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Actualités - Opinion

L’ÉDITORIAL de Issa GORAIEB Course d’endurance

Une fois de plus, les amateurs de révélations sensationnelles seront restés sur leur faim à la lecture du dernier rapport d’étape de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri. Une fois de plus, les Syriens, de leur côté, y auront été de leur petit couplet sur le sérieux et le professionnalisme du juge Serge Brammertz qui, contrairement en effet à son prédécesseur Detlev Mehlis, s’est bien gardé, cette fois encore, de formuler le moindre soupçon quant à l’identité des commanditaires de ce crime et des seize autres attentats perpétrés au Liban depuis le 1er octobre 2005. Les amateurs de révélations devront attendre. C’est à une tâche colossale, à un laborieux travail de fourmi nécessitant l’examen et la vérification de centaines de milliers d’indices de toutes natures, que se sont attaqués les enquêteurs, et il va de soi qu’une telle entreprise nécessite beaucoup de temps et d’efforts. De ce volumineux, mais nécessairement discret document on retiendra surtout deux éléments, lesquels sont peut-être autant de fuites contrôlées. Le premier de ces éléments consiste dans les progrès marqués par l’enquête. La seule mention de tels progrès revient en effet à faire d’une pierre deux coups. Elle rassure, d’un côté, une opinion publique gagnée par le doute à chaque fois que se dessinent des ébauches de pourparlers régionaux ou internationaux. Et elle fait monter la pression sur les coupables réels ou présumés qui n’avaient jamais imaginé sans doute que l’assassinat d’un chef politique, dans un pays cuit et recuit par la violence et où les liquidations étaient devenues monnaie courante, allait provoquer la mise en place d’une si énorme et persévérante quête de la vérité. Le deuxième élément nouveau et saillant de ce septième rapport d’étape laisse songeur. Les enquêteurs ont jugé utile en effet de remonter loin dans le passé, jusqu’à quinze mois avant l’épouvantable explosion de Aïn el-Mreïssé, évoquant la dynamique des contacts politiques qu’entretenait Rafic Hariri avec des parties locales, syriennes et autres, de même que les préparatifs des élections législatives qui devaient avoir lieu en mai 2005. Il devient clair que l’extraordinaire stature de Hariri en inquiétait plus d’un : et pas seulement, faut-il croire, parce qu’il tentait de s’opposer à la funeste reconduction du mandat présidentiel d’Émile Lahoud. Quel projet, quel vaste dessein a-t-on voulu tuer en liquidant son auteur ? Quant à la satisfaction affichée hier par Damas, elle ne saurait trop faire illusion. De Mehlis à Brammertz bien des choses ont changé, c’est vrai, dans la manière dont est menée – et rapportée – l’enquête. Mais la Syrie elle aussi a changé, qui, après avoir multiplié les obstacles face aux investigateurs, n’a pu faire autrement que finir par les accueillir sur son territoire et satisfaire leurs demandes d’entrevues, se gagnant ainsi de précieux certificats de globalement satisfaisante (mais pas tout à fait de bonne) conduite. Il reste que le régime de Damas n’a pas baissé les bras pour autant : acculé à coopérer sous les intenses pressions de la communauté internationale, y compris de la Russie, c’est sur un autre front – celui du tribunal à caractère international – qu’il a transposé la bataille avec l’aide généreuse de ses alliés libanais. C’est à ce tribunal que seront remises un jour les conclusions de l’enquête ; et plutôt que le coup d’envoi, c’est l’épilogue que l’on se propose maintenant de court-circuiter. Forcément longue, l’enquête ? C’est sur le marathon du tribunal que les suspects sont en quête d’un providentiel bol d’air. C’est sur ce terrain précisément que la communauté internationale, elle, ne doit pas s’essouffler. Issa GORAIEB

Une fois de plus, les amateurs de révélations sensationnelles seront restés sur leur faim à la lecture du dernier rapport d’étape de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri. Une fois de plus, les Syriens, de leur côté, y auront été de leur petit couplet sur le sérieux et le professionnalisme du juge Serge Brammertz qui, contrairement en effet à son prédécesseur Detlev Mehlis, s’est bien gardé, cette fois encore, de formuler le moindre soupçon quant à l’identité des commanditaires de ce crime et des seize autres attentats perpétrés au Liban depuis le 1er octobre 2005.
Les amateurs de révélations devront attendre. C’est à une tâche colossale, à un laborieux travail de fourmi nécessitant l’examen et la vérification de centaines de milliers d’indices de toutes...