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Actualités - Opinion

IMPRESSION Éloge de l’autruche

Y aura-t-il une guerre en été ? Oui ? Non ? Peut-être ? Voilà une éventualité qui fait partie de notre quotidien. C’est comme de vivre au pied d’un volcan en y jetant de temps en temps un coup d’œil blasé. S’il fume, tout va bien. S’il gronde, pas grave, ce n’est pas forcément l’éruption. S’il vient à exploser, on verra. On s’organisera, selon la direction des laves. En attendant, on fait comme si de rien n’était. C’est une façon élégante de tenir les démons à distance. Si les gens heureux n’ont pas d’histoires, les malheureux n’en ont pas non plus. Le Libanais vu du ciel est une belle variété d’autruche. Son truc en plumes, il le porte ostentatoire. Dans l’attitude, dans le vêtement, dans l’allure, dans le discours et jusque dans sa manière de vivre entre deux agonies comme s’il venait de naître. Juillet l’a assommé sans l’achever. Mais le voilà, sous les coups répétitifs d’un sort jamais amène, qui pousse tant bien que mal sa charrue. Cela s’appelle le panache, et c’est encore de la plume, cette chose inutile qui donne pourtant tous les courages. De fait, malgré l’incertitude, malgré l’angoisse et le danger qui rode, le Libanais tente de mener une vie « normale ». C’est en quoi se résume son exploit. On lui reproche parfois d’enfouir sa tête sous le sable. On dit que, ce faisant, il offre au prédateur le plus délicat de son anatomie. Ce n’est pas tout à fait exact : de sable il n’a point, sinon il aurait du pétrole. S’il devait s’enfouir la tête, se serait plutôt dans les nuages tant il a tendance à la porter haut, à la mode de chez soi. La partie qui inquiète n’en est pas moins menacée. Mais l’autruche est la volaille la plus rapide au monde. Elle a ses jambes pour sauver sa tête. Autant pour la culture ! Fifi ABOU DIB
Y aura-t-il une guerre en été ? Oui ? Non ? Peut-être ? Voilà une éventualité qui fait partie de notre quotidien. C’est comme de vivre au pied d’un volcan en y jetant de temps en temps un coup d’œil blasé. S’il fume, tout va bien. S’il gronde, pas grave, ce n’est pas forcément l’éruption. S’il vient à exploser, on verra. On s’organisera, selon la direction des laves. En attendant, on fait comme si de rien n’était. C’est une façon élégante de tenir les démons à distance. Si les gens heureux n’ont pas d’histoires, les malheureux n’en ont pas non plus.
Le Libanais vu du ciel est une belle variété d’autruche. Son truc en plumes, il le porte ostentatoire. Dans l’attitude, dans le vêtement, dans l’allure, dans le discours et jusque dans sa manière de vivre entre deux agonies comme s’il...