Rechercher
Rechercher

Actualités

ENTREPRISE OPP : un marasme économique sans précédent en février et mars Liliane MOKBEL

Après 70 ans dans le commerce du papier, la famille Bekdache opère en 1955 une importante mutation et se convertit dans l’industrie du cahier sous l’enseigne OPP. Avec les années, les lignes de production se diversifent et évoluent. En 1995, la société marque une touche blanche dans son registre et lance sur le marché un nouveau produit : le papier continu. Comme dans toute autre industrie, celle du cahier obéit à une mode, une tendance et des couleurs. Parallèlement aux séries de cahiers standards, tous les ans, la famille Bekdache joue des nuances et des mesures pour créer de nouvelles gammes de cahiers au goût du jour destinées aux diverses tranches d’âge. Dans ce métier, il faut tout autant séduire que convaincre. Avant d’être commercialisés, les produits sont testés sur le terrain. C’est que la décision de production d’un article est nourrie de la connaissance du marché. Compte tenu de l’emplacement géographique de l’usine dans la banlieue sud de Beyrouth, ses portes ont été totalement fermées pendant 45 jours l’été dernier lors de l’agression israélienne contre le Liban. Bilan : 30 % de pertes des parts de marché d’OPP à l’export. Depuis cette date, les pays européens sont réticents à traiter avec des opérateurs libanais de peur de voir les délais de livraison non respectés. Quant au monde arabe, la concurrence est déloyale dans la mesure où les accords du Gafta ne sont pas respectés par tous les pays membres. OPP a vendu en 2003 au Maroc 4 % du total de son volume à l’export. En 2004, elle a vendu 35 %. Ce chiffre est tombé à zéro pour cent en 2006 en raison de l’imposition d’une taxe douanière de 40 % sur les cahiers, en violation du traité du Gafta. Le cahier fabriqué au pays du Cèdre est pourtant connu et recherché sur le marché maghrébin. Pour l’exportation vers la Syrie, OPP fait face à un problème presque semblable. La production d’OPP, à l’instar d’autres produits fabriqués au Liban, est soumise non à des taxes douanières, mais à d’autres taxes, telles que la taxe municipale, la taxe pour effort de guerre, etc., qui totalisent au final un pourcentage de 12 %. « Ce n’est pas parce que l’on a vécu beaucoup de situations que l’on peut maîtriser l’avenir », souligne Ziad Bekdache, directeur général d’OPP. Il affirme que les affaires de l’entreprise ont connu un tassement sans précédent au cours des mois de février et de mars derniers. Sur cette période, la proportion des ventes a chuté de 15 à 20 % par rapport à février et mars 2006. Le plan B est en vigueur depuis déjà quelques années au sein d’OPP. Mais l’année en cours devrait connaître des restrictions budgétaires encore plus draconiennes. Ziad Bekdache souligne que toutes les dépenses qui sont susceptibles d’être reportées le sont. Ainsi, il évoque l’annulation de la visite cette année de la foire de Francfort pour la papeterie, un Salon international pourtant incontournable pour les professionnels du métier. OPP vient d’obtenir un prêt de Kafalat étalé sur sept ans pour l’achat d’une machine moderne. N’y a-t-il pas une contradiction entre la stratégie d’expansion de l’usine et le tassement économique qui prévaut dans le pays et qui affecte grandement le budget des ménages ? Ziad Bekdache est clair : « Si OPP ne continue pas à investir, elle sort tout simplement du marché. » Dans quelques mois, OPP planifie de transférer ses opérations sous d’autres cieux plus cléments. Elle entend transférer son quartier général vers des locaux plus spacieux, soit à Dbayé, soit à Wadi Chahrour. L’option n’est pas encore levée.
Après 70 ans dans le commerce du papier, la famille Bekdache opère en 1955 une importante mutation et se convertit dans l’industrie du cahier sous l’enseigne OPP. Avec les années, les lignes de production se diversifent et évoluent. En 1995, la société marque une touche blanche dans son registre et lance sur le marché un nouveau produit : le papier continu.
Comme dans toute autre industrie, celle du cahier obéit à une mode, une tendance et des couleurs. Parallèlement aux séries de cahiers standards, tous les ans, la famille Bekdache joue des nuances et des mesures pour créer de nouvelles gammes de cahiers au goût du jour destinées aux diverses tranches d’âge. Dans ce métier, il faut tout autant séduire que convaincre. Avant d’être commercialisés, les produits sont testés sur le terrain. C’est que la...