On aime
L’œuvre de David Lynch est indéniablement une œuvre complète où le cinéaste américain met toutes les disciplines qu’il maîtrise au service de l’idée. «C’est, dit-il l’idée qui mène la barque et qui engendre des images.» Musicien, peintre, chef déco et de montage, ainsi que cinéaste, il s’érige en maître à bord et offre au regard un spectacle à la fois sonore, visuel et sensoriel. C’est peut-être pour cela qu’il met du temps à terminer un film. Si on considère que le cinéma est un simple divertissement, il est alors inutile de faire l’effort d’aller voir des films de David Lynch, pour lancer par la suite, négligemment, un «on ne comprend rien». À partir du moment où l’on est convaincu que le cinéma est un art, on ne peut que convenir que l’œuvre de Lynch relève du génie. Abstrait? Certes. Mais pourquoi admettrait-on que Picasso, Magritte ou Dali sont de grands peintres alors qu’on continue à nier ce qualificatif aux surréalistes du cinéma?
C.K.
On n’aime pas
David Lynch, une mode ? Son univers onirique est-il
authentique ?
Les réponses à ces deux questions éclairent sur l’intégrité d’un cinéaste paradoxal qui cultive l’étrange et le malaise.
Il est certain que son film le plus probant et probablement le plus réussi est Eraserhead, pour ses qualités naïves et ses bizarreries. Ce premier long-métrage de David Lynch donne certainement le ton de l’œuvre à suivre et Elephant Man, bien que plus traditionnel et réservé, reste certainement un chef-d’œuvre.
À partir de ces deux films, David Lynch me semble cultiver à tout prix les ambiances oppressantes et les situations surnaturelles comme s’il cherchait à se faire un nom ou à imprimer la marque « Lynch » sur toutes ses œuvres avec plus ou moins de réussite.
Même si Sailor et Lula a été primé à Cannes par un jury présidé cette année-là par Bernardo Bertolucci, même si ce label reste inimitable et qu’il obtient fréquemment des prix de mise en scène (ses films ont des qualités visuelles indéniables), sur le fond, les doutes persistent sur l’intégrité et l’authenticité de son inspiration.
A. I. NACCACHE
L’œuvre de David Lynch est indéniablement une œuvre complète où le cinéaste américain met toutes les disciplines qu’il maîtrise au service de l’idée. «C’est, dit-il l’idée qui mène la barque et qui engendre des images.» Musicien, peintre, chef déco et de montage, ainsi que cinéaste, il s’érige en maître à bord et offre au regard un spectacle à la fois sonore, visuel et sensoriel. C’est peut-être pour cela qu’il met du temps à terminer un film. Si on considère que le cinéma est un simple divertissement, il est alors inutile de faire l’effort d’aller voir des films de David Lynch, pour lancer par la suite, négligemment, un «on ne comprend rien». À partir du moment où l’on est convaincu que le cinéma est un art, on ne peut que convenir que l’œuvre de Lynch relève du génie....
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