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ÉTUDE Le billet vert perd de son aura auprès des banques centrales

Les banquiers centraux de la planète ont réduit la proportion du dollar dans leurs réserves l’an dernier, au profit de l’euro et de la livre sterling, tout en recherchant des actifs plus rentables que les traditionnels bons du Trésor, selon une étude publiée hier. Sur 129 interrogées, 47 banques centrales détenant au total 1 538 milliards de dollars, soit 30 % des réserves mondiales, ont répondu au quatrième trimestre 2006 à une enquête du magazine spécialisé Central Banking. Elles sont plus nombreuses (19) à avoir réduit leurs actifs en dollar qu’à les avoir accrus (10) sur les douze mois achevés en août dernier. Au contraire, 21 ont augmenté leurs avoirs en euro, contre 7 à les avoir réduits. Les banques ayant renforcé leur exposition à la devise européenne au détriment du billet vert se situent surtout en périphérie de la zone euro et à un degré moindre en Asie, selon l’étude. La volonté de diversifier les réserves, la volatilité des taux de change et des facteurs macroéconomiques sont avancés pour expliquer cette évolution. La livre sterling a bénéficié aussi du recul du dollar dans les portefeuilles, 9 banques ayant renforcé leurs positions en devise britannique sur la période, contre 4 à les avoir diminuées. La remontée des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre et le peu d’alternatives au billet vert comme valeur refuge sont les deux principales explications fournies par les banques. « Il n’y a pas beaucoup de monnaies dans lesquelles on peut se diversifier », avance dans l’étude un gestionnaire de réserves européen. Or, face à la montée des risques et de la volatilité sur les marchés financiers, les banquiers centraux sont à la recherche de devises et d’actifs plus rentables que les traditionnels bons du Trésor américains, selon l’étude. Après la hausse générale du loyer de l’argent depuis deux ans, leurs principales préoccupations pour les 12 à 18 mois concernent le ralentissement attendu de l’économie américaine et mondiale, les déséquilibres macroéconomiques de la planète, la volatilité des prix du pétrole, le renforcement des tensions géopolitiques et la montée en puissance des fonds spéculatifs (« hedge funds ») sur la scène financière. « Les risques touchant à la géopolitique et à la sécurité ont la plupart du temps provoqué de fortes réactions des marchés financiers » à revenu fixe (bons du Trésor, devises, taux d’intérêt), constate un gestionnaire. « Cette volatilité peut avoir un impact sur la réévaluation de nos réserves étrangères et la valeur de nos placements courants comme les obligations », ajoute-t-il. Dans ce contexte, 69 % des banques interrogées estiment avoir recherché un meilleur rendement de leurs investissements sur les 12 à 18 derniers mois, plutôt que des placements plus sûrs (20 %). Plus de la moitié d’entre elles (56 %) jugent opportun d’investir dans les actions d’entreprise, alors que 93 % n’ont pour l’instant pas le droit de le faire. Un peu moins d’un tiers (28 %) estiment qu’il faut investir dans les matières premières et plus d’un tiers (36 %) dans les fonds indiciels basés sur ces dernières, des secteurs qui leur sont interdits actuellement, hormis pour l’or. Les deux tiers des banques ayant répondu à l’enquête ont jugé enfin que le métal jaune était redevenu un actif de réserve intéressant grâce à la remontée des prix (au plus haut depuis 25 ans en mai dernier, à plus de 700 dollars l’once).
Les banquiers centraux de la planète ont réduit la proportion du dollar dans leurs réserves l’an dernier, au profit de l’euro et de la livre sterling, tout en recherchant des actifs plus rentables que les traditionnels bons du Trésor, selon une étude publiée hier. Sur 129 interrogées, 47 banques centrales détenant au total 1 538 milliards de dollars, soit 30 % des réserves mondiales, ont répondu au quatrième trimestre 2006 à une enquête du magazine spécialisé Central Banking.
Elles sont plus nombreuses (19) à avoir réduit leurs actifs en dollar qu’à les avoir accrus (10) sur les douze mois achevés en août dernier. Au contraire, 21 ont augmenté leurs avoirs en euro, contre 7 à les avoir réduits.
Les banques ayant renforcé leur exposition à la devise européenne au détriment du billet vert se situent...