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Actualités - Analyse

ANALYSE La répression renforce une opposition zimbabwéenne divisée

aLa répression de l’opposition zimbabwéenne, jusqu’à présent divisée, semble avoir rassemblé les fractions et concentré leurs énergies contre leur adversaire commun, le président Robert Mugabe, en vue de l’élection présidentielle prévue en 2008. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), auparavant considéré comme seul capable d’inquiéter le régime de Mugabe, n’était plus que l’ombre de lui-même depuis une scission fin 2005 provoquée par un conflit sur la participation aux élections sénatoriales. Mais l’arrestation violente des leaders des deux tendances pourrait les avoir rapprochées. « Ils peuvent maintenant se rendre compte que leurs différences sont superficielles », estime Bill Saidi, analyste politique. « Il y a de fortes chances pour une sorte d’unité. » La scission s’est produite lorsque Morgan Tsvangirai, ancien leader syndical fondateur du MDC en 1999, a exclu 26 responsables du parti deux semaines avant les sénatoriales de 2005 auxquelles il refusait de participer en raison des fraudes qui, selon lui, ne manqueraient pas de les entacher. Les renégats, opposés au boycottage du scrutin, ont refusé d’accepter leur exclusion et se sont organisés en fraction, plaçant à leur tête Arthur Mutambara, un ancien leader étudiant. Jusqu’au week-end dernier, les divisions du MDC étaient synonyme d’une certaine tranquillité politique de Mugabe, en dépit de l’aggravation de la dépression économique, marquée par une inflation record et des pénuries récurrentes, de l’essence au sucre, en passant par les produits d’hygiène. Mais Mutambara et Tsvangirai ont marqué des points en apparaissant côte à côte mardi devant un tribunal pour avoir tenté de participer à une « prière collective » organisée par Save Zimbabwe Campaign, regroupement de partis d’opposition, d’associations de défense des droits de l’homme et de groupes religieux. « Si Robert Mugabe et les siens pensaient affronter une opposition divisée, ils se trompaient », a lancé Mutambara hier. « Nous devons faire face ensemble », avait-il déclaré à l’AFP la veille après avoir rendu visite à Tsvangirai à l’hôpital, où il était soigné pour des blessures à la tête subies pendant sa détention. Thokozani Khupe, vice-président de la tendance de Tsvangirai, est allé dans le même sens : « Selon moi, une personne normale doit se rendre compte que nous avons besoin d’unité. Il est temps de dire que toutes les forces démocratiques du Zimbabwe doivent désormais travailler ensemble. » Selon John Makumbe, chercheur en sciences politiques de l’Université du Zimbabwe, il est peut-être encore tôt pour une réunification formelle, mais les derniers événements ont sûrement rassemblé les deux fractions. « L’avenir semble prometteur et il incombe à Save Zimbabwe Campaign, en particulier à l’Alliance chrétienne, de pousser les deux camps à résoudre leurs différends et à se concentrer sur le travail de base pour accéder au pouvoir. » Il y avait déjà eu des signes de dégel en décembre lorsque les deux fractions s’étaient retrouvées parmi les 23 organisations à l’origine de la création de Save Zimbabwe Campaign. Il est ironique de constater que Mugabe et son parti, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), dont l’idée de créer un Sénat avait divisé le MDC, soient maintenant à l’origine de la réconciliation des factions, selon Saidi. « Il est étrange que ce soit le gouvernement de la Zanu-PF qui les ait rapprochées. »

aLa répression de l’opposition zimbabwéenne, jusqu’à présent divisée, semble avoir rassemblé les fractions et concentré leurs énergies contre leur adversaire commun, le président Robert Mugabe, en vue de l’élection présidentielle prévue en 2008.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), auparavant considéré comme seul capable d’inquiéter le régime de Mugabe, n’était plus que l’ombre de lui-même depuis une scission fin 2005 provoquée par un conflit sur la participation aux élections sénatoriales. Mais l’arrestation violente des leaders des deux tendances pourrait les avoir rapprochées. « Ils peuvent maintenant se rendre compte que leurs différences sont superficielles », estime Bill Saidi, analyste politique. « Il y a de fortes chances pour une sorte d’unité. »
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