU. En attendant de revenir pour de bon, après retrait israélien, dans le giron du Liban. Le président du Conseil a ajouté : « Aujourd’hui, cependant, c’est un tout autre son de cloche que nous entendons, puisque l’on nous affirme (entendre les Syriens) que les fermes sont sous juridiction de la 242 et non de la 425. » En d’autres termes, qu’elles font partie du territoire syrien et non du territoire libanais. Bien entendu, les pôles du 8 Mars, emboitant le pas à Damas, protestent contre la demande du pouvoir de confier Chebaa, de manière transitoire, à l’ONU. Aussi royalistes que le roi, sinon plus, ils exigent que le dossier soit réglé simultanément et concomitamment avec celui du Golan syrien occupé. Bien entendu aussi, le président Émile Lahoud leur fait écho. En soutenant que la prise en charge de l’enclave par l’ONU signifierait qu’Israël pourrait continuer à en exploiter les ressources hydrauliques. Quoi qu’il en soit, cela fait plusieurs mois que les dirigeants syriens évitent d’évoquer le cas de Chebaa. Initialement, ils avaient concédé que ces hameaux étaient bien libanais. Mais rien que verbalement, sans s’engager dans les démarches, les procédures et les formalités nécessaires pour homologuer cette reconnaissance à l’ONU. Donc pour que Chebaa soit classifiée sous la 425, non sous la 242, ce qui implique un retrait israélien inconditionnel, au profit du Liban. Tout en maintenant le flou, les Syriens réaffirment que la Résistance libanaise garde pleinement le droit de lutter pour la libération des hameaux. Ce qui entre du reste dans leur ligne traditionnelle de garder le Liban-Sud, plutôt que le Golan, comme front ouvert, ou semi-ouvert, de s’en servir comme carte de pression régionale. Discrétion inopinée Retour aux alliés locaux de la Syrie. Dans le temps, le président Nabih Berry, leader sudiste par excellence, s’était proposé de présenter des documents établissant la libanité de Chebaa. Aujourd’hui, il indique qu’il fait carême de silence, et ne veut donc plus parler, pas plus de cette question que d’autres. D’autres pôles du 8 Mars, qui soutenaient auparavant que Chebaa est bien libanaise, évitent désormais de s’avancer sur ce point. Sinon sur directives de Damas, du moins en réalisant que le régime syrien ne tient plus tellement à reconnaître la libanité de Chebaa, qu’il espère peut-être voir retomber en définitive dans sa propre escarcelle. Du côté du pouvoir, après l’établissement des sept points de M. Siniora incluant Chebaa, tous les documents disponibles ont été remis à l’ONU, en prouvant que, jadis, la Syrie avait spolié ce territoire. Le dossier libanais a pu être constitué grâce à des archives de l’ancien mandat français retrouvées auprès d’une université de la ville de Nantes. Quant à l’ONU, elle a chargé une mission d’experts de vérifier aussi bien les documents existants que le tableau et l’historique de terrain. Selon des sources fiables, ces spécialistes ont effectivement conclu à la libanité de Chebaa. Ces cadres ajoutent qu’à la mi-mai, après une tournée régionale d’une deuxième mission cadastrale, l’ONU devrait livrer son opinion dans une déclaration de son secrétariat général. De plus, M. Ban Ki-moon serait déterminé à placer Chebaa sous tutelle des Nations unies et sous juridiction de la 425, sans plus la lier au Golan. Il presserait la Syrie, comme le Liban, d’accomplir les démarches d’homologation dans les meilleurs délais. Mais l’opposition prosyrienne soutient qu’avec ou sans protection de l’ONU, la Résistance continuera à agir. L’on entend de la sorte M. Émile Lahoud marteler que l’armement de la Résistance n’est pas lié à la libération de Chebaa, mais à la défense des intérêts arabes, à la récupération des droits arabes face à Israël. Rien de moins. Ce qui montre et démontre la vocation de carte de pression attribuée au Liban-Sud dans le conflit israélo-arabe. Et ce qui laisse entendre que toute tentative de clore ce dossier aurait de redoutables retombées. Non seulement sur le plan local mais également en ce qui concerne la situation et la sécurité de la Finul. Philippe ABI-AKL
Au cours de la conférence de presse tenue au Caire avec Amr Moussa, le président Fouad Siniora a rappelé que, durant la guerre de juillet, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, lui avait assuré que Damas n’avait aucune objection à ce que Chebaa fût placée sous tutelle de l’ONU. En attendant de revenir pour de bon, après retrait israélien, dans le giron du Liban. Le président du Conseil a ajouté : « Aujourd’hui, cependant, c’est un tout autre son de cloche que nous entendons, puisque l’on nous affirme (entendre les Syriens) que les fermes sont sous juridiction de la 242 et non de la 425. » En d’autres termes, qu’elles font partie du territoire syrien et non du territoire libanais.
Bien entendu, les pôles du 8 Mars, emboitant le pas à Damas, protestent contre la demande du pouvoir de...