Il aura fallu plus de huit ans de préparation et de négociation, depuis la mort de Pol Pot en 1998, pour que soit lancé le processus légal visant à juger d’anciens chefs khmers rouges pour le génocide qui a fait quelque deux millions de morts au Cambodge de 1975 à 1979.
1998
– 15 avril : décès de Pol Pot, l’ex-« frère numéro un » du régime des Khmers rouges ;
– 30 avril : les États-Unis demandent au Conseil de sécurité de l’ONU de mettre sur pied un tribunal pour juger les responsables du génocide au Cambodge. La Chine s’y déclare hostile ;
– 25 décembre : le dirigeant khmer rouge Khieu Samphan et l’idéologue Nuon Chea se rallient à Phnom Penh avec l’approbation du Premier ministre Hun Sen. Ils se déclarent « désolés » pour les crimes « polpotistes », mais appellent à tourner la page.
1999
– 21 janvier : Hun Sen demande officiellement à l’ONU d’organiser un procès exhaustif des Khmers rouges, qui dépasse le cadre du génocide polpotiste ;
– 6 mars : arrestation du dernier chef rebelle khmer rouge, Ta Mok, surnommé « le Boucher ». Le lendemain, le gouvernement annonce son intention de traduire Ta Mok devant un tribunal local et non pas devant une cour internationale ;
– 12 mars : le chef de la diplomatie cambodgienne, Hor Namhong, rejette la recommandation de l’ONU de faire juger les Khmers rouges par un tribunal international, déclarant que ceux-ci doivent être jugés au Cambodge ;
– 23 mars : un haut responsable cambodgien indique que les Nations unies et Phnom Penh sont d’accord pour organiser un procès « aux normes internationales » sur le territoire cambodgien ;
– 7 avril : le gouvernement accepte la participation de magistrats étrangers au procès de Ta Mok devant la justice locale ;
– 25 août : une délégation d’experts judiciaires de l’ONU arrive à Phnom Penh pour discuter de la mise en place d’un tribunal « à caractère international ».
2000
– 1er décembre : Hun Sen indique qu’il est opposé à des poursuites contre l’un des principaux dirigeants polpotistes, Ieng Sary, qui a bénéficié d’une grâce royale en 1996.
2001
– 2 janvier : l’Assemblée nationale du Cambodge adopte le projet de loi instaurant un tribunal spécial mixte (cambodgien mais à « caractère international ») ;
– 19 janvier : un des principaux adjoints de Pol Pot, Khieu Samphan, assure à Hun Sen être disposé à comparaître ;
– 20 juillet : deux anciens hiérarques khmers rouges, Nuon Chea et Khieu Samphan, récusent les conclusions d’un rapport américain liant les hauts cadres du régime de Pol Pot à la mort de deux millions de Cambodgiens ;
– 10 août : la loi instaurant un tribunal spécial mixte entre en vigueur en étant paraphé par le roi Norodom Sihanouk.
2002
– 8 février : le secrétariat général de l’ONU se retire des préparatifs d’un procès international, une décision justifiée par la crainte d’un manque d’indépendance du tribunal ;
– 9 février : le gouvernement cambodgien annonce qu’il va tout de même juger d’anciens chefs khmers rouges, en dépit de l’annonce de l’ONU ;
– 18 décembre : l’Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution ouvrant la voie à une reprise des négociations avec Phnom Penh.
2003
– 6 juin : après quatre années de laborieuses négociations, les Nations unies et le gouvernement cambodgien signent un accord historique sur la mise en place d’un tribunal à participation internationale.
2006
– 3 juillet : les juges cambodgiens et étrangers prêtent serment ;
- 21 juillet : décès de Ta Mok (« le Boucher »), 80 ans, qui était appelé à comparaître.
Il aura fallu plus de huit ans de préparation et de négociation, depuis la mort de Pol Pot en 1998, pour que soit lancé le processus légal visant à juger d’anciens chefs khmers rouges pour le génocide qui a fait quelque deux millions de morts au Cambodge de 1975 à 1979.
1998
– 15 avril : décès de Pol Pot, l’ex-« frère numéro un » du régime des Khmers rouges ;
– 30 avril : les États-Unis demandent au Conseil de sécurité de l’ONU de mettre sur pied un tribunal pour juger les responsables du génocide au Cambodge. La Chine s’y déclare hostile ;
– 25 décembre : le dirigeant khmer rouge Khieu Samphan et l’idéologue Nuon Chea se rallient à Phnom Penh avec l’approbation du Premier ministre Hun Sen. Ils se déclarent « désolés » pour les crimes « polpotistes », mais appellent à tourner la...
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