Slogan ou slowgun ?
Ô Liban, havre de paix, Suisse du Moyen-Orient, ou plutôt chocolat suisse qui donne envie d’être dévoré.
Pas suffisantes, les guerres successives vécues ! Voilà encore un nouveau genre de bataille : la guerre des slogans. De géantes affiches, « rouge sang » bordent et débordent les autoroutes : à droite, « I love life » ; à gauche, la réplique « slow gun » : « I love life, … avec dignité », mais, bon sang ! Nous aimons trop la vie, nous Libanais, reconnus depuis des décennies être de « bons vivants » !
Gérez le coût énorme de ces affiches, au profit des démunis, ces slogans, destinés à faire appel à l’affect, n’atteignent pas leur cible ni leur but. Ils sont inutiles, mais au fond, pourquoi ne pas s’en servir pour une campagne de soutien pour les malades du sida, ou encore pour redonner le goût de la vie aux suicidaires ?
Le slogan, généralement utilisé en campagne électorale, comme outil de marketing politique, est devenu une arme de guerre dominante entre majorité et opposition. Même Goebbels, roi de la propagande, les aurait bannis. Pitoyable citoyen, au volant de sa voiture, menacé de strabisme, ou d’accidents routiers, à cause de l’encombrement des affiches. À mon avis, un seul slogan le hante, suite aux assassinats en série : « Staying alive ».
Daad S. NAFFAH
Précision de la SPA
Suite à l’interview de M. Walid Joumblatt dans le programme Kalam an-Nass du jeudi 22 fevrier 2007 sur la LBC et dont L’Orient-Le Jour s’est fait l’écho dans son édition du vendredi 23 février 2007, la Société protectrice des animaux au Liban (SPA) tient à signaler qu’elle n’a jamais adressé un quelconque message à M. Joumblatt car cette association, fondée en 1928, est apolitique, areligieuse et à but non lucratif.
(Société protectrice des animaux, décret n° 934/928).
Samy KHAYATH
Retour au futur
Nos dirigeants sont déjà en 2027. Youpiiie ! On peut dire qu’ils bossent dans le futur et pour le futur.
De grâce, descendez un tant soit peu de vos nuages et circulez un peu, comme nous, imbéciles (mal)heureux, dans ce pays. Pourquoi toutes nos routes sont-elles défoncées, des plus étroites aux plus larges ? Circulez-vous en hélicoptère ? Ah oui, j’avais oublié que vous étiez déjà en 2027. Fréquentez-vous les hôpitaux ou les cliniques des médecins ? Que nenni ! En 2027, toutes les maladies ont été éradiquées ! Payez-vous les scolarités de vos enfants et leurs frais universitaires ? Mais pas du tout ! En 2027, l’ordinateur a remplacé l’intelligence humaine et nul besoin de fréquenter les antres de l’éducation.
De grâce, pouvez-vous nous oublier un peu, vous éloigner un peu plus de nous, imbéciles (mal)heureux, et nous laisser vivre, le peu qui nous reste, dans le calme ?
Imaginons un Liban débarrassé de tous les Émile, Samir, Walid, WW, Hassan, Michel, Fouad, Saad, Omar, Sleimane, et j’en passe... mille excuses pour ceux que j’ai oubliés, mais je n’aurais jamais assez de place pour tout ce beau monde.
Alors oui, le Liban redeviendrait la Suisse du Moyen-Orient et les peuples du monde entier se bousculeraient pour lancer, ne serait-ce qu’un regard, sur ce petit mouchoir de poche qu’est notre beau pays. Mais, alors, on chercherait sous les décombres et les ruines les « restes » de tout ce « beau monde » et on ne les trouverait plus (plus jamais) !
Citoyen libanais lambda, change un peu tes bulletins de vote et, de grâce, réveille-toi.
J. KASSAB
L’incident du téléférique
Près de 17 ans après ce dramatique 2 mars 1989 où mon fils Antoine Saab s’est retrouvé, 19 heures d’affilée, prisonnier de sa cabine de téléférique, suspendu au point culminant de la trajectoire, inaccessible à toute tentative de sauvetage même par des commandos, je retrouve intacts mes sentiments de révolte et d’indignation. La société exploitante assure que son installation est, je cite, « rigoureusement vérifiée, et chaque jour les cabines naissent de nouveau ». Rigoureusement vérifiée, cette installation qui, 17 ans après, présente les mêmes déficiences qu’en 89 ?
Je revis le même cauchemar en entendant les mêmes explications embarrassées qui m’avaient été fournies à l’époque, en assistant aux mêmes atermoiements (encore qu’il y ait eu du progrès depuis, puisque les passagers ont été libérés au bout de cinq heures alors que le calvaire de Antoine Saab et de Michel Aboche avait duré 19 heures). À moi, il avait été répondu que « la peur, s’il n’y a pas de dommages corporels, n’est pas indemnisable ».
À Dieu ne plaise, mais le risque de récidive est franchement on ne peut plus envisageable.
Christiane KLAT
La leçon d’une commémoration
14 février, une date, un souvenir, un tournant dramatique dans l’histoire contemporaine du Liban. Rafic Hariri, si tu nous étais conté aujourd’hui, deux ans après ton martyre, que nous aurais-tu dit? Tu nous dirais : j’ai rencontré le Créateur qui m’a dit : je suis chrétien et musulman. Je les aime tous, je ne différencie point. Je juge ceux qui se réclament beaucoup plus sévèrement que ceux qui ne me connaissent pas. Je suis impitoyable envers les miens, ceux qui ont usé, usent et useront de mon nom pour servir leurs desseins. Je contemple les foules du 14 Mars, ceux qui t’ont aimé et veulent à leur corps défendant garder ton souvenir vivant. Rafic, dis-leur que ce n’est pas en manifestant seulement qu’ils atteindront leur but. Toi tu as initié l’esprit positif en eux, tu t’es investi dans la reconstruction du Liban. Au lieu de former des milices armées, tu as formé des milices éduquées dans les meilleures universités du monde. Tu as cru en ton pays et en la capacité de son peuple. Que le 14 mars prochain soit une journée symbole pour la continuité de ton œuvre.
Toufic KLAT
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