« Le Hezbollah a permis à l’occupation israélienne de se perpétuer ; il doit immédiatement remettre ses armes à l’État libanais parce que sa mission de libération est terminée. »
Michel Aoun, MTV, avril 2002 – le Liban est sous tutelle syrienne.
« Qu’est-ce qui nous unira avec le Hezbollah s’il a une indépendance politique et militaire et qu’il ne reconnaît pas la souveraineté de l’État ? »
Michel Aoun, au téléphone devant des Libanais à Londres, décembre 2004 – le Hezbollah reste encore, deux ans et demi plus tard, un État dans l’État.
« Le Hezbollah a le droit de garder ses armes puisque l’État est absent. »
Michel Aoun, NewTV, mars 2007 – l’État libanais est indépendant et impose sa libre décision
depuis la formation du gouvernement Siniora.
Il y a des dragées à offrir. Que l’événement ait eu lieu la veille de la deuxième commémoration de l’hyper-printemps du 14 Mars, ou à 48 heures de la remise par Serge Brammertz de son septième rapport d’étape n’est pas le plus important. Que l’on ait pu, pour la première fois depuis l’attentat contre Marwan Hamadé le 1er octobre 2004 (on dira même depuis l’assassinat de Kamal Joumblatt en 1977), mettre des menottes (et un nom) aux criminels n’est pas, non plus, fondamental – aussi jouissive et bienvenue qu’ait été l’information. Qu’un enfant de quatre ans, pourtant particulièrement soucieux de ne pas anticiper le travail de la justice, ait désormais eu la confirmation, s’il le fallait, que les eaux du Barada sont on ne peut plus saumâtres et bourbeuses, là n’est pas non plus le point principal.
Non : le démantèlement du réseau terroriste appartenant au Fateh el-Islam a eu ceci d’énorme qu’il a montré, et avec quel éclat, que l’État est non seulement bel et bien là, mais qu’il est on ne peut plus capable de remplir bon nombre de ses plus essentiels devoirs. Et ce, malgré son insensé kidnapping par le camp du 8 Mars, malgré l’archiverrouillage du Parlement par Nabih Berry, malgré les coups de boutoir contre un gouvernement à la légitimité et à la popularité décidément inébranlables, malgré l’annexion de Baabda par Émile Lahoud… Cet État souffreteux, polyhandicapé, atrophié donc, n’est pas seulement capable de réparer les mortelles erreurs d’une partie des Libanais (résolution 1701, conférence de Stockholm puis indemnisation), de garder tant bien que mal un pays sur ses pieds (les ministères et autres administrations fonctionnent, ne serait-ce que pour éviter l’anarchie), de préparer, en misant sur les bonnes intentions de tous, l’avenir (Paris III) : il est aussi à même de réussir un spectaculaire, un salutaire coup de filet.
On n’applaudit évidemment pas un ténor parce qu’il se racle la gorge avant de chanter. Les forces de sécurité ont certes réalisé de la belle ouvrage, un chantier entamé il y a plusieurs mois, dit-on, par Ahmad Fatfat ; il n’en reste pas moins risible, un peu pathétique, de s’extasier parce qu’il y a des gens, un système, qui font ce pour quoi ils sont payés… Il y a pourtant là matière naturelle à sourire sinon de plaisir, du moins de satisfaction, comme devant un enfant sur chaise roulante qui fait de nouveau ses premiers pas, mieux encore : qui joue un match de tennis. Davantage, lorsque l’on se rappelle combien ces forces de sécurité et de renseignements, et, surtout, leurs autorités de tutelle (le gouvernement et les ministères concernés), ont été la cible des critiques, des lazzis et des humiliations les plus violentes de la part de l’opposition en général, du CPL en particulier. Une opposition qui se retrouve obligée de féliciter les forces de sécurité tout en poussant le ridicule jusqu’à continuer à défendre les commanditaires, et un CPL dont le chef a franchi hier le mur du son : « Le Hezbollah a le droit de garder ses armes puisque l’État est absent », a donc dit Michel Aoun. Vingt-quatre heures après l’arrestation et les aveux des six terroristes, et quelques heures à peine avant la remise du rapport d’étape sur le suivi de l’application de la 1701, il y a là de quoi simplement… renoncer à comprendre.
Bref. Le fait est qu’on a les joies qu’on mérite. Certains, là-bas, se félicitent parce qu’ils réussissent des réformes politiques, sociétales ou économiques ambitieuses, parce qu’ils engrangent des dizaines de médailles d’or à quelques Jeux olympiques, parce qu’ils font une extraordinaire découverte médicale ou scientifique… Ici, on est heureux parce qu’on met la main sur des assassins. C’est une bonne chose : il en est qui pleurent de joie, en 2007, lorsqu’ils peuvent bénéficier de l’eau courante. Ça remonte le moral.
Ziyad MAKHOUL
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Michel Aoun, MTV, avril 2002 – le Liban est sous tutelle syrienne.
« Qu’est-ce qui nous unira avec le Hezbollah s’il a une indépendance politique et militaire et qu’il ne reconnaît pas la souveraineté de l’État ? »
Michel Aoun, au téléphone devant des Libanais à Londres, décembre 2004 – le Hezbollah reste encore, deux ans et demi plus tard, un État dans l’État.
« Le Hezbollah a le droit de garder ses armes puisque l’État est absent. »
Michel Aoun, NewTV, mars 2007 – l’État libanais est indépendant et impose sa libre décision
depuis la formation du gouvernement Siniora.
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