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Darragon et son grain de folie

Après sa surprenante médaille d’argent des Jeux olympiques de Turin, Roddy Darragon a mis du temps à voir clair dans le tumulte des sollicitations, mais espère, aujourd’hui dans le sprint par équipes des Mondiaux 2007 de ski nordique, prouver qu’il a retrouvé ses esprits et surtout son grain de folie. Une étape du Tour de France cycliste, la finale des championnats de France de boule ou encore des interventions devant des chefs d’entreprise, des sollicitations en tout genre, Darragon, 23 ans, en a reçu beaucoup après être devenu le premier médaillé olympique français en ski de fond. « Si c’était à refaire, je prendrais quelqu’un pour s’occuper de tout cela, car en mai et juin, mon téléphone n’arrêtait pas de sonner et j’avais du mal à gérer », avoue le Haut-Savoyard de 22 ans. Entre ses obligations militaires – il est chasseur alpin au 27e bataillon d’Annecy – et ses aller-retour entre le Grand Bornand et Paris, le vice-champion olympique n’a plus de temps pour lui. « À un moment, j’ai dit stop. Je n’arrivais même plus à m’entraîner quand je le voulais », explique-t-il, avant de résumer d’une formule de son monde et de son âge : « L’après-JO, cela a été très chaud. » Même s’il sourit encore de son passage dans l’émission de télévision Fort Boyard, Darragon sait que son programme postolympique lui a sans doute coûté cher et s’est traduit par quelques déficit physiques. « Je n’étais pas bien physiquement en début de saison, je n’ai jamais vraiment senti que je n’avais pas la “caisse” cet hiver, même quand je finis troisième à Munich », concède-t-il. Son podium dans la première étape du Tour de ski fin décembre a pourtant été l’une de ses rares satisfactions sportives de la saison, saison qu’il avait commencée avec une 28e place à Düsseldorf (Allemagne). « À Düsseldorf, je suis éliminé en quart, parce que je déchausse : rater cette course que je réussis plutôt bien d’habitude (6e la saison précédente, NDLR) ne m’a pas apporté la sérénité dont j’avais besoin », poursuit-il. « Il n’a pas vraiment été aidé par le calendrier de la Coupe du monde avec six sprints en classique, contre quatre en libre », renchérit Pierre Mignerey, le directeur de l’équipe de France. Or le style classique et Darragon ne font pas bon ménage : « Je suis allergique : en plus, contre les monstres norvégiens et allemands, il faut “pousser” pendant trois minutes et ce n’est pas pour moi », sourit-il après sa disqualification en éliminatoire du sprint individuel hier. Darragon, lui, préfère les courses tactiques, avec des contacts et des chutes : « Mais même là, cela a coincé, comme à Rybinsk (22e, éliminé en quart de finale), où je fais le mauvais choix en attaquant à gauche. Cette saison, j’ai plus souvent tenté de me mettre à l’abri que de jouer ma carte à fond comme je le faisais avant », tente-t-il d’expliquer. Depuis qu’il est médaillé olympique, Darragon a changé de statut : « Il était plus attendu et surveillé. Ce n’est pas une saison décevante, il a beaucoup appris », assure Christophe Deloche, l’entraîneur des sprinteurs de l’équipe de France. « C’est vrai, je me suis rendu compte qu’il y avait plein de choses que je ne devais plus laisser au hasard : j’ai sans doute perdu mon côté insouciant, mais attention, la folie est toujours là », lance-t-il, presque en guise d’avertissement.
Après sa surprenante médaille d’argent des Jeux olympiques de Turin, Roddy Darragon a mis du temps à voir clair dans le tumulte des sollicitations, mais espère, aujourd’hui dans le sprint par équipes des Mondiaux 2007 de ski nordique, prouver qu’il a retrouvé ses esprits et surtout son grain de folie. Une étape du Tour de France cycliste, la finale des championnats de France de boule ou encore des interventions devant des chefs d’entreprise, des sollicitations en tout genre, Darragon, 23 ans, en a reçu beaucoup après être devenu le premier médaillé olympique français en ski de fond. « Si c’était à refaire, je prendrais quelqu’un pour s’occuper de tout cela, car en mai et juin, mon téléphone n’arrêtait pas de sonner et j’avais du mal à gérer », avoue le Haut-Savoyard de 22 ans. Entre ses obligations...