Merci, courage, mon général...
Chapeau, mon général ! Mais aussi merci. Oui, bien sûr, merci. Merci pour la guerre de libération de 1989 qui a permis, et pour la première fois, de désigner la Syrie comme puissance occupante. Officiellement, par les pays arabes. Et le pays aurait été libéré, n’était-ce la traîtrise de certains. Merci pour avoir résisté au complot de la guerre de 1990. Votre défense (légitime) des institutions face aux milices a empêché l’envahisseur et ses sbires locaux d’arracher votre signature. Merci pour les souffrances, exactions et autres calomnies que vous avez subies, ainsi que vos jeunes militants (nos enfants), durant les quinze années d’occupation qui ont suivi. Vos plus féroces ennemis (qui le sont encore aujourd’hui) étaient les plus fidèles alliés de l’occupant, ou plutôt ses serviteurs. Merci pour le Syria Accountability Act qui a pavé la voie à la résolution 1559, porte ouverte au départ syrien. Merci pour votre triomphant retour le 7 mai 2005 au nez et à la barbe de vos soi-disant alliés de l’époque. Merci pour votre rejet des arrangements électoraux imposés par ces mêmes alliés. Le tsunami qui a suivi vous a imposé leader incontesté des chrétiens. Merci pour avoir fait de la lutte contre la corruption votre cheval de bataille. Savoir que vos chances d’accéder à la présidence de la République seraient ainsi hypothéquées ne vous a pas fait changer de cap. Merci, et cela va choquer plus d’un, d’avoir signé l’accord avec le Hezbollah vous attirant les foudres de la petite partie neutre et incolore de la rue chrétienne. Ce n’est pas grave, mon général. Quand ils comprendront que vous avez contribué à ramener la communauté chiite dans le giron libanais (sauvant du même coup la paix civile), ils vous en remercieront (espérons du moins qu’ils en auront la décence). Merci, général, de nous aider à lutter contre la caste au pouvoir, qui a saigné le pays à blanc durant les quinze dernières années. Ils sont encore là, impunis et applaudis. Nous refusons de sombrer dans le chaos et la dette. Nous refusons l’achat des consciences érigé en principe de gouverner. Nous refusons la domination de la corruption. Et merci, général, de nous donner les moyens d’exprimer notre révolte et notre dégoût.
Enfin, grâce à vous, mes enfants refusent de quitter le Liban, donnant ainsi au mot patriotisme tout son sens.
Fady DAHDAH
... Et merci, M. Souhaid
Je lis quotidiennement L’Orient-Le Jour dont les analyses politiques sont imbattables. Depuis que le courrier des lecteurs existe, je repère quelquefois des lettres formidables que je lis à voix haute à mon mari et que je découpe pour garder dans mon portefeuille. C’est cependant un article publié en deuxième page de votre édition du vendredi 26 janvier qui m’a donné envie, pour la première fois, de vous écrire moi-même. En effet, la réponse de M. Souhaid au général Aoun a exprimé point par point le trop-plein qui nous fait éclater le cœur et... la raison depuis tant de mois. Merci, M. Souhaid, de nous avoir offert ce bol d’oxygène de mots pour aérer nos fumées noires. Au moins ça !
Merci aussi à ces deux géants que sont Fouad Siniora et Jacques Chirac. Quand un pays a la chance d’avoir un Premier ministre de ce calibre et un président ami de cette classe, eh bien, ce pays sera éternel !
« Il n’est de puissance humaine, si malfaisante soit-elle, qui puisse retarder l’éclosion d’une rose », dit le poète... Oui,nos matins magiciens reviendront parce que nos cèdres ont assisté à l’aube de tous les mondes. Oui, M. Giraudoux, cela s’appellera : l’aurore !
Éliane Saliba GARILLON
Fumée noire
Quel gâchis, ce mardi 23 janvier. La désolation était de voir des hommes politiques organiser avec minutie une journée noire à tous les points de vue. Je retiendrai l’angle écologique de la mise en scène. Merci messieurs les « politiques visionnaires » soucieux du bien-être de la population pour ces pneus brûlés dont la fumée a envahi le ciel bleu de notre pays, qui ont chassé les colombes qui auraient peut-être songé à venir déposer un brin de leur symbole de paix...
Au moment où même l’illuminé président des États-Unis réfléchit aux conséquences néfastes de la pollution et évoque un plan sur dix ans pour réduire sa facture énergétique ; au moment où Nicolas Hulot aura réussi à faire signer aux candidats à la présidentielle française un pacte de bonne conduite relatif au respect de l’environnement et au moment où toutes les recherches concluent au réchauffement dramatique de notre planète, nous autres, dans la « Suisse du Moyen-Orient », nous brûlons des pneus dégageant des substances tellement nocives que nos enfants connaîtront les pires maladies contre lesquelles les chercheurs du monde entier se battent jour et nuit dans leurs laboratoires.
Nous sommes dans un pays où aucune campagne n’a réellement été lancée pour sensibiliser la population aux règles élémentaires de l’environnement. Paris III ne devrait pas également imposer un programme dans ce sens ? Pourquoi ce vide ? Ne serait-ce pas une façon honnête de gouverner aussi ?
Semaan BOUBES
Pourrons-nous un jour avoir notre Liban ?
Les statistiques de l’émigration n’en disent rien, ou si peu. En fait, il suffit de fréquenter de jeunes Libanais résidents pour voir ce qu’ils ressentent et comment ils vivent, constamment connectés à l’étranger où se trouve la grande majorité de leurs amis d’enfance qui ont « su faire le bon choix ». Désormais, le modèle de réussite se résume en deux mots : fuir le Liban. Fuir le cauchemar qui ne cesse de hanter les jeunes en début de carrière ainsi que leurs parents, qui ont jusque-là fait d’innombrables sacrifices pour essayer de leur assurer un avenir meilleur, sans guerre et sans affrontements.
Notre Liban a tellement de charme et tellement de problèmes à la fois. Ce pays nous procure tellement de bonheur une fois qu’une accalmie pointe le nez et tellement de gêne quand on retombe dans nos excès, et dans l’égoïsme de nos dirigeants de toutes confessions et de tous bords politiques.
Nul ne peut nous garantir de vivre un jour en paix dans notre pays. Mais une chose est sûre : tout jeune doté d’un minimum d’ambition espère qu’un jour, ses enfants pourront vivre dans le pays que ses parents espéraient pour lui, un pays de paix et d’opportunités. Est-ce possible ? Sûrement, mais à une condition : changer tout notre état-major politique et le remplacer par des personnes qui, au moins, ont un peu de bon sens et d’amour pour leur pays.
Christelle MOUSSALLEM
NDLR
Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
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Chapeau, mon général ! Mais aussi merci. Oui, bien sûr, merci. Merci pour la guerre de libération de 1989 qui a permis, et pour la première fois, de désigner la Syrie comme puissance occupante. Officiellement, par les pays arabes. Et le pays aurait été libéré, n’était-ce la traîtrise de certains. Merci pour avoir résisté au complot de la guerre de 1990. Votre défense (légitime) des institutions face aux milices a empêché l’envahisseur et ses sbires locaux d’arracher votre signature. Merci pour les souffrances, exactions et autres calomnies que vous avez subies, ainsi que vos jeunes militants (nos enfants), durant les quinze années d’occupation qui ont suivi. Vos plus féroces ennemis (qui le sont encore aujourd’hui) étaient les plus fidèles alliés de l’occupant, ou...