Les réactions des membres de la majorité au discours, vendredi, du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ne se sont pas fait attendre. Elles ont toutes, dans l’ensemble, relevé certains aspects positifs qui ont transparu dans l’allocution du leader chiite à l’occasion de la « Semaine de la résistance », mais ont également déploré l’insuffisance de ses allusions pour parvenir à une réelle solution à la crise.
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ahmad Fatfat, a affirmé lors d’un entretien accordé à la Voix du Liban que le pays était « proche d’une solution ponctuelle », mais que « la solution véritable et durable » est inexorablement liée à « la crise du Moyen-Orient ».
Commentant le discours de vendredi dernier de Hassan Nasrallah, M. Fatfat l’a qualifié de « positif », car, selon le ministre, « c’est la première fois que M. Nasrallah reconnaît l’existence de l’autre partie (...) ceci représente une très importante concession ». M. Fatfat a ajouté qu’il fallait attendre « pour se rendre compte de l’impact de cette concession sur le terrain » et il a qualifié les négociations en cours entre Ryad et Téhéran d’« importantes ». Ahmad Fatfat a d’autre part insisté sur le fait qu’« une grande part du compromis peut émaner des parties libanaises », mais que « la véritable solution réside dans le principe du package deal ». Concernant l’installation de caméras de surveillance dans la capitale, l’ancien ministre de l’Intérieur par intérim a assuré que la décision a déjà été prise et que l’installation des caméras « n’est plus qu’une question de semaines ».
Le député du bloc des Forces libanaises (FL), Georges Adwan, s’est de son côté attardé à l’issue d’une visite à Bkerké sur deux éléments du discours de Hassan Nasrallah. M. Adwan a ainsi rappelé que M. Nasrallah « n’a pas souhaité distinguer entre Libanais loyalistes et Libanais opposants ». « C’est là une base saine qui doit être adoptée par tous les Libanais », a ajouté M. Adwan avant de rappeler le second élément du discours du leader chiite : « L’affaire des armes (...) Il est du droit des Libanais de se poser des questions et des appréhensions » autour de ce dossier. Revenant sur la préférence affichée par Hassan Nasrallah aux rencontres bilatérales, Georges Adwan a précisé qu’en ce qui concerne les Forces libanaises, la préférence va « dans le sens d’un dialogue dans le cadre du Parlement et devant tous les Libanais ». Il a néanmoins rappelé que les FL « sont ouvertes au dialogue car nous pensons que la solution ne peut émaner que des Libanais eux-mêmes ». Samedi dernier, M. Adwan avait fait déjà savoir que « la question des armes » du Hezbollah était « une question nationale » et que de ce dossier dépendait « l’avenir du pays ».
Un obstacle au dialogue,
selon Chehayeb
Le député membre du Rassemblement démocratique, Akram Chehayeb, a estimé pour sa part que Hassan Nasrallah avait, dans son discours, délibérément choisi « d’ignorer la question du tribunal international », d’une part, et avait, d’autre part, « barré la route au dialogue ». M. Chehayeb a par ailleurs rappelé le refus de Hassan Nasrallah, le 16 février 2005, de coopérer avec la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Le député Antoine Andraos a indiqué, de son côté, n’avoir relevé aucun aspect positif dans le discours de M. Nasrallah. Il a rappelé à cet égard que les forces du 14 Mars avaient rejeté « depuis le premier jour » tout compromis concernant le « tiers de blocage ». Le député membre du Rassemblement démocratique a ainsi relevé que la situation allait « probablement rester fragile jusqu’aux prochaines élections présidentielles ». Le député Antoine Saad a indiqué que les propos tenus par M. Nasrallah n’étaient rien de moins qu’une tentative « de saboter de manière préventive toute initiative arabe ». Quant au chef du parti du Bloc national (BN), Carlos Eddé, il a fait état de son appréhension et de ses craintes concernant un éventuel usage, par le Hezbollah, de ses armes, sur la scène intérieure, « en dépit des communiqués et des garanties » données par le parti de Dieu.
Le Rassemblement des familles de Tarik Jdidé a indiqué dans un communiqué que le leader chiite insistait à « faire prévaloir la logique du vainqueur et du vaincu » et à « battre en brèche toute initiative ». De son côté, le mufti du Mont-Liban, Mohammad Ali Jouzou, s’est demandé pourquoi le Hezbollah s’entêtait à attaquer les pays arabes et à « exclure la Syrie » de ces attaques, « alors que c’est elle le cœur du problème ? »
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Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ahmad Fatfat, a affirmé lors d’un entretien accordé à la Voix du Liban que le pays était « proche d’une solution ponctuelle », mais que « la solution véritable et durable » est inexorablement liée à « la crise du Moyen-Orient ».
Commentant le discours de vendredi dernier de Hassan Nasrallah, M. Fatfat l’a qualifié de « positif », car, selon le...