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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Les prédictions Si le principe fondamental de toute prédiction est de prouver que l’avenir est déterminé par le passé, et que de ce point vue, c’est grâce aux lois physiques de Newton qu’on peut aujourd’hui seulement prédire les changements climatiques avec une grande exactitude, reste que les lois d’interaction très variables de la vitesse des corps humains empêchent tout homme intelligent de calculer l’avenir de l’Univers. Sauf, bien sûr, dans cette société qui a désespéré du climat politique, où nos Nostradamus font rage à chaque début d’année. Le plus choquant cette année, c’est que certains de nos astrologues, qui doivent leur célébrité au hasard, sont intransigeants. Ils se sont élevés au rang de divinités, et sans aucun complexe détaillent la liste – sans doute parachutée par satellite – pour voir l’avenir de tous nos politiciens, leurs déplacements, comment ils seront visés par des attentats et les mesures à prendre pour éviter tous ces drames. D’autres enfin, inspirés de James Bond et de tout ce qui est science-fiction, vous débitent le fruit de leurs visions. Antoine SABBAGHA Prière… Notre père qui es aux cieux, Que nos vœux soient exaucés pour cette année 2007, Que nos représentants, nos gouvernants et nos chefs de parti quittent la scène politique, Que des nouvelles personnes, compétentes et patriotes accèdent au pouvoir dans notre pauvre pays, Qu’un régime démocratique s’instaure, Que chaque citoyen, véritablement représenté, témoigne pour une fois et à jamais de ce phénomène nouveau (« la démocratie »), à laquelle il a longtemps aspiré, Que l’intérêt public l’emporte sur l’intérêt privé, Que l’individu prime, Que ses droits soient préservés et défendus, Que la jeunesse demeure dans ce Liban meurtri, appauvri, Qu’elle puisse rêver, avoir des ambitions, Les vœux sont nombreux, mon Dieu, je sais que je désire trop de choses… Mais enfin, je Te supplie de faire en sorte que tout s’arrange, ou du moins que la fâcheuse histoire libanaise ne se répète pas et que la société libanaise connaisse enfin un éveil social, politique. Amen. Yendi SFEIR Bravo ! « Tous à Jambart ! » criaient les mineurs d’Émile Zola dans Germinal. Ils ressemblent bien peu aux grévistes oranges ou verdâtres du Liban moderne (moderne, entendons-nous...). Ils sont surtout bien plus crédibles. C’est fou, une opposition qui change de réclamations comme de chemise ! D’abord, un gouvernement d’union, puis des élections anticipées, puis la chute du gouvernement pour finir par... une guerre du pauvre contre le riche. Il faut une sacrée dose de culot pour oser appeler les écoles, les universités, les magasins, les bureaux, et les banques à suivre un mouvement aussi inutile que mauvais. À ce stade, ce n’est même plus de la démagogie, c’est carrément du racolage.Ce qui fait surtout froid dans le dos, c’est que ces certains n’hésitent pas à passer par les menaces et autres intimidations pour se faire suivre. Elle est belle la démocratie selon l’opposition ! Elle est belle l’union nationale qu’on nous propose ! Essayons un peu d’imaginer ce que serait l’avenir, vu par l’opposition : une « sécurité » assurée par les gars barbus du Hezb, tout de noir vêtus, agréables et avenants, qui essaiment déjà dans le nouveau périmètre de sécurité au centre-ville, des décisions que l’on fera exécuter le couteau à la gorge, avec le sourire. Vous dépenserez certainement moins parce que les restaurants, cafés et autres antres du capitalisme auront fermé leurs portes. Cerise sur le gâteau : le retour en fanfare de nos chers voisins. Elle est pas belle la vie ? Joumana Debs NAHAS Occasion ratée L’opposition a probablement – ou sûrement – le droit de manifester son mécontentement en décrétant une grève générale. Certains – ou beaucoup – de nos concitoyens peuvent, en raison de leurs convictions profondes, suivre spontanément cet appel à la protestation. D’autres, plus flottants, attendent, pour se joindre au courant, de se laisser solliciter par des discours plus persuasifs, par des exhortations plus expresses. C’est légitime. Mais droit à la grève ne signifie pas devoir de grève. Ce droit ne peut se transformer en obligation. Et ceux qui ne partagent pas les opinions politiques et économiques du camp opposant devraient eux aussi, à l’abri de toute pression, décider à leur guise de l’attitude à prendre. Ils devraient être en mesure d’afficher leurs positions, sans subir la moindre contrainte. Ils ne devraient en aucun cas être inquiétés pour leur refus de se solidariser avec un tel programme. Ceux qui auront choisi de ne pas obtempérer aux sommations de fermeture devraient pouvoir gagner leur lieu de travail et regagner leur domicile dans la plus grande sécurité. Au lieu de se trouver exposés aux menaces explicites de certains , ils devraient au contraire être protégés par eux. Personne ne peut user de son influence partisane ou clanique pour intimider des Libanais pacifiques désireux d’assurer honnêtement leurs sources de revenus. Ce serait leur dénier toute liberté d’agir (ou de ne pas agir) et, pis encore, de générer en eux des sentiments de crainte et de peur. Effrayés, et même terrorisés, ils gèleront à contrecœur leurs affaires pour éviter que les menaces ne se traduisent en sabotage de leurs commerces et en atteintes à leurs personnes. Les leaders auront, certes, profité de leur (abus de) pouvoir pour parvenir à la paralysie du pays, mais auront-ils réellement gagné au change ? Dans quelle mesure l’usage de moyens autoritaires, pour ne pas dire dictatoriaux, leur aura-t-il de se faire une idée exacte de leur popularité ? Nul doute que l’exercice démocratique du droit de grève aurait été pour eux un test valable et donc une belle occasion de sonder les sentiments et les opinions du peuple. Cette occasion, ils l’auront ratée. Claude ASSAF NDLR Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
Les prédictions

Si le principe fondamental de toute prédiction est de prouver que l’avenir est déterminé par le passé, et que de ce point vue, c’est grâce aux lois physiques de Newton qu’on peut aujourd’hui seulement prédire les changements climatiques avec une grande exactitude, reste que les lois d’interaction très variables de la vitesse des corps humains empêchent tout homme intelligent de calculer l’avenir de l’Univers. Sauf, bien sûr, dans cette société qui a désespéré du climat politique, où nos Nostradamus font rage à chaque début d’année.
Le plus choquant cette année, c’est que certains de nos astrologues, qui doivent leur célébrité au hasard, sont intransigeants. Ils se sont élevés au rang de divinités, et sans aucun complexe détaillent la liste – sans doute parachutée par...