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Actualités - Opinion

ÉCLAIRAGE Gates, le pragmatique, se distingue de son prédécesseur Rumsfeld

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, en fonctions depuis quelques mois, affiche un style modeste et pragmatique qui satisfait même les adversaires démocrates de l’Administration Bush et tranche avec celui de son prédécesseur Donald Rumsfeld, jugé arrogant. «Le secrétaire Gates est un souffle d’air frais. Il agit, et ce ne sont pas seulement des personnes à des positions inférieures qui ont été remplacées, mais de hauts responsables », s’est félicité récemment la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, en référence au délabrement des installations découvert à l’hôpital militaire Walter Reed, à Washington. « Jusqu’à ce que le secrétaire Gates arrive, pratiquement aucun haut dirigeant n’a jamais été tenu pour responsable », a renchéri le président de la commission du Sénat sur les Forces armées, le démocrate Carl Levin. Donald Rumsfeld, qui a démissionné après la défaite du Parti républicain aux élections parlementaires de novembre, a été accusé d’avoir couvert la haute hiérarchie militaire dans le scandale des sévices et mauvais traitements sur des prisonniers irakiens à la prison d’Abou Ghraib par des soldats américains en 2004. Douze militaires ont été condamnés, mais seul l’un d’entre eux, le colonel Thomas Pappas, était un officier. Robert Gates, en revanche, s’est montré immédiatement plus sévère après les révélations parues dans le Washington Post sur l’état des installations où sont hébergés les blessés d’Irak à Walter Reed, pourtant considéré comme un des fleurons de la médecine militaire américaine. Et les sanctions sont très vite tombées. Le directeur de Walter Reed, le général George Weightman, a été renvoyé et Robert Gates s’est séparé de son secrétaire d’État à l’Armée de terre, Francis Harvey, à qui il a reproché d’avoir nommé à titre intérimaire à la tête de l’hôpital un autre général personnellement impliqué dans les négligences de l’établissement. « Je suis déçu que certains au sein de l’armée n’aient pas réalisé le sérieux de la situation », a-t-il laissé tomber. Calme et peu démonstratif, ce proche de George Bush, père de l’actuel président, multiplie les politesses à l’égard des journalistes, au contraire de son prédécesseur, rugueux et combatif. Dans la salle de presse du Pentagone, Robert Gates préfère être assis à une table pour converser avec les représentants des médias, alors que son prédécesseur avait choisi d’être debout à un pupitre, duquel il se plaisait à rudoyer ceux qui lui posaient des questions désagréables. « Je suis reconnaissant aux journalistes d’avoir signalé ce problème, mais je suis très déçu que nous ne l’ayons pas identifié nous-mêmes », a dit M. Gates à propos des articles du Washington Post sur Walter Reed. Auditionné début décembre par le Sénat, sa franchise sur la situation en Irak avait été saluée par des sénateurs, alors que son prédécesseur a été souvent accusé de nier la réalité. Classé dans la catégorie des « réalistes », Robert Gates a participé l’an dernier aux travaux du Groupe d’études sur l’Irak, présidé par l’ancien secrétaire d’État James Baker et qui a préconisé un changement de la stratégie américaine dans ce pays. Sa présence au sein du gouvernement n’est peut-être pas pour rien dans l’assouplissement de la diplomatie américaine depuis quelques semaines à l’égard de pays ennemis, l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord. Mais la lune de miel du secrétaire à la Défense avec le Congrès et les médias américains pourrait ne pas durer s’il n’y a pas de signes d’amélioration en Irak. Et Robert Gates a peu de temps pour convaincre, car il devrait partir début 2009 à la fin de la présidence Bush. Jérôme BERNARD (AFP)
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, en fonctions depuis quelques mois, affiche un style modeste et pragmatique qui satisfait même les adversaires démocrates de l’Administration Bush et tranche avec celui de son prédécesseur Donald Rumsfeld, jugé arrogant.
«Le secrétaire Gates est un souffle d’air frais. Il agit, et ce ne sont pas seulement des personnes à des positions inférieures qui ont été remplacées, mais de hauts responsables », s’est félicité récemment la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, en référence au délabrement des installations découvert à l’hôpital militaire Walter Reed, à Washington. « Jusqu’à ce que le secrétaire Gates arrive, pratiquement aucun haut dirigeant n’a jamais été tenu pour responsable », a renchéri le président de la commission du Sénat...