« Mon royaume pour un pneu », aurait pu dire Richard III d’Angleterre, s’il avait pu prévoir à quel point ce matériau hautement stratégique allait bouleverser, quelques centaines d’années plus tard et à des milliers de kilomètres plus à l’est, la vie monotone des tribus libanaises. La semaine écoulée, qui n’aurait pu être que bêtement ensoleillée s’il n’y avait eu ces volutes anthracite à la fragrance tenace, a bien démontré à quel point le pneu, ce cigare du pauvre, occupe désormais chez nous une place centrale dans le combat politique.
Sayyed barbu, dont les troupes sont en chômage technique au Liban-Sud depuis que la Finul a été envoyée au casse-narguilé, ne s’y est pas trompé en trouvant dans la roue inflammable une source inépuisable à son argumentation. Vingt ans d’intifada, 20 ans de résistance, 20 ans de libération, 20 ans de caoutchouc… Le cycle biologique de l’Homo libanicus est bouclé, la vie est belle ! Allez, une dernière tournée de « Mort à l’Amérique », avant qu’il n’aille s’occuper de George Bush en personne. Et surtout qu’il aille se regarder le soir à la télé.
Travelling arrière jusqu’à Rabieh où est perché Mongénéral. L’homme a quitté la Grande Muette depuis 20 ans, mais qu’est-ce qu’il parle depuis ! Bref, le Michel a saisi les Michelin au bond et a balancé les jantes et les enjoliveurs en direction du Tondu de Bzoummar et de ses « fleus ».
Enfin, zoom fulgurant sur Paris où les pigeons arabes et internationaux ont déversé des trombes de pognon sur le Signoret. Rictus oblicus aurait dû seulement ajouter à son plan de réformes un article stipulant, qu’à défaut de consensus, l’opposition va s’essuyer les pieds dessus. Mais c’est pas grave, avec 7,6 milliards de dollars, on achètera plein de pneus. Notre garde-manger de demain !
Gaby NASR
« Mon royaume pour un pneu », aurait pu dire Richard III d’Angleterre, s’il avait pu prévoir à quel point ce matériau hautement stratégique allait bouleverser, quelques centaines d’années plus tard et à des milliers de kilomètres plus à l’est, la vie monotone des tribus libanaises. La semaine écoulée, qui n’aurait pu être que bêtement ensoleillée s’il n’y avait eu ces volutes anthracite à la fragrance tenace, a bien démontré à quel point le pneu, ce cigare du pauvre, occupe désormais chez nous une place centrale dans le combat politique.
Sayyed barbu, dont les troupes sont en chômage technique au Liban-Sud depuis que la Finul a été envoyée au casse-narguilé, ne s’y est pas trompé en trouvant dans la roue inflammable une source inépuisable à son argumentation. Vingt ans d’intifada, 20 ans de...
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