Pressés par le temps, sollicités par les villageois désemparés, les démineurs du Liban-Sud travaillent jour après jour pour nettoyer les centaines de milliers de sous-munitions qui empoisonnent la vie de la région et privent les cultivateurs de leurs terres.
« Nous commençons par le plus urgent, les zones habitées, puis les champs, pour permettre aux habitants de moissonner, cultiver, vivre », explique le colonel Hendrik Van Sluijs, commandant du bataillon belge de la Finul, chargé d’une mission humanitaire. Selon les estimations des Nations-unies, « environ un million de sous-munitions qui n’ont pas explosé » ont été dispersées à travers le Liban-Sud, où 855 sites contaminés ont été recensés, indique la porte-parole du Centre de coordination antimines de l’ONU (Macc), Dalya Farran. « Plus de 100 000 de ces engins », ajoute-t-elle, ont déjà été récupérés par les démineurs, dont 63 équipes, civiles et militaires, en coordination avec le Macc, participent à la dépollution de la région. En dépit des multiples campagnes d’information auprès des populations, les sous-munitions ont fait 30 morts et 187 blessés au Liban-Sud depuis la fin de la guerre, le 14 août.
Ahmad Naji, 15 ans, est l’une de ces victimes. Le 24 décembre, il a voulu s’approcher de la maison de son oncle, un pas de trop qui a brisé sa vie d’adolescent. « La sous-munition était cachée sous une pierre, elle a explosé quand j’ai posé le pied dessus. » Assis sur le canapé de la maison familiale, dans le village de Batoulay, Ahmad, amputé du pied gauche, sourit en montrant la médaille dorée gagnée après une épreuve de course à pied, sa passion. Deux semaines avant l’accident, il avait assisté à l’école à une séance d’information : « Depuis, j’étais conscient des risques. On m’avait dit que ce terrain avait été nettoyé. Pourtant je savais qu’il ne fallait pas y aller », reconnaît-il.
En six mois, les routes et les principaux chemins ont été traités en priorité, de même que les zones habitées. Mais bien souvent, au moment où démarre la saison des cultures, les champs, les jardins, chaque parcelle de terre qui assure la subsistance de familles entières restent infestés par ces pièges sournois. « À mesure que le temps passe, le travail devient de plus en plus difficile », prévient le colonel Van Sluijs. « Avec la pluie, le terrain bouge, les objets se déplacent, rentrent dans le sol, la végétation pousse, les sous-munitions deviennent invisibles. » C’est pourquoi, après un premier nettoyage de surface, vient la phase, beaucoup plus délicate, de la dépollution en profondeur. « Nous explorons chaque centimètre carré, sur une profondeur de 20 centimètres environ, avec des détecteurs de mines et de métaux », explique l’officier belge, qui estime « entre six mois et deux ans » le temps nécessaire pour assainir la région. « Mais nettoyer à 100 % est impossible. Le risque demeurera toujours », dit-il.
Le cas particulier des sous-munitions, disséminées de façon aléatoire, rend leur nettoyage beaucoup plus difficile que celui des mines antipersonnel, « placées dans des endroits précis, de manière intentionnelle », souligne le colonel Van Sluijs. C’est pourquoi l’ONU demande à Israël depuis des mois, en vain, de lui signaler la localisation des points de largage des bombes à sous-munitions. « Si le gouvernement israélien nous avait fourni ces informations, cela nous aurait facilité le travail dans une très large mesure », assure Dalya Farran.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pressés par le temps, sollicités par les villageois désemparés, les démineurs du Liban-Sud travaillent jour après jour pour nettoyer les centaines de milliers de sous-munitions qui empoisonnent la vie de la région et privent les cultivateurs de leurs terres.
« Nous commençons par le plus urgent, les zones habitées, puis les champs, pour permettre aux habitants de moissonner, cultiver, vivre », explique le colonel Hendrik Van Sluijs, commandant du bataillon belge de la Finul, chargé d’une mission humanitaire. Selon les estimations des Nations-unies, « environ un million de sous-munitions qui n’ont pas explosé » ont été dispersées à travers le Liban-Sud, où 855 sites contaminés ont été recensés, indique la porte-parole du Centre de coordination antimines de l’ONU (Macc), Dalya Farran. « Plus de 100 000 de...