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Actualités - Opinion

Horreur au Metn Un monde dément

Un monde fou. À lier. De la Syrie. Terreur, abomination, horreur et damnation. La guerre a été un long calvaire. Marquée par une multitude d’atrocités, de bombardements aveugles, de rapts, de voitures piégées, d’exécutions sommaires sur la carte (d’identité). Avec un bilan effroyable de pertes humaines, plus de 150 000, et de destructions. Mais lorsqu’un convoi funèbre passait d’une région à l’autre, il était toujours accueilli et salué avec respect. Bi amane Allah, lançaient les miliciens du bord opposé, de faction sur la ligne verte. En regard de l’épreuve d’alors et en usant d’un cliché éculé, on peut estimer que, comparativement et quantitativement, les trois morts du Metn, c’est assez peu de choses. Comme le relèvent certains philosophes opposants, qui saupoudrent de cynisme leur inconscience, leur insensibilité, leur aveuglement inhumains. D’autant que le choc d’un drame frappant de malheureux civils innocents, fauchés dans leur pleine quiétude, s’est trouvé démultiplié, le lendemain. Par la macabre, l’inimaginable, la jamais vue, l’inouïe, attaque aux insultes et aux pierres lancées contre le cercueil d’une mère de famille. Un geste qui s’inscrit, malheureusement, dans l’évolution, bizarrement régressive, allant du civilisé au barbare, plutôt que le contraire, de l’humanité. La violence, sous toutes ses formes, toutes ses expressions, gagne du terrain, s’épanouit, devient la norme, sur la terre entière ou presque. Elle se double, s’aggrave, s’alimente même à l’esprit soi-disant révolutionnaire qui a marqué la deuxième moitié du siècle dernier. Sur tous les plans : le socioculturel, avec, par exemple, la fameuse révolution libertaire (il est interdit d’interdire) des soixante-huitards, ou la révolution sexuelle et vestimentaire de Carnaby Street. L’économique, avec la montée en puissance du libéralisme sauvage, qui influence, qui imprègne aujourd’hui même la Chine communiste. Ou le politique, avec l’émergence d’un terrorisme prétendument au service des causes des mouvements de libération, et qui n’en finit pas de reculer ses limites. En 1670, Pascal découvrait dans ses Pensées que « tout le malheur de l’homme vient d’une chose, qui est de ne pas savoir demeurer dans une chambre ». Montaigne ou Joseph de Maistre auraient applaudi des deux mains. C’est en effet en restant chez soi qu’on peut, parfois, améliorer les choses, sans les casser. Ainsi, du 20 au 23 septembre 1952, à l’appel de grève et de black-out du front de l’opposition, il n’y avait pas un chat dans la rue, pas un magasin d’ouvert, du moins à Beyrouth. Et le régime en place avait dû faire ses valises, devant ce soulèvement des Libanais. Sans pneus brûlés ou routes coupées, sans affrontements, sans snipers assassins comme les 23-25 janvier dernier. Bien des tabous, beaucoup trop pour la bonne santé et la bonne marche du monde, sont tombés depuis lors. Et c’est avec effroi que l’on voit, au cœur de notre pays, patrie de tolérance, bafouer le plus sacré, le plus moral, le plus préhistorique même des interdits : offenser le mort. Et partant, puisque tout se rejoint, le sens même de la vie. Humaine. Jean ISSA

Un monde fou. À lier. De la Syrie. Terreur, abomination, horreur et damnation. La guerre a été un long calvaire. Marquée par une multitude d’atrocités, de bombardements aveugles, de rapts, de voitures piégées, d’exécutions sommaires sur la carte (d’identité). Avec un bilan effroyable de pertes humaines, plus de 150 000, et de destructions. Mais lorsqu’un convoi funèbre passait d’une région à l’autre, il était toujours accueilli et salué avec respect. Bi amane Allah, lançaient les miliciens du bord opposé, de faction sur la ligne verte. En regard de l’épreuve d’alors et en usant d’un cliché éculé, on peut estimer que, comparativement et quantitativement, les trois morts du Metn, c’est assez peu de choses. Comme le relèvent certains philosophes opposants, qui saupoudrent de cynisme leur...