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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Une nation, un vainqueur La crise libanaise perdure. Les politiques libanais peinent à trouver un compromis. Les puissants semblent satisfaits de la réouverture de leur bon vieux champ de combat. Ils avaient coutume d’y régler leurs comptes à peu de frais – pour eux. Et nous ? Nous continuons à nous accrocher à l’illusion CIE – Constitution – Institutions – État. Si on essayait autre chose ? Dans sa forme actuelle, la République libanaise est ingouvernable. Elle est condamnée à rester tributaire des interventions et des protections étrangères. Et ce n’est nullement à cause de l’incapacité des Libanais à gérer leurs affaires. Ils ont prouvé sous d’autres cieux de quoi ils sont capables. Mais, depuis 1920, on les a mis au milieu d’un cercle en leur confiant la mission d’y rechercher la quadrature. Dans sa forme actuelle, la République libanaise est condamnée à n’être qu’une fabrique d’émigrés et une arène de combat. Et si la solution n’était plus dans le fameux « ni vainqueur ni vaincu » élevé au rang de dogme en dehors duquel point de salut ? Or, les expériences du monde entier ont prouvé la nécessité d’un vainqueur pour forger une nation. Une République libanaise, adossée à un État de droit et à des institutions qui fonctionnent, changerait certainement l’équilibre des forces régionales et cesserait de faire « profiter » le monde des talents des Libanais, émigrés potentiels de naissance. Et l’État de droit ne pourra naître que d’un vainqueur qui imposera son diktat et sa vision de la nation. Le vaincu se soumettra ou se démettra ; mais il aura toujours sa place au sein d’un Liban apaisé, libre, indépendant, souverain et surtout producteur d’avenir. Raymond NAMMOUR Côte d’Ivoire Le souvenir de Gebran En assassinant Gebran Tuéni, ils ont tout saccagé, ils nous ont volé notre indépendance, ils ont écrasé nos ambitions et ont fini par nous anéantir. L’autre soir, le temps d’une émission qui lui était consacrée, j’ai encore une fois réalisé l’ampleur de notre perte. J’ai admiré son caractère ardent et flegmatique, sa transparence et surtout sa ferme détermination pour la bonne cause : la résurrection du Liban. Derrière son sourire radieux, mille et un sentiments cachés, une vie pleine d’épreuves n’ayant pas pu éteindre la flamme. En l’écoutant parler du passé, j’ai revu mon enfance, ma jeunesse, notre vie familiale, nos traditions et l’affabilité qui régnait jadis. J’ai vu aussi nos ambitions, que nous cherchons à réaliser en vain. Hier, c’était le bon vieux temps, celui de l’insouciance, de la chaleur humaine, des grandes familles unies, des soirées simples autour d’un feu de bois, de la gaieté, de la complicité, des valeurs humaines respectées, des religions pratiquées, de la crainte de Dieu. Hier, il faisait bon vivre, c’était l’amour sous toutes ses formes, conjugué à tous les temps. Cette mélancolie qui nous reste, je remercie Gebran de me l’avoir communiquée, l’espace d’un moment, lors de cette émission ; ce sentiment de plaisir plein de secrets qui nous échappent, qui nous font rêver sur un bonheur passé, sur des moments de bonheur achevés, mais pourtant toujours présents dans notre mémoire affective. Ces souvenirs passés feront notre force, notre nouvelle résolution de tenir bon, de lutter encore et encore avec tous nos moyens pour que survive notre Liban. Face à une vie courte mais intense, au rôle important joué dans la révolution de l’indépendance 05, à son assassinat lâche et cruel, j’affirme que Gebran restera immortel dans nos cœurs. Le flambeau qu’il a transmis est entre nos mains ; ne sachant plus comment le passer en ces jours, nous le préserverons par la prière. La solution pourra être simple et accessible, si seulement nous décidons tous, comme Gebran Tuéni l’avait si bien juré, d’être libanais. Andrée SALIBI
Une nation, un vainqueur

La crise libanaise perdure. Les politiques libanais peinent à trouver un compromis. Les puissants semblent satisfaits de la réouverture de leur bon vieux champ de combat. Ils avaient coutume d’y régler leurs comptes à peu de frais – pour eux. Et nous ? Nous continuons à nous accrocher à l’illusion CIE – Constitution – Institutions – État. Si on essayait autre chose ?
Dans sa forme actuelle, la République libanaise est ingouvernable. Elle est condamnée à rester tributaire des interventions et des protections étrangères. Et ce n’est nullement à cause de l’incapacité des Libanais à gérer leurs affaires. Ils ont prouvé sous d’autres cieux de quoi ils sont capables. Mais, depuis 1920, on les a mis au milieu d’un cercle en leur confiant la mission d’y rechercher la...