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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Lettre ouverte au patriarche Sfeir Je suis un chrétien de ce pays, un maronite. Autrefois, c’était un atout, mais, malheureusement, actuellement je sens que ce n’est plus le cas. À la télé, tous les jours, on nous ressasse que Bkerké a reçu tel responsable ou tel autre. À leur sortie, tous ces responsables nous assurent combien ils sont fidèles à Bkerké et à son maître. Un maître qui, apparemment, n’influe pas seulement sur les chrétiens du pays, mais aussi sur les leaders des autres religions. Votre béatitude, cela fait presque deux ans que les représentants du camp chrétien vivant sur le sol national ne se sont pas rencontrés, ne fut-ce qu’une fois, pour discuter de leurs craintes. Chacun d’eux porte dans son cœur une amertume qui l’empêche de communiquer avec les autres. Qu’attendez-vous donc pour les obliger à se réunir? Quand un pape meurt, les cardinaux s’enferment pendant des jours pour élire un nouveau souverain pontife. Notre pays est agonisant, n’attendez pas sa mort pour réunir les cardinaux politiques de ce pays. Sauvez-nous d’un avenir noir et de cette annihilation qui me semble très proche. Johnny FENIANOS Merci monsieur Sarkozy Le 10 avril 1989, mon époux, le Dr Yervant Jidejian, décédait à Yarzé sous les bombes. Ni obsèques ni condoléances, juste un voyage sous les bombes au cimetière. Après un départ en mer pour regagner Chypre, aussi sous les obus, je suis enfin arrivée à Neuilly-sur-Seine chez ma fille, sans espoir, en pleurs, désemparée. En feuilletant le Journal de Neuilly d’avril 1989, j’ai lu un éditorial écrit par le maire, Nicolas Sarkozy, où il plaidait pour la survie du pays du Cèdre, ce petit pays qui a tellement contribué pendant des millénaires à l’humanité. J’ai été tellement émue que j’ai pris rendez-vous à la mairie pour le remercier personnellement et pour lui offrir mes deux ouvrages sur Byblos et Tyr. M. Sarkozy m’a reçue avec beaucoup d’égard et nous avons discuté du Liban pendant plus d’une heure. J’ai été très touchée par l’intérêt qu’il a témoigné envers notre petit Liban, il y a des années et aujourd’hui aussi. Merci, monsieur Sarkozy. Nina JIDÉJIAN Système vivant Le Liban, c’est une chaîne d’équilibre, cohérente et harmonieuse, enfoncée dans des eaux troubles et façonnée par des anneaux disparates. Elle est réelle, cette chaîne, guettant les moindres tribulations. Toute tentative de destruction de l’autre (concitoyen, en l’occurrence) conduit nécessairement à une autodestruction. Parce que nous formons un système, un tout, et que, dans sa chute, toute partie de ce système entraînerait forcément l’ensemble du système avec elle. En croyant se faire du bien, on se fait du mal et l’on en sort tous perdants. Chaos et néant. La seule voie de secours est celle de l’empathie. En pensant à l’autre comme à soi-même, l’issue est trouvée et tout le monde peut être sauvé. Un système solide de l’intérieur est impénétrable. Même la peur n’y pourrait rien. Mais qui sera assez fou pour penser à une alternative aussi sage ? Et qui sera assez sage pour mettre en place les moyens qu’il faut, dans la cause qu’il faut ? Carla Bejjani ARAMOUNI
Lettre ouverte
au patriarche Sfeir

Je suis un chrétien de ce pays, un maronite. Autrefois, c’était un atout, mais, malheureusement, actuellement je sens que ce n’est plus le cas. À la télé, tous les jours, on nous ressasse que Bkerké a reçu tel responsable ou tel autre. À leur sortie, tous ces responsables nous assurent combien ils sont fidèles à Bkerké et à son maître. Un maître qui, apparemment, n’influe pas seulement sur les chrétiens du pays, mais aussi sur les leaders des autres religions.
Votre béatitude, cela fait presque deux ans que les représentants du camp chrétien vivant sur le sol national ne se sont pas rencontrés, ne fut-ce qu’une fois, pour discuter de leurs craintes. Chacun d’eux porte dans son cœur une amertume qui l’empêche de communiquer avec les autres. Qu’attendez-vous donc...