Aujourd’hui, l’atmosphère politique au Liban est devenue des plus alarmantes à cause des revendications inconsistantes, de l’escalade initiée par l’opposition et des déclarations contradictoires de ses leaders.
Après la démission des ministres chiites, l’opposition menée par Hassan Nasrallah et Michel Aoun a réclamé d’abord un gouvernement d’union nationale. Selon l’humeur de ses dirigeants, l’opposition est revenue ensuite à la charge et elle a demandé la démission du gouvernement, puis des élections législatives anticipées.
Entre-temps, l’opposition a organisé aussi les sit-in du centre-ville, provoquant une perturbation de la vie économique du pays. Comble de l’ironie : l’opposition a organisé un sit-in devant le palais de justice pour réclamer la vérité sur les multiples assassinats politiques... dans les rangs du 14 Mars. Quelle hypocrisie !
Comment expliquer l’attitude contradictoire de l’opposition qui, d’une part, réclame toute la vérité sur les assassinats et, d’autre part, s’oppose au tribunal international et continue à déclarer qu’elle est pour la découverte et la condamnation des criminels ? Croit-elle pouvoir ainsi gagner la sympathie de l’opinion publique libanaise en s’appropriant la politique du gouvernement Siniora et de la majorité ?
Et l’escalade continue. Nabih Berry paralyse le Parlement et empêche sa réunion, contrairement aux règlements de la Chambre des députés. Dès le début, l’attitude du chef du Législatif a été équivoque et il a toujours dissimulé ses véritables intentions prosyriennes, jusqu’au jour où il a été confronté à la réalité et s’est opposé à la mise en place de la commission d’enquête internationale.
Le général Michel Aoun est le principal brain-trust des actions de l’opposition. Il compte sur l’appui du Hezbollah pour parvenir à son but, la présidence, et, de son côté, le Hezbollah l’exploite pour ses propres ambitions qui sont plutôt contraires aux intérêts du Liban. Le général ne se rend pas compte que si le Hezbollah réussit à s’approprier le pouvoir, il n’y aura plus de place pour lui en politique.
Son association avec le Hezbollah est contre nature. En tant que général, il devrait être fidèle à son serment de militaire et son devoir primordial devrait être la protection de la liberté, de la souveraineté et de l’indépendance du Liban.
Quant au président Émile Lahoud, c’est la même rengaine qu’il répète en toute occasion et devant tous ses visiteurs. Il n’est pas contre le tribunal international, mais il refuse de signer et de transmettre le texte du projet au Parlement pour étude et approbation. Il n’est pas contre les élections partielles au Metn, mais il refuse de convoquer le corps électoral sous prétexte que le gouvernement est illégal et illégitime. Il n’a aucune objection aux mutations au sein du corps diplomatique, mais il ne veut pas signer le décret en question. Il refuse aussi de signer les permutations judiciaires, paralysant ainsi la justice. Il est pour Paris III, mais contre les projets de réformes. Toutes ces violations constitutionnelles le rendent vulnérable et il peut être traduit en justice pour violation de la Constitution.
Le négativisme du camp de l’opposition est évident. Le président Émile Lahoud, Nabih Berry, Hassan Nasrallah et Michel Aoun sont contre tout ce qui émane du gouvernement et de la majorité. Cette haine de la majorité et du gouvernement est une nouveauté au Liban où un consensus politique a toujours existé entre les différentes communautés. Laissés à eux-mêmes, les Libanais ont toujours su parvenir à une solution. Malheureusement, l’influence syro-iranienne est grande aujourd’hui, ce qui empêche tout compromis.
Espérons que le « miracle libanais » se reproduira de nouveau. Il nous épargnera ainsi une secousse qui pourrait être destructrice.
Hratch TOURIKIAN
Pharmacien. Ancien trésorier
puis secrétaire général du parti Tachnag
Article paru le Mardi 23 Janvier 2007
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Après la démission des ministres chiites, l’opposition menée par Hassan Nasrallah et Michel Aoun a réclamé d’abord un gouvernement d’union nationale. Selon l’humeur de ses dirigeants, l’opposition est revenue ensuite à la charge et elle a demandé la démission du gouvernement, puis des élections législatives anticipées.
Entre-temps, l’opposition a organisé aussi les sit-in du centre-ville, provoquant une perturbation de la vie économique du pays. Comble de l’ironie : l’opposition a organisé un sit-in devant le palais de justice pour réclamer la vérité sur les multiples assassinats...