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El-Qaëda en action au Maghreb

Les kamikazes de Casablanca et les attentats d’Alger démontrent que la branche maghrébine d’el-Qaëda fonctionne et qu’elle essaiera de frapper en Afrique du Nord chaque fois qu’elle le pourra, estiment les experts. « Il faut lier ce qui se passe à la récente formation d’el-Qaëda au Maghreb islamique », affirme Mohammad Darif, professeur de sciences politiques à l’université de Mohammedia, au sud de Rabat. Pour cet expert de l’islamisme marocain, « cette vague de violence ne se limite pas au Maroc et ces réseaux vont commettre, s’ils en ont la possibilité et les moyens, des attentats non seulement dans le royaume, mais en Algérie, en Tunisie et même en Mauritanie ». « Cette vague de violence est normale. Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien a pris son temps pour essaimer des cellules dans toute l’Afrique du Nord, et lorsqu’il s’est senti assez solide, il a pris le nom d’el-Qaëda Maghreb qui regroupe désormais tous les salafistes maghrébins », note M. Darif. Le GSPC avait d’ailleurs annoncé fin janvier son changement de nom sur « ordre » d’Oussama Ben Laden pour devenir « organisation d’el-Qaëda au pays (région) du Maghreb islamique ». « Pendant un certain temps, on a eu l’impression que les autorités au Maghreb avaient frappé durement les réseaux terroristes islamistes, notamment au Maroc après les attentats de Casablanca de 2003 et en Algérie ces dernières années », explique pour sa part à l’AFP Magnus Ranstorp, directeur du « Centre d’étude des menaces asymétriques » au Collège national de défense suédois. Mais, constate ce spécialiste des réseaux jihadistes, « il semble qu’aujourd’hui ces deux fronts retrouvent vitalité et énergie comme réaction peut-être à la sévérité de la répression qui les a frappés ». En tout cas, pour lui, ce sont les Algériens qui ont pris les rênes d’el-Qaëda en Afrique du Nord. Le mois dernier, le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière avait estimé que « tous les ingrédients étaient désormais réunis. L’ex-GSPC a vocation de prendre en compte l’ensemble des mouvements radicaux du Maghreb : le GICL libyen, le GICM marocain, le GICT tunisien. On a un arc islamiste, avec des projets également dans le Sud, au Sahel ». Pour lui, « l’appellation el-Qaëda au Maghreb, cela veut dire quoi ? Elle traduit la volonté affichée d’une régionalisation de l’organisation (...) C’est notre sujet de préoccupation majeur et il est clair que cela constitue une menace directe pour la France ». Dans un rapport publié le 5 mars, le centre de recherches privé américain Stratfor écrivait que « l’expansion d’el-Qaëda au Maghreb intervient à un moment où l’activité militante dans la région est à la hausse, et semble être une tentative de coordonner les différents mouvements régionaux soumis aux pressions des appareils de sécurité de leurs pays respectifs ». En tout cas, pour M. Darif, « c’est un peu de l’utopie de penser qu’on peut mettre un terme aux actes de violence, car je pense que la particularité des cellules qui adoptent l’idéologie salafiste jihadiste, c’est leur capacité à se régénérer par son recrutement ». « Aujourd’hui tous ces réseaux qualifiés de terroristes adoptent l’idéologie salafiste jihadiste, car c’est la seule idéologie qui, actuellement, est légitime et prône le recours à la violence. Ces groupes ont tous des liens de nature organisationnelle avec el-Qaëda Maghreb ». Sammy KETZ (AFP)
Les kamikazes de Casablanca et les attentats d’Alger démontrent que la branche maghrébine d’el-Qaëda fonctionne et qu’elle essaiera de frapper en Afrique du Nord chaque fois qu’elle le pourra, estiment les experts.
« Il faut lier ce qui se passe à la récente formation d’el-Qaëda au Maghreb islamique », affirme Mohammad Darif, professeur de sciences politiques à l’université de Mohammedia, au sud de Rabat. Pour cet expert de l’islamisme marocain, « cette vague de violence ne se limite pas au Maroc et ces réseaux vont commettre, s’ils en ont la possibilité et les moyens, des attentats non seulement dans le royaume, mais en Algérie, en Tunisie et même en Mauritanie ». « Cette vague de violence est normale. Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien a pris son temps pour essaimer...