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Sayyed demande justice à Rizk

L’ancien directeur de la Sûreté, Jamil Sayyed, a adressé hier par le biais de son avocat au ministère de la Justice une note dans laquelle il répond au communiqué dans lequel le ministère avait commenté le rapport du département d’État sur la situation des droits de l’homme. Estimant que le rapport du département d’État « a adressé des critiques aux autorités judiciaires libanaises pour soumission aux pressions politiques, violation des lois et détention abusive de quatre officiers », le général Sayyed s’est arrêté sur le point dans lequel le ministère rappelle que ces derniers avaient été arrêtés sur base d’une recommandation de la commission d’enquête internationale, que présidait M. Detlev Mehlis, puis en vertu d’une décision du juge d’instruction, Élias Eid. Il a rejeté l’argumentation du ministère, en formulant les remarques suivantes : « Le ministère de la Justice rejette la responsabilité de ma détention arbitraire sur la commission d’enquête internationale et sur le juge Élias Eid, mais la commission que préside le magistrat Serge Brammertz a officiellement certifié à cinq reprises que toute décision relative à cette détention relève de la compétence pleine et exclusive des autorités judiciaires libanaises et qu’elle ne joue aucun rôle à cet égard. Elle a également estimé que la recommandation émise par M. Mehlis, et suivie par les magistrats libanais, outrepasse le rôle de la commission et empiète sur les prérogatives des autorités judiciaires libanaises. » M. Sayyed a en outre fait valoir que « le magistrat Élias Eid rejette la responsabilité du maintien de la détention arbitraire des quatre officiers sur les pressions d’ordre politique exercées sur lui par le procureur général, Saïd Mirza ». « M. Mirza, a-t-il poursuivi, attribue à son tour la responsabilité de cette détention arbitraire à des pressions et à des considérations politiques. Alors que les considérations d’ordre politique sont normalement le fait du gouvernement, celui-ci affirme, par le biais du ministre de la Justice, qu’il n’interfère pas dans les activités des autorités judiciaires et de la commission d’enquête internationale. » L’ancien directeur de la Sûreté générale a ensuite rappelé qu’il avait demandé à plusieurs reprises des précisions au ministre de la Justice, Charles Rizk. « On m’a expliqué en deux mots, a-t-il dit, que la responsabilité de ma détention arbitraire est devenue une balle que le ministre jette dans le camp des magistrats et de la commission d’enquête internationale qui la renvoie à son tour à M. Eid, qui la renvoie de son côté dans le camp du juge Mirza, qui la jette dans celui des autorités politiques. Et cela dure depuis un an et demi. » Il s’est interrogé sur le point de savoir si l’affaire de l’assassinat de Hariri mérite de « se transformer en balle qu’on jette d’un camp à l’autre au lieu de faire l’objet d’une enquête sérieuse et appropriée, conformément au droit, à la justice et aux exigences de la vérité ». Après avoir estimé que le ministre de la Justice est « au courant de tous les faits et notamment de la violation par les autorités judiciaires libanaises de la résolution 1559 du Conseil de sécurité sur l’exécution de laquelle son département doit veiller », l’ancien directeur de la Sûreté s’est directement adressé à M. Rizk pour lui demander s’il a l’intention de se pencher sur l’affaire de sa détention. « Vous savez, a-t-il dit, que les magistrats concernés ont suivi une recommandation erronée émise par M. Mehlis et ont immédiatement ordonné mon arrestation puis ma détention car celle-ci était conforme à des orientations politiques. Ils refusent aujourd’hui de prendre en considération les données et les évaluations de M. Brammertz, qui abrogent la recommandation de son prédécesseur, au motif que les conclusions du magistrat belge contredisent les orientations politiques en fonction desquelles ma détention est maintenue. Allez-vous traiter ce problème, non pas pour réagir au rapport du département d’État, mais pour que justice soit rendue au président Hariri et à nous-mêmes ? »
L’ancien directeur de la Sûreté, Jamil Sayyed, a adressé hier par le biais de son avocat au ministère de la Justice une note dans laquelle il répond au communiqué dans lequel le ministère avait commenté le rapport du département d’État sur la situation des droits de l’homme.
Estimant que le rapport du département d’État « a adressé des critiques aux autorités judiciaires libanaises pour soumission aux pressions politiques, violation des lois et détention abusive de quatre officiers », le général Sayyed s’est arrêté sur le point dans lequel le ministère rappelle que ces derniers avaient été arrêtés sur base d’une recommandation de la commission d’enquête internationale, que présidait M. Detlev Mehlis, puis en vertu d’une décision du juge d’instruction, Élias Eid. Il a rejeté...