L’avertissement lancé par le G7 contre les paris à sens unique sur une devise, s’il ne suffisait pas à soutenir le yen sur les marchés des changes, pourrait aider le gouverneur de la Banque du Japon Toshihiko Fukui dans sa volonté de relever les taux d’intérêt.
Les ministres des Finances et banquiers centraux des sept pays les plus industrialisés ont mis en garde les investisseurs contre le risque qu’ils prennent à parier sur la faiblesse de la monnaie japonaise, alors que le pays poursuit son redressement.
Plusieurs hauts responsables ont averti contre les « carry trades », qui consistent à emprunter des devises à faible rendement pour réinvestir dans celles à haut rendement.
Le yen est particulièrement la cible de cette pratique ces derniers temps en raison du très faible niveau des taux d’intérêt japonais. La monnaie est au plus bas historique contre l’euro et à un plus bas de quatre ans contre le dollar.
« Il est de notoriété publique que Fukui souhaiterait relever les taux depuis décembre (...). Il pourrait penser que la prochaine réunion (de la Banque du Japon) représente une bonne occasion », déclare Seiya Nakajima, chef économiste à Itochu Corp à Tokyo.
La Banque du Japon souligne que sa politique monétaire vise à la stabilité des prix et au soutien de la croissance. Mais à Essen vendredi, au premier jour de la réunion du G7, Fukui a déclaré que son institution devait prêter une attention suffisante aux mouvements des marchés financiers, y compris ceux des changes, étant donné leur influence sur l’économie réelle.
Pour Eiji Dohke, stratège à UBS Securities, « Fukui a peut-être été critiqué par la Banque centrale européenne pour la glissade du yen découlant de la politique de faibles taux d’intérêt de la Banque du Japon. La Banque du Japon pourrait être préoccupée par une dépréciation plus forte encore si rien n’est fait ».
Le yen accentue ses pertes
Les déclarations du G7, jugées insuffisamment claires par le marché, le yen n’ayant pas été nommément cité, a accentué hier la baisse du yen contre l’euro.
« C’est comme un feu vert pour reprendre les carry trades », a déclaré Tania Kotsos, stratège de changes à RBC Capital Markets. Ce dernier estime que l’euro montera jusqu’à 165 yens dans les trois ou six mois.
Depuis qu’elle a relevé ses taux d’intérêt en juillet dernier pour la première fois en six ans, à 0,25 %, la Banque du Japon a promis de remonter progressivement les taux en rythme avec le redressement de l’économie.
La Banque centrale garde des perspectives optimistes sur la croissance qu’elle voit augmenter régulièrement cette année, même si elle s’est révélée inférieure aux attentes en fin d’année dernière. En outre, la Banque du Japon considère que la menace de déflation s’est dissipée.
« Depuis la dernière réunion, la possibilité d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine s’est renforcée. J’ai l’impression que les conditions économiques mondiales se sont encore améliorées », a dit Fukui à Essen.
« J’aimerais débattre plus profondément sur le fait de savoir s’il est possible que l’économie japonaise avance dans une direction souhaitable », a-t-il ajouté.
Les marchés financiers ont néanmoins revu à la baisse la possibilité d’une hausse des taux nippons à court terme.
« Aujourd’hui, le marché prévoit 30 % environ de possibilité d’une hausse des taux. Je ne suis pas sûr que les commentaires de Fukui au G7 modifieront cette perception », a déclaré un trader londonien.
Beaucoup de traders obligataires ou monétaires sont devenus très sceptiques quant aux déclarations de la Banque du Japon sur un éventuel durcissement du crédit, car la banque a maintenu le statu quo en décembre et en janvier, alors même que les marchés financiers avaient anticipé une hausse.
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Les ministres des Finances et banquiers centraux des sept pays les plus industrialisés ont mis en garde les investisseurs contre le risque qu’ils prennent à parier sur la faiblesse de la monnaie japonaise, alors que le pays poursuit son redressement.
Plusieurs hauts responsables ont averti contre les « carry trades », qui consistent à emprunter des devises à faible rendement pour réinvestir dans celles à haut rendement.
Le yen est particulièrement la cible de cette pratique ces derniers temps en raison du très faible niveau des taux d’intérêt...