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Les monologues de Tommy Haas...

Tommy Haas est très mal embarqué dans sa partie contre Nikolay Davydenko hier lorsqu’il se lance dans un long monologue accusateur : une heure et demie plus tard, il est en demi-finale de l’Open d’Australie. Après un premier set sérieux, l’Allemand vient de perdre les deux suivants et n’est pas au mieux. « J’avais perdu ma concentration, j’avais appelé le soigneur, parce que ma cuisse me tiraillait, j’étais gêné par un problème aux yeux et il y avait des pigeons qui volaient dans le stade. » Tout va mal. Il fait pourtant le break en premier dans la quatrième manche, mais reperd aussitôt son service. Changement de côté. Tommy Haas est hors de lui et commence un monologue. Qu’est-ce qu’il dit ? « Je ne me rappelle plus », assure l’Allemand après coup. Le problème c’est que tout le monde l’a entendu tellement il parlait fort. « Tu ne peux pas gagner comme ça, trop de fautes, trop de fautes. Je ne comprends pas, tu payes des gens, tu fais tous ces efforts, toute cette m..., pour rien, rien. Une nouvelle fois, tu n’es pas monté au filet », fulmine Haas sur sa chaise, pour conclure sur ces derniers mots : « Bats-toi, bats-toi ! » « Ça m’a surpris, témoigne Davydenko. J’ai cru qu’il était en train de devenir fou, il commençait à raconter qu’il ne savait plus jouer en Australie, des choses comme ça. » Des hauts et des bas « Bon, ça arrive, finit par dire Haas. On est tout seul dehors, on ne se contrôle pas toujours, il ne faut pas écouter, ça n’a aucune importance. » Peut-être mais toujours est-il que Haas remporte les deux jeux suivants. Au prochain changement de côté, il est comme apaisé. Ce sont les mêmes gestes, les petites gorgées, la casquette réajustée. Mais cette fois, pas un mot. Plus besoin. Les deux prochains jeux seront encore pour lui et le quatrième set aussi. Après avoir défendu une balle de match, l’Allemand, 12e mondial, finit par l’emporter en cinq sets pour atteindre les demi-finales pour la troisième fois à Melbourne, après 1999 et 2002. « Sortir du match pendant deux sets et gagner quand même, c’est bien », explique Haas, après une partie qui offre un résumé de sa carrière. À 28 ans, Haas a en effet tout connu. Les sommets – n° 2 mondial en mai 2002 – et le fond du gouffre. Ses parents ont eu un accident de moto qui a plongé son père dans le coma pendant des mois. Et lui a passé plus d’un an sans jouer à cause d’une double opération à l’épaule en 2003. Enfin un Russe ! « Après tout ce que vous avez traversé, j’apprécie d’autant plus ce qui m’arrive. Je ne souhaite à personne d’être blessé pendant quatorze mois, sans savoir si on est capable de revenir », souligne le vice-champion olympique de Sydney. Hier, le plaisir était encore plus grand à cause de l’identité de sa victime, Nikolay Davydenko, avec lequel il avait « des comptes à régler ». « Sa victoire contre moi à l’US Open (en quarts de finale) m’était restée en travers de la gorge, raconte Haas. J’ai mis des semaines à m’en remettre, d’autant plus qu’elle m’a probablement coûté ma qualification pour le Masters. Je voulais ma revanche. » Autre raison de se réjouir : « J’ai enfin battu un Russe ici ! Si j’avais encore perdu, je ne serais plus jamais revenu », souligne-t-il en plaisantant à peine. Ses deux défaites en demi-finales, Haas les doit en effet à Yevgeny Kafelnikov et Marat Safin, la deuxième étant particulièrement douloureuse, puisqu’il menait deux sets à un lorsque la pluie est venue interrompre la partie. « Je me suis allongé dans les vestiaires, c’était une erreur, je ne pouvais plus bouger après », explique Haas, qui n’avait remporté plus que deux jeux ensuite. Désormais, il ne s’allonge plus. Il se motive en s’insultant.

Tommy Haas est très mal embarqué dans sa partie contre Nikolay Davydenko hier lorsqu’il se lance dans un long monologue accusateur : une heure et demie plus tard, il est en demi-finale de l’Open d’Australie.
Après un premier set sérieux, l’Allemand vient de perdre les deux suivants et n’est pas au mieux. « J’avais perdu ma concentration, j’avais appelé le soigneur, parce que ma cuisse me tiraillait, j’étais gêné par un problème aux yeux et il y avait des pigeons qui volaient dans le stade. » Tout va mal.
Il fait pourtant le break en premier dans la quatrième manche, mais reperd aussitôt son service. Changement de côté. Tommy Haas est hors de lui et commence un monologue. Qu’est-ce qu’il dit ? « Je ne me rappelle plus », assure l’Allemand après coup.
Le problème c’est que tout le monde l’a...