Nous sommes tous conscients que le chapitre VII de la Charte de l’ONU sera l’ultime recours qu’il ne faudra invoquer qu’après avoir épuisé toutes les autres possibilités. Que ce recours signifie « guerre civile » pour certains n’est pas faux. Nous sommes déjà en pleine « guerre civile froide », en plein coup d’État rampant par le biais du blocage des institutions et du refus de l’alternance ; un coup d’État marqué par bien des formes de violences, à commencer par l’occupation des espaces publics et privés dans le cœur de Beyrouth.
La tentative de renverser la majorité parlementaire par ruse ou par force se poursuit en effet, avec désormais l’option supplémentaire évoquée par certains d’un torpillage du Parlement. Du jamais-vu. Ce qui se passe chez nous est un véritable précédent, un cas d’école.
Le plus surprenant, le plus douloureux, c’est de voir le monde arabe rester « impartial », ne pas prendre ouvertement parti, alors qu’à travers la médiation de Amr Moussa, à travers l’admirable règlement basé sur le principe « ni vainqueur ni vaincu » que ce dernier a tenté de mettre en place, il sait parfaitement qui bloque les négociations.
Le chef du mouvement Amal, Nabih Berry, l’avait dit après l’échec du « dialogue » avec Saad Hariri : l’accord sur le gouvernement d’entente était total, sauf sur le tiers de blocage. Encore une dérisoire habileté de langage qui ne trompe personne. L’accord était total sur quoi ? Sur tout, sauf sur l’essentiel. Encore de la poudre aux yeux à laquelle ni les Libanais ni la communauté arabe ne se sont laissé prendre.
Depuis des semaines, l’opposition se plaît dans son jeu puéril et implacable pour prendre le pouvoir. Puéril car l’opposition sait bien que jouir du tiers de blocage, c’est prendre le contrôle du gouvernement et, à terme, décider de son sort, et qu’en le réclamant, elle réclame l’impossible. On se demande même si elle ne camoufle pas son refus du tribunal derrière cette exigence, sachant bien qu’elle ne l’obtiendra pas, pour rejeter sur le gouvernement l’éche du dialogue.
Face à tous ces blocages, face au silence de la Ligue arabe, quoi de plus normal que de prendre la communauté internationale à témoin ? Elle est là pour ça, justement, et non pour assister, passivement, à la lente érosion de la stabilité, de la prospérité et de la souveraineté d’un petit État luttant contre deux forteresses inébranlables, à savoir la Syrie et l’Iran.
La communauté arabe ayant failli à son devoir de « dire le droit », c’est donc à la communauté internationale de le dire. C’est bien l’ultime recours, et ce sera l’ultime jugement. Le Liban incapable d’obtenir justice à l’ONU, c’est, quelque part, la fin de l’ordre international et le retour à la loi de la jungle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Nous sommes tous conscients que le chapitre VII de la Charte de l’ONU sera l’ultime recours qu’il ne faudra invoquer qu’après avoir épuisé toutes les autres possibilités. Que ce recours signifie « guerre civile » pour certains n’est pas faux. Nous sommes déjà en pleine « guerre civile froide », en plein coup d’État rampant par le biais du blocage des institutions et du refus de l’alternance ; un coup d’État marqué par bien des formes de violences, à commencer par l’occupation des espaces publics et privés dans le cœur de Beyrouth.
La tentative de renverser la majorité parlementaire par ruse ou par force se poursuit en effet, avec désormais l’option supplémentaire évoquée par certains d’un torpillage du Parlement. Du jamais-vu. Ce qui se passe chez nous est un véritable précédent, un cas...